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Vini Birre Ribelli

Par Elmarco

Ces dimanche 7 et lundi 8 décembre avait lieu à l’Hôtel de la Poste de Tour et taxis la première édition de Vini Birre Ribelli. Un salon qui, comme son nom le laisse entendre, était consacré au vin, mais aussi à la bière, le tout en mode rebelle. Entendez par là tendance « nature ». Une bonne 100aine d’exposants présents (pas mal pour une première édition), des vignerons principalement italiens et français complétés de quelques slovènes, serbes et espagnols, mais aussi une 15aine de brasseries de différents pays.

Vini Birre Ribelli

On connaissait déjà le Salon des Vignerons d’Olne (désormais de Liège), Vins Nature en Nord en région lilloise, à quelques pas de notre frontière, mais une telle initiative en région bruxelloise est une grande première. On la doit à l’association de 3 passionnés : Patrick Böttcher (pharmacien de profession, passionné de vin, vins d’Alsace et vins vivants en particulier), Nicoletta Dicova (caviste chez Finoteca, spécialisée en vins italiens), et Jean Hummler (patron du Moeder Lambic, expert en bières artisanales et autres lambics).

Ce salon avait donc une orientation claire « vin nature » ou « vin naturel ». Un petit rappel à ce propos : ces dénominations, plutôt à la mode, n’ont pas de définition précise, libre à chacun de l’interpréter à sa façon. Tout le monde sera cependant plus ou moins d’accord pour dire qu’il s’agit de vins produits à partir de raisins issus d’une agriculture biologique, vinifiés plus ou moins naturellement, en levure indigène, avec peu ou pas d’intrants. On associe souvent les vins natures à la vinification sans sulfite ajouté (le conservateur du vin), même si en réalité la démarche la plus fréquente est de minimiser le SO2, pas de le supprimer.

Etant personnellement très sensible à cette approche de la vinification, j’ai tendance à distinguer 2 types de production dite nature. Celle du vigneron qui réalise l’essentiel de son travail à la vigne, qui cherche à produire des raisins sains, de qualité, qu’il vinifie ensuite le plus naturellement possible, avec un minimum d’intervention et d’intrants, tout en surveillant le processus et en intervenant lorsque cela est nécessaire. Et celle du vigneron qui produit du raisin… et puis laisse entièrement faire la nature, advienne que pourra. Ok, c’est trop schématisé mais j’assume.

Dans la première catégorie, on retrouvera des producteurs de très haut niveau, des vins à forte personnalité, exprimant pleinement leur terroir. De nombreux passionnés cherchant à améliorer la qualité de leur production s’orientent d’ailleurs naturellement (c’est le cas de le dire) vers cette approche. Dans la seconde, on trouvera aussi parfois de petites merveilles, des vins atypiques et déroutants mais intéressants voire excellents… mais aussi certaines cuvées déviantes, oxydées ou réduites, instables, aux senteurs animales ou fécales, etc. Normal, c’est le hasard qui aura décidé du déroulement de leur vinification et de leur conservation. Et malheureusement l’amalgame est souvent fait entre ces derniers vins et les « vins nature » en général.

Vini Birre Ribelli

À Vini Birre Ribelli, il y avait différentes tendances de cette approche du vin représentées. On y retrouvait de grands producteurs, adeptes d’une philosophie « nature » et produisant de grands vins voire des chefs d’œuvre de précision, d’équilibre et d’identité de leur terroir. Vu le manque de temps, je me suis principalement concentré sur la France. Quelques noms connus qui confirment sans cesse la haute qualité de leur production : Tissot, Josmeyer, … D’autres encore peu connus mais très prometteurs : Rivaton, La Bòria, La Francuska Vinarija, Réveille…. Et puis des productions disons plus originales, réalisées par des artistes de la grappe ou des anarchistes de la vinif. Certains vins très surprenants mais séduisants (Altura par exemple). Et d’autres…. juste très surprenants ! Entendons nous bien, je ne crache pas sur ce qu’ils font (même si j’ai recraché ce qu’ils font), ça fait avancer la science et ça ouvre l’esprit. Et si je m’efforce de rester ouvert aux vins « industriels » et standardisés, je le suis encore davantage à cette autre extrême.

En conclusion bravo à cette petite équipe pour avoir concocté un tel évènement. Les retours des exposants font part d’une organisation exemplaire, que l’on doit en bonne partie à Patrick semble-t-il. Merci d’avoir rassemblé à Bruxelles ces producteurs de vins vivants, et d’avoir eu l’idée de rapprocher le monde du vin et de la bière d’artisan. Une belle réussite pour une première. Et au vu du nombre de visiteurs présents, ce n’est probablement pas la dernière. L’année prochaine, je me devrai de m’intéresser plus aux italiens et aux brasseurs !


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