Magazine Cuisine

Surtout, ne jamais oublier

Par Cotesoleil

Il y a deux ans, une lectrice du blog m’avait écrit pour me reprocher, lors de mes voeux de fin d’année, de donner mon opinion sur l’année écoulée, sur les grands évènements qui avaient justement marqués mon esprit, un bilan que l’on fait tout naturellement, comme tout un chacun.

Ce à quoi j’avais répondu que ce blog, mon blog, était un lieu d’expression, et qu’il en existait des milliers d’autres, plus « neutres et purement culinaires », … que je ne la retenais pas.

A-t-elle sauté le pas ? s’est-elle désabonnée de la newsletter ? va savoir. Je n’ai pas chercher à le vérifier.

Depuis, j’ai continué à cuisiner bien sur, à écrire et poster ce que j’appelle mes « Notes d’humeur », parce que j’en ai réellement besoin, parce que ce site demeure un lieu d’échanges et de partage. En tout cas, c’est comme ça et pour ça, que je l’ai conçu. Partage d’une passion, la cuisine, partage d’émotions, parce que la vraie vie c’est aussi, et surtout ça !

Il y a donc eu des articles sur l’Amitié, ce bien si précieux – écrit pour des êtres qui me sont chers ; l’Amour – pour ma grand-mère disparue il y a à peine plus d’un an, qui m’a tant donné, et qui me manque tant. Il y a bien sûr eu des articles sur mes inoubliables voyages à Madagascar, où je me suis rendue deux années consécutives pour enseigner la langue française auprès d’enfants de tous âges. Une magnifique manière de se sentir utile, vivant, de se surpasser, de donner le meilleur de nous, d’apprendre des autres,

… parce que l’éducation EST culture et connaissances, sur le monde, sur les autres, sur la vie. Elle inculque le respect et la tolérance. Elle permet également de sortir les nouvelles générations de la pauvreté, … et de l’obscurantisme.

Ce dimanche matin, aurait pu ressembler à tous les autres.

Jouer avec ma fille à quatre pâtes, m’enfermer ensuite – pour le plaisir et avec frénésie – dans mon antre pour cuisiner des recettes sélectionnées avec soin et envie.

Mais, je n’ai pas pu.

Alors que je préparais des petits gâteaux aux noix, je n’arrêtais pas de penser à cette horrible semaine, à ce cauchemar que nous avons tous vécu, via les médias, certains dans leur chair.

Alors, que ça bouillonnait dans ma tête, de colère, de rage, je n’avais qu’une envie, hurler toute cette tristesse, cette douleur, ces larmes contenues. Il fallait que ça sorte d’une façon ou d’une autre.

Alors, j’ai machinalement arrêté de préparer ces petits gâteaux aux noix. J’ai pris un crayon à papier. Vous savez ce simple crayon qui sert à des barbares de prétexte pour tuer. Un simple crayon et un carnet pour exprimer toute cette nausée, en formant de grosses lettres, mal écrites, vite écrites, parce qu’il y a urgence, qu’il faut que ça sorte, et que ça sorte vite, très vite.

De retour de ce rassemblement, de cette mobilisation nationale et historique, les premières pages rédigées sans réfléchir, je les ai reprises, « posément », mais noyée par des larmes qui n’en finissement pas de couler.

Parce qu’aujourd’hui, la barbarie a un nouveau nom et un nouveau visage.

Parce qu’aujourd’hui, la barbarie n’a de nouveau, ni limites, ni frontières.

Alors, Chère Madame, Chère lectrice, « je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps ».

Une note de « mauvaise humeur », pour vous dire que je vomis de tout mon être, toutes actions nées de l’obscurantisme, qui entretiennent l’intolérance, qui engendrent haine, cruauté, et exactions.

Oui, je suis juive et fière de l’être.

Et oui, je suis aussi Charlie, et très fière de l’être aussi !

Nous avons la chance de vivre dans une démocratie, dans un pays de liberté et de tolérance.

Un pays où la libre expression est reine. Que l’on en prenne conscience !

Oui, prenons-en conscience et ne laissons personne, je dis bien personne, ni fausse idéologie, nous retirer ce bien le plus précieux.

Aujourd’hui, des millions de personnes, de toutes confessions et nationalités confondues se sont levées comme un seul homme, rencontrées pour dire ENSEMBLE, « STOP ! ».

Un ami a écrit :

« Pendant ces derniers jours, on aura rencontré plein de gens formidables.

J’ai presque honte de penser que ça aura été une chance pour notre pays.

C’est peut-être ça le sens ultime de leur sacrifice.

Un dernier merci … » 

Notre devoir : n’oublions jamais ces noms, morts pour la liberté, ces innocents, morts pour leur confession, … morts d’être ce qu’ils étaient,

Et faisons tout pour que cela ne se reproduise – JAMAIS PLUS.



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