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Bancs publics (Versailles, rive droite)

Par Kinopitheque12

Bruno Podalydès, 2009 (France)

Bancs publics (Versailles, rive droite)

Quelle déception ! Il manque un scénario à Podalydès pour clore son triptyque* et ficeler cet ensemble de saynètes. La critique d’une société individualiste doublée d’une société de consommation faite de sots paraît sommaire. Les acteurs forment une longue file et entrent chacun à son tour dans le champ de la caméra mais leur apparition n’est prétextée que par quelques lignes de dialogues souvent pauvres ou regrettables (Thierry Lhermitte, Bruno Solo, mais aussi tous les voisins de cet inquiétant « homme seul » ; quel dommage de voir Bernard Campan, Julie Depardieu ou Micheline Dax dans ces rôles-là). Une telle collection d’acteurs est également réunie, suppose-t-on, pour affirmer l’appartenance du réalisateur à une famille de comédiens et d’humoristes (« Mais où sont Poiret et Serrault ?!! ») ; cela suffit-il pour faire un film ?

Dans les locaux d’une entreprise où le personnel s’ennuie (site de rencontres et jeux vidéos remplacent les tableaux chiffrés qui devraient occuper les employées) et dont les interprètes trahissent une direction d’acteurs bien molle (on a connu Lauby, Girardot ou Balasko plus inspirés…), dans un jardin public et dans un magasin de bricolage à l’enseigne ringarde (« Brico-Dream », tout un programme…), voilà Versailles rive droite décrite. Avec ses petits vieux qui jouent au baggamon, ses mères qui s’inquiètent des gros mots de leurs enfants, son clochard et ses adultes qui papotent tout en jouant avec de petits bateaux téléguidés, la population du quartier est très banale. Tout cela manque terriblement de relief.

Ne mentons pas, Bancs publics provoque chez le spectateur quelques éclats de rire (Olivier Gourmet et Denys Podalydès sont toujours très bons), mais la cohérence fait cruellement défaut. Bruno Podalydès devrait faire un tour au rayon brico et investir dans un sac de vis pour resserrer le tout. Nous le préférons quand il adapte Gaston Leroux (Le mystère de la chambre jaune, 2003, Le parfum de la dame en noir, 2005) ou quand il puise dans ses souvenirs de vacances au bord de l’océan (le très amusant Liberté-Oléron, 2001).

* Versailles rive gauche, premier métrage de moins d’une heure signé en 1991, et Dieu seul me voit (Versailles-chantiers), en 1998.


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