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Red Army, La guerre froide vue par le prisme du sport

Publié le 01 mars 2015 par Journal Cinéphile Lyonnais @journalcinephil

Red Army

Red Army
Réalisé par Gabe Polsky
Avec Scotty Bowman, Slavia Fetisov, Viacheslav « Slava » Fetisov
Documentaire, USA, Russie – 2014 – 1h37
Date de sortie 25 février 2015 

Présenté  en séance spéciale au Festival de Cannes 2014.

SYNOPSIS

Porté par Werner Herzog et le producteur Jerry Weintraub primé aux Emmy Awards, le documentaire RED ARMY retrace le destin croisé de l’Union Soviétique et de l’équipe de hockey sur glace surnommée « l’Armée Rouge » : une dynastie unique dans l’histoire du sport. L’ancien capitaine de l’équipe Slava Fetisov revient sur son parcours hors du commun : d’abord adulé en héros national, il sera bientôt condamné comme ennemi politique. La « Red Army » est au coeur de l’histoire sociale, culturelle et politique de son pays : comme l’URSS, elle connaît la grandeur puis la décadence, avant d’être secouée par les bouleversements de la Russie contemporaine.

Red Army raconte l’histoire extraordinaire de la Guerre Froide menée sur la glace, et la vie d’un homme qui a tenu tête au système soviétique.

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A PROPOS DU FILM

Producteur, scénariste et réalisateur américain, mais aussi ancien joueur de hockey lui-même (dans l’équipe de l’université de Yale), Gabe Polsky était, à cette époque, fasciné par le jeu de l’équipe soviétique. « Leur jeu n’était pas que physique, se souvient-il. Il était le fruit d’une réflexion, d’une vision, et surtout d’un esprit collectif. »

L’idée du film est apparue à Gabe Polsky lorsque son père (qui est russe)  est invité à l’anniversaire d’un ancien joueur de l’équipe. Le réalisateur a tout de suite décidé de l’accompagner. Après avoir discuté avec plusieurs membres de l’équipe, Gabe réussi à obtenir le numéro de téléphone de la star de cette équipe de légende : Fetisov.

Il parvint même à lui parler. Une première fois par téléphone, durant plus de cinq heures. Ensuite, de visu, à Sotchi, durant les Jeux…

Avec Red Army, Gabe Polsky nous ramène quelques décennies en arrière aux côtés d’une équipe de hockey soviétique adulée dans son pays et respectée à l’étranger. Un club sportif lié à l’armée, le Red Army, sélectionnant les meilleurs dès le plus jeune âge, les formant à l’esprit d’équipe et au sacrifice patriotique. Un club d’où surgira un alignement invincible et mythique, s’entraînant dans un camp spécial, en autarcie pendant la majeure partie de l’année.

Red Army s’intéresse en partie aux méthodes de travail du légendaire entraineur Anatoly Tarasov, coach à la fois de l’équipe de l’URSS et de celle de CSKA Moscou de 1947 à 1974. Tarasov était considéré comme un entraineur très dur avec ses joueurs et leur faisait pratiquer le football, la natation et même les échecs pour les préparer. Il dirigea l’équipe nationale soviétique lors de onze championnats du monde et fit remporter à son équipe dix titres mondiaux et trois médailles d’or aux Jeux Olympiques d’Hiver en 1964, 1968 et 1972.

Les images d’archive revivent grâce aux interviews d’anciens joueurs, notamment Fetisov, devenu ministre des sports de Vladimir Poutine. Les images chocs des joueurs et le franc-parler de Fetisov se croisent et se succèdent comme des blocs superposés, pour nous faire le récit d’une des périodes les plus sombres et tendues du vingtième siècle : celle de la Guerre Froide.

Au moment où l’URSS s’ouvre à marche forcée, l’histoire prend un nouveau tournant en suivant l’exil des joueurs russes vers les clubs américains.  En montrant l’accueil plus que réservé des expatriés russes par la presse locale et les fans, leurs performances moyennes au sein d’un championnat nord américain très physique où le public vient chercher de la baston et du sang. Les magiciens russes perdent de leur superbe en territoire hostile. Mais reviendront une dernière fois au firmament en reconstituant une improbable équipe de compatriotes au sein du club de Détroit.

Bien loin de s’adresser aux seuls sportifs et adeptes de hockey sur glace, Red Army montre avec quelle dangerosité les tensions politiques internationales peuvent s’étendre à l’ensemble d’une société, jusque dans sa pratique du sport, discipline culturelle et moyen de propagande à part entière.

« Une vision singulièrement riche et complexe du sport et de la politique, du patriotisme et de la liberté, de l’affectivité et de l’exigence, de la vie collective et de la personnalité. » Positif


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