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[Critique] TAKEN 3

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] TAKEN 3

Titre original : Taken 3

Note:

★
★
½
☆
☆

Origine : France
Réalisateur : Olivier Megaton
Distribution : Liam Neeson, Forest Whitaker, Maggie Grace, Famke Janssen, Dougray Scott, Leland Orser, Sam Spruell, Jon Gries, Jonny Weston…
Genre : Action/Thriller/Suite
Date de sortie : 21 janvier 2015

Le Pitch :
L’ex-agent spécial Bryan Mills a retrouvé une existence paisible. Il joue au golf, passe du temps avec sa fille, découpe des poivrons… Des trucs normaux en somme. Un jour pourtant tout bascule : alors qu’il revient à la maison avec des bagels bien chauds pour retrouver son ex-femme, il retrouve celle-ci morte. À peine a-t-il le temps de réaliser ce qui se passe que les flics déboulent en le prenant pour cible. Suspect idéal pour les forces de l’ordre, Bryan est obligé de fuir. Peu importe quand, comment, et pourquoi, les coupables vont payer…

La Critique :
Quel sont les règles qui régissent un bon Taken ?
La première règle d’un bon Taken est : Liam Neeson doit péter un maximum de gueules !
La deuxième règle d’un bon Taken est : Liam Neeson DOIT PÉTER UN MAXIUM DE GUEULES !
La troisième règle d’un bon Taken est : Liam Neeson doit rouler à tombeau ouvert en centre-ville ou sur l’autoroute, si possible à contre-sens, dans une voiture noire (si possible une Audi ou au pire une Mercedes).
La quatrième règle d’un bon Taken est : Liam Neeson doit avoir une conversation téléphonique avec quelqu’un durant laquelle les mots « bonne chance » doivent être prononcés.
La cinquième règle d’un bon Taken est : les méchants doivent être russes, ou au pire, venir d’un pays d’Europe de l’Est.

Le premier volet de ce qui devient aujourd’hui une trilogie, réalisé par Pierre Morel, posait ces bases. On pouvait en plus y voir une autre composante récurrente des productions Besson, à savoir les prostitués et tout était fait dans une logique, certes bas du front, mais redoutablement efficace. Le premier Taken étant en plus très bien emballé par un réalisateur conscient de la nécessité de retranscrire avec clarté l’action, sans avoir recours à des artifices de mise en scène inutiles. En cela, Taken reste à ce jour le meilleur film, à la fois produit par Besson et tiré de l’un de ses scénarios.
Le second volet, lui, foutait tout en l’air. Bryan Mills, le héros, voyait la famille des mecs qu’il avait buté dans le premier revenir à la charge, pour réclamer vengeance, et rien ne tenait debout jusqu’à atteindre un niveau inacceptable de ridicule. Olivier Megaton, le nouveau réalisateur aux commandes, faisant en plus preuve d’un je-m’en-foutisme scandaleux, en livrant une action illisible, et frénétique. Au final, Taken 2 est un navet quasi-total, certes involontairement comique, mais pour autant très mauvais dans le fond, écrit à l’arrache et globalement emballé à la va-vite sans aucune application.

Il y avait tout à craindre qu’en cédant à l’appât du gain (Taken 2 récolta 350 millions de dollars dans le monde), Besson s’attelle à l’écriture d’un troisième Taken. Liam Neeson étant partant, rien ne se mettait en travers la mise en chantier d’un nouveau film et non, rien n’indiquait non plus que ce film allait redresser la barre pour renouer avec la brutale efficacité de l’œuvre originelle. À l’arrivée, Taken 3 est meilleur que son prédécesseur, mais quand même largement en dessous du premier volet.

Taken3-Liam-Neeson-Forest-Whitaker

Personne ne se fait enlever ce coup-ci. Tout part de la mort de la femme de Bryan Mills, toujours incarnée par Famke Janssen. Pas bête, Besson ne s’est pas foulé et a largement pompé le scénario du Fugitif, en faisant de son héros un coupable désigné d’office, obligé de fuir et de prouver son innocence. Poursuivi par un flic pugnace, joué par le solide Forest Whitaker, Liam Neeson cours, se cache et… pète des tronches. C’est au moins ça, même si Olivier Megaton n’a toujours pas appris à se poser et nous ressort le coup de la mise en scène hyper nerveuse, parfois complètement brouillonne, et au final dommageable à l’action. Les règles énoncées plus haut sont globalement respectées (même si ici, la Porsche remplace l’Audi), mais tout est gâché par cette réalisation illisible , destinée à brouiller les pistes, en donnant l’impression qu’il se passe plein de trucs, alors qu’en fait, il n’y clairement pas de quoi casser trois pattes à un canard. De la poudre aux yeux en somme…
Côté scénario aussi, rien à signaler de bien terrible. Besson fait du Besson. Bryan Mills ne change pas d’un iota, les dialogues sont toujours consternant de bêtise et/ou scandaleusement plats, et les personnages secondaires brillent souvent par leur manque d’épaisseur. Le flic incarné par Forest Whitaker par exemple, est un ramassis de clichés usés jusqu’à la corde, bourré de tics débiles (le mec tripote en permanence un élastique et une pièce d’un jeu d’échec… Pourquoi ? On ne sait pas) et tellement bâclé qu’il apparaît complètement à côté de la plaque.
Cerise sur le gâteau : il faut attendre -si on fait exception de la scène d’ouverture- un bon moment pour que l’action prenne le dessus sur les discutions stériles entre Bryan et sa fille, Bryan et ses potes, Bryan et son ex-femme et Bryan et le mari de son ex-femme… Le tout étant censé donner du corps aux personnages et ainsi ancrer l’action dans une logique dramatique condamnée à l’avance par un amas de négligences fatales pour la crédibilité et pour l’identification.

Non, Taken 3 n’est pas franchement bon. Pas franchement mauvais non plus cela dit. Même si Megaton et Besson ont fait n’importe quoi, nous faisant avaler de faux raccords monumentaux, certains séquences arrivent miraculeusement par faire mouche.
Merci à Liam Neeson, qui même si il n’a pas l’air très investi (on le comprend) reste une bonne raison de se laisser tenter. Toujours aussi badass, il porte Taken 3 sur ses larges épaules et fait le show. Le voir régler leur compte à des salopards sans foi ni loi reste divertissant, à condition de prendre le spectacle au second degré cela va de soit.
Très anecdotique, tout aussi dispensable, ce troisième volet brille surtout par son opportunisme et sa condition de gros machin torché à l’arrache histoire de faire du fric. On peut y trouver son compte si on aime l’action, Liam Neeson, Maggie Grace, ou encore Forest Whitaker, mais pas plus, et à condition de ne pas être trop regardant. Notamment à la fin, quand tout s’emboîte comme par miracle… Non vraiment, les mecs ne se sont pas foulés.

@ Gilles Rolland

Taken3-Liam-Neeson
Crédits photos : EuropaCorp

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