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d'après "LA PEUR", d'après Maupassant

On a peur véritablement De ce qu'on ne connait pas. Comme le monde devait être troublant Autrefois, quand il était si mystérieux ! En supprimant l'invisible, La science a reculé Les limites du merveilleux. Elle a dépeuplé L'imagination. Les dangers visibles Peuvent émouvoir, troubler, Mais comment imaginer la convulsion De nos ancêtres quand ils croisaient Un spectre errant, Un animal effrayant, Ou de fantasques elfes ?

Voici ce que m'a conté Tourgueneff : Un jour, jeune homme, il chassait en Russie. En fin d'après-midi, Il arriva au bord d'une rivière Profonde et claire. Il s'est élancé dans le courant Et se laissait flotter doucement Quand une main se posa Sur son bras. Il se retourna et aperçut, Comme surgissant du fond, Une bête -un être ?- nue Ressemblant à une guenon.

Sa figure plissée Grimaçait. Elle était entourée De cheveux blancs, mêlés, démesurés. Deux énormes mamelles Flottaient devant elle.

T. se mit à nager éperdument Mais le monstre le rattrapa en ricanant. Il lui touchait les jambes, le dos, le cou. T. sortit de l'eau Comme fou. Il ne prit le temps Ni de ramasser ses vêtements Ni de reprendre son fusil. Et il s'élança à travers bois.

L'être effroyable suivit Le fuyard aux abois. Perclus par la terreur, T. allait tomber, quand un bûcheron, S'étant muni d'un bâton, Frappa le monstre qui se sauva En débitant jurons et cris de douleur. Ce monstre était une folle qui vivait là De la charité des gens Depuis trente ans.


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