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OGM, publicité et étiquetage : les (trop) belles apparences

Par Cicerolle

Avant tout, comme tout un chacun, je suis une consommatrice qui s’intéresse à la qualité de ce qu’elle mange.

Il y a quelques jours, j’ai téléchargé, sur le site de Greenpeace, un petit carnet à découper (format Adobe) présentant, après enquête auprès des fabricants, la liste des marques et produits susceptibles ou non de contenir des OGM.

En effet, comme l’explique le guide, les OGM se répandent de plus en plus dans notre alimentation, le plus souvent à notre insu :

«Plus de 80 % des OGM sont destinés à l’alimentation des animaux d’élevage. On nourrit avec du maïs et du soja transgéniques les vaches, les porcs ou les volailles à partir desquels on prépare des aliments (laitages, charcuterie, plats cuisinés,etc.).Or la loi n’impose pas d’étiqueter ces produits. Cette lacune de la réglementation a des conséquences très graves. Elle permet aux OGM de s’introduire dans nos assiettes et donc de s’imposer dans l’alimentation en dépit de l’opposition massive des consommateurs
De fait, comme l’explique le site «Le point sur la table», dans son article sur ce sujet :

«Il est donc impossible de savoir si votre steak vient d’un bœuf nourri avec ou sans OGM. De ce point de vue, les consommateurs se trouvent donc privés de la possibilité de choisir. Au final, dans les rayons des supermarchés, l’utilisation d’OGM n’est mentionnée nulle part, sur aucun produit, un peu comme s’ils n’existaient pas.»

Edifiant, non ? C’est donc à nous, consommateurs, de nous prendre en main, et de nous débrouiller seuls pour être informés ! Nous sommes revenus à l’époque du Far West, du chacun pour soi et des dangers perpétuels avec coups de revolvers dans le dos quand on s’y attend le moins. Ce petit guide à télécharger est notre seul repère, notre bouée de sauvetage. Il date de 2006 et on peut espérer qu’il sera régulièrement enrichi et mis à jour. Une chose est sûre, à moins de ne consommer que du bio (qui est le seul mode de production prévu pour échapper totalement aux OGM), nos fromages, yaourts, omelettes, bouillons de volaille, steaks hachés, poissons d’élevage (pour les omnivores), pâtes, beurre, biscuits produits pour bébés… bref tout ce que nous consommons a de fortes chances d’être plus ou moins porteur d’OGM sans que nous en soyions un tant soit peu informés. Et c’est bien cela qui me fait le plus mal, qui me met en colère. Que nous n’en sachions rien. Que nous soyions à ce point aveuglés, bernés par les étiquettes, pris pour les dindons de la farce !

A titre personnel, cela me conforte dans mes choix. Etre végétarienne, cuisiner le plus de choses moi-même et acheter des œufs et des yaourts bio limite les risques. Cela dit, même pour moi, ils existent comme pour nous tous. Si l’on n’y prend garde, on se fait berner non seulement par l’étiquetage du produit mais aussi par le marketing, l’emballage dans son ensemble.

Ainsi, l’autre jour, dans un supermarché des environs, j’ai été très attirée par un paquet de pâtes d'une marque régionale bien connue. C’est une marque produisant entre autres les fameux crozets et existant manifestement de longue date, ce qui est a priori un gage de qualité et de savoir-faire ancestral : on est tenté de faire confiance. Sur l’emballage, la marque, avec sa photo de champ fleuri et montagnes, axe ouvertement sa communication sur le côté naturel, authentique… pas trafiqué, sain, quoi…
Or en consultant le petit carnet sur les OGM, on voit que la marque est flanquée d’un rond rouge signifiant que les OGM sont bel et bien présents dans ses produits. De qui se moque-t-on ? Autant dire qu’ils ne franchiront jamais la porte de ma cuisine. Sans ce petit guide, j’aurais sans doute acheté ces pâtes. Et même si cette vigilance peut paraître dérisoire, au regard de tout ce que nous achetons, la consommatrice que je suis se dit que c’est mieux que rien. Il n’y a pas de petit geste. Les gouttes d’eau font de grandes rivières. Ne nous fions pas aux belles apparences, aux jolies photos sur les boîtes et aux messages forcément alléchants véhiculés par les marques. Regardons plus loin.

Cette prudence doit d’ailleurs devenir un réflexe tant l’hécatombe est grande : bien d’autres marques, plus connues, populaires et aux produits hyper-courants et très consommés avouent ouvertement (encore heureux !) sur ce livret que ces produits contiennent à coup sûr de l’OGM : les petits pots pour bébés de Blédina et de Nestlé, les biscottes et biscuits Lu, les pâtes Panzani, les glaces Gervais, les bonbons Cadbury (la pie qui chante, carambar, etc..) et j’en passe. Il faut le voir pour le croire. On est forcé de se méfier de produits en vente libre dont nous avons besoin pour vivre, manger chaque jour. On est en plein remake de « Matrix » !

C’est donc ça, le vingt et unième siècle ? Une vaste et dangereuse couillonnade sur le dos des consommateurs ? C’est pour ça qu’on a créé l’Union Européenne ? Pour empoisonner délibérément la population ? Et pourquoi avoir dépensé l’argent du contribuable pour organiser un Grenelle de l’Environnement ? (qu’on devrait plutôt renommer un ballon de baudruche de l’environnement !) Ces incessantes hausses de prix que nous subissons sans pouvoir rien dire, rien y faire, sont destinées à nous faire bouffer des OGM ! Voilà la réalité de la consommation actuelle.

Il y a quelques années, une publicité pour les préservatifs disait : «le sida ne passera par moi». A l’époque, c’était facile, il suffisait d’un peu de caoutchouc… Aujourd’hui, j’aimerais que nous puissions tous faire le choix de pouvoir dire, quelle que soit l’origine de nos achats : «les OGM ne passeront pas pas moi». Il me semble, tout de même, que ce n’est pas trop demander, ni faire preuve d’idéalisme exagéré.


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