Magazine Culture

Spécial Estonie #1 – Entrevue avec Odd Hugo

Publié le 13 décembre 2014 par Sywebzine @Saturdays_Youth

concert LU

L’Estonie. Pays balte méconnu situé à l’Est de l’Europe à la frontière de la Russie, ex-URSS dont il était dépendant.
Si nous ne sommes pas là pour faire un cours de géographie et encore moins d’histoire, nous pouvons tout de même prétendre à vous souffler quelques conseils musicaux en provenance directe de Tallinn, la capitale.

A l’occasion de la Tallinn Music Week qui a lieu à Nantes du 05 au 15 décembre 2014 au Lieu Unique, nous avons pu rencontrer le groupe de FBB « Folk Balkan Blues », Odd Hugo, formé en 2012. Odd Hugo parce que

on aimait le prénom Hugo mais on s’est dit que c’était trop court. On s’est rendu compte que les chansons qu’on écrivait et les thèmes dont on parlait étaient un peu bizarres, toujours à propos d’un jeune garçon ou d’un vieil homme. On racontait son histoire, à ce personnage. Et les histoires étaient plutôt étranges. Plus bizarres que drôles. Alors c’est devenu Odd Hugo. [Oliver]

Portés par leurs influences, qui ne sont autres que Andrew Bird, Beirut ou encore Sufjan Stevens, les membres du groupes ont déjà eu l’opportunité de jouer sur les scènes du festival Europavox en France ou du festival Fusion en Allemagne. C’est dire. C’est d’ailleurs à Europavox qu’ils ont eu

l’opportunité de jouer deux concerts car un groupe avait annulé sa prestation alors les organisateurs nous ont dit « on aime bien votre musique  » et nous ont proposé de jouer deux fois. Les deux jours étaient vraiment complets, avec environ 600 ou 700 personnes devant la scène. [Rein]

Leur album éponyme, sorti en 2013, est un mix de titres aux ambiances folk (ukulélé, guitare) associées à des atmosphères balkaniques (trompette, trombone) et parfois bluesy (piano numérique, guitare électrique).

Si le pays est méconnu, autant dire que la musique en provenant l’est encore plus. Lorsqu’on envisage d’assister au concert d’un artiste estonien, les réactions immédiates sont vite sujettes à l’amalgame avec la musique traditionnelle. Rien à voir.

Quand on les questionne sur l’évolution de la scène estonienne, Rein Kutsar, manager du groupe, nous répond :

Ça bouge beaucoup, l’industrie musicale a changé, les musiciens ont changé. Il y a eu les premières expériences de groupes qui ont réussi à s’exporter donc les gens savent désormais qu’il est possible de rendre la musique estonienne mondiale. D’Estonie en France, ou aux Etats-Unis, peu importe! Je pense que depuis les cinq dernières années, les gens ont commencé à faire de la musique différemment. Je pense que depuis le début, Odd Hugo a fait de la musique exportable et non uniquement pour l’Estonie. Un jour, quelqu’un nous a dit « vos chansons ne sont pas estoniennes ». Les estoniens ne comprennent pas forcément notre musique en Estonie alors on doit aller à l’étranger car notre musique sonne trop étrangère pour les estoniens. Au début c’était comme ça.

Grâce à la Tallinn Music Week (ndlr : d’Estonie) mais également grâce à l’opinion générale du Ministère de la Culture et de ceux qui pensent que la culture doit s’exporter un maximum, ça a changé. Ils ont commencé à investir plus d’argent là-dedans. Ils soutiennent les groupes qui partent en tournée, ils subventionnent le transport et les coûts afin que les groupes puissent tenter leur chance à l’étranger et qu’ils puissent faire l’expérience de partir et jouer le plus possible. Ils soutiennent les artistes et on a pu remarquer de très bonnes conséquences depuis quelques années. Il y a peut-être trois ans, seulement un ou deux groupes sortaient d’Estonie pour jouer, mais aujourd’hui, une dizaine de groupes sont constamment en tournée à l’étranger, de n’importe quel genre musical. Je ne parle pas de la musique classique car la musique classique s’est exportée il y a déjà plus longtemps, nous avons pas mal de très bons chefs d’orchestre et aussi de très bons compositeurs.

C’est devant un public conquis que Odd Hugo a joué le samedi 06 décembre au LU. Ils ont d’ailleurs obtenu une belle récompense puisque

le plus beau compliment que l’on puisse recevoir, c’est que les membres du public s’asseyent, comme des statues immobiles pendant tout le concert, et esquissent des sourires.Si possible en ne buvant qu’une seule bière sur la totalité du concert. [Oliver, Rauno]

Assis oui. Une seule bière, ça par contre…

Pour mieux explorer la musique estonienne, les deux chanteurs Rando et Oliver vous laissent quelques recommandations musicales :

- Argo Vals

- Galvanic Elephants

- Pastacas

- Wilhelm

- Mari Kalkun

- Wrupk Urei

- Angus

- Frankie Animal

- Ewert and the Two Dragons


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Sywebzine 873 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines