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La tarte philosophique aux fruits rouges qui fait mal... Mais c'est trop bon...

Par Missrimel

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J’adore la philo.

Si si, c’est vrai, j’vous jure.

Mais non enfin, je ne me suis pas reçu une planche de bois sur la tête en faisant mes placards de salon (puisque nous sommes encore en pleins travaux), j’aime la philo j’vous dit.

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Ca a d’ailleurs été ma meilleure note au BAC.

Si.

Pourtant, je passais un BAC S. option mathématiques. Autrement dit, la philo c’était coef 1.

Trop dommage.

Mais bon, c’est comme ça.

J’ai toujours eu l’esprit davantage dans mes bouquins. Je suis plus dans les nuages que terre-à-terre.

C’est mon côté Candy névrotique, toujours à me poser des questions sur tout, le pourquoi du comment du peut-être (ou pas).

Bref, j’ai écouté avec délectation les sujets proposés cette année au Bac de philo. En essayant d’imaginer vers quel choix je me serais orientée (si j’étais encore une jeune femme étudiante et fraîche et tout). C’est gentil de dire que je suis encore jeune, vous me ferez penser à vous remercier la prochaine fois qu’on se verra… 

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Ben voilà. Et je vous pose la question :

Peut –on désirer sans souffrir ?

Vous avez quatre heures, après je ramasse les copies. Prêt, partez!

Analyse des termes:

PEUT-ON : ici, il ne s’agit ni de la capacité, ni, évidemment, du droit, mais bien de la possibilité. En d’autres termes, est-il possible, arrive-t-il de désirer sans souffrir ? Le sujet, dans sa formulation, présuppose une tendance (qui doit nous surprendre) du désir à faire mal.

C’est vrai que des fois, on est un rien maso. Genre « je suis amoureuse de Georges Clooney ». « Je désire ardemment Georges Clooney ». C’est du pur désir masochiste, puisque évidemment je ne pourrais jamais céder à Georges Clooney (j’ai déjà un chéri). Pauvre Georges. S’en remettra t-il un jour ? Le désir fait mal. Georges et moi, c’est tout simplement pas possible. CQFD.

DESIRER : aucun objet du désir n’est précisé dans le sujet, qui interroge donc d’une manière très large la notion de désir (souhaits, rêves, envies, amour…etc). Le désir, c’est, au sens le plus large possible, tout ce dont la satisfaction entraîne, en principe, un plaisir.

C’est vrai que satisfaire son besoin de Georges Clooney, c’est du plaisir, mais là on vire un peu porno. C’est un blog correct que je tiens là, alors restons raisonnables, je vous en prie.

Non, il y a plein d’autres choses dont la satisfaction peut entraîner un plaisir. Croquer à pleines dents dans une part de tarte aux fruits rouges et à la crème, par exemple ? C’est une pure gourmandise, un vrai plaisir, un désir qu’on peut facilement concrétiser…

Alors la question, c’est « peut-on croquer dans une tarte aux fruits rouges sans souffrir » ?

Ben oui. Je crois bien que ça ne m’a jamais fait mal ce genre de chose.

Ou peut-être juste à ma balance, Ginette, qui me fait la tête dans la salle de bain à chaque petit plaisir sucré? (Ouh là, encore cinq cent grammes !)

Donc, si désir = tarte aux fruits rouges (et à la crème !) = on croque dedans c’est-trop-bon = plaisir à l’état pur = encore du sucre c’est-pas-bien = Ginette fait la tête = haricots verts vapeur sans sel = souffrance atroce (fini le chocolat !). CQFD.

SANS SOUFFRIR :

sans avoir mal, sans être victime de son propre désir, sans éprouver du déplaisir.

la souffrance, c’est l’opposé du bonheur.

Le sujet demande donc si le désir nous conduit irrémédiablement au malheur. Il fallait se demander si le désir contenait nécessairement un penchant à la tristesse, contrairement à ce qu’on croit souvent.

C’est vrai que le désir entraîne des désillusions, des espérances déçues, des espoirs brisés.

Trop désirer, c’est un peu idéaliser (ce macaron là, il me le faut il me le faut il me le faut. Ou j’arrête de respirer, na !).

On aime l’idée de ce désir (ça va être trop bon de céder à cette gourmandise à la fois si craquante et si fondante, un macaron framboise violette, ça doit être l’extase totale !).

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peut-être même davantage l’idée d’assouvir ce désir (je m’arrête devant la vitrine à chaque fois que je passe devant, cette ganache framboise, cette couleur merveilleuse… Que du bonheur sûrement…) que l’accomplissement de ce fantasme délicieux (bof, finalement, c’est pas top, la violette… Trop déçue en fait. J’aurais dû essayer mandarine/jasmin…).

Or, la mandarine – jasmin, ça fait trois mois qu’ils ne le font plus, dans cette pâtisserie là.

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Désir = finalement je suis déçue = maintenant je désire quelque chose que je ne pourrai jamais avoir = je suis triste.

Un peu comme Georges lorsqu’il va apprendre que je ne peux vraiment pas, mais vraiment pas me marier avec lui. Le pauvre.

Intérêt/ enjeu :
On connaît l’expérience universelle de la souffrance en matière d’amour. Jalousie, manque, le désir (au sens large) de l’autre s’accompagne parfois de cruel déplaisir. L’enjeu du sujet est d’élargir cette expérience à toutes les autres formes du désir, et d’interroger le caractère éventuellement dangereux de celui-ci. Il s’agit également de chercher les conditions d’existence d’un désir non douloureux.

Voilà, c’est exactement ce que je disais.

Problème :
D’un côté, il paraît évident que le désir occasionne un plaisir. On sait bien d’ailleurs que celui qui ne désire rien est la plupart du temps malheureux. Seulement, il ne peut le faire qu’à condition d’être satisfait. Et il est moins facile de satisfaire tous ses désirs que d’en faire la liste. Il s’agit donc de réfléchir au rapport entre le désir et le bonheur.
D’où la question : le désir est-il en soi bénéfique ? Désirer, est-ce déjà prendre le bon chemin vers le bonheur ? Ou bien au contraire, le désir recèle-t-il une puissance négative, voire destructrice ?

Bon, c’est sûr que le désir, c’est comme le chocolat. Plus on en mange, plus on en veux (surtout celui au lait, avec les noisettes, oui, le grand format là, celui où le carré est aussi épais qu’un domino grande taille… Rhhooo là là…).

Plus on satisfait son désir, plus d’autres désirs encore inassouvis viennent s’insinuer pernicieusement dans notre tête (maintenant je veux goûter celui au citron/gingembre…. Et celui aux écorces d’oranges confites… Et celui au chocolat blanc/coco grillée… Et puis aussi celui là… Et celui là…)

Et au final : une bonne indigestion ma cocotte.

Et une crise de foie.

Désir = j’ai mal au ventre = puissance destructrice. CQFD.

Il existe, dans l’histoire de la philosophie, deux conceptions opposées du désir : l’une qui, dans le sillage de Platon, le conçoit comme un manque (je désire ce que je n’ai pas, et je désire être ce que je ne suis pas…avec sa version encore plus déprimante : je ne désire jamais ce que j’ai ; je ne désire jamais être ce que je suis !). L’autre qui, à l’inverse, en fait une puissance et le moteur de nos actions. Le désir, c’est déjà la force qui me pousse en avant, l’énergie que je trouve pour me projeter vers l’avenir.

Un peu comme quand j’ai voulu me reconvertir, quoi. La puissance du désir m’a fait ouvrir un commerce qui m’a apporté plein de bons moments. Ca m’a donné la force de réaliser mon rêve.

Mais : une fois réalisé, concrétiser, bof. J’ai plus de temps pour moi. C’est super génial mais bon, voilà quoi. Je suis épuisée. Je ne fais que bosser. Je n’ai plus de vie. Conclusion : je ne désire plus vraiment en fait. J’ai essayé, j’ai rentabilisé, j’ai vendu.

Comment ça : je suis instable ? Pas du tout môssieur, je suis juste une femme. Donna e mobile. Point barre.

Et toc.

Finalement, on pouvait construire deux réponses opposées à la question sur la base de cette double conception du désir : si le désir est un manque, alors il est nécessairement lié à la souffrance aussi longtemps qu’il n’est pas satisfait au moins.

En revanche, si l’on comprend que je ne peux pas vivre, ni agir, sans d’abord désirer, alors la présence du désir en moi est plutôt bénéfique que destructrice. Pour exemple : qui est celui qui n’a plus de désirs ? Très souvent, le dépressif. Celui qui ne parvient plus à vouloir, à avoir envie. Sa puissance d’action est réduite à peu de chose.

La classification des désirs chez Epicure, entre ceux qui sont vains (donc source de souffrance), et ceux qui sont naturels (source de plaisir non dangereux).

Donc, restons-en au désir de chocolat. Ca ne nous oblige pas à démissionner pour ouvrir un salon de thé. Ginette fait la tête, et bien tant pis pour elle (elle n’a jamais goûté le bon chocolat, elle peut pas savoir, la pauvre…)

Ou ma bonne tarte aux fruits rouges et à la crème !

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Pour la crème, c’est la recette de Cookies Muffins que j’ai adoptée !

Il vous faut :

4 jaunes d'oeufs

25 g de Maïzena

90 g de sucre en poudre

1 gousse de vanille

40 cL de lait

1 sachet de sucre vanillé

Lavez la gousse de vanille et coupez la en 2 dans le sens de la longueur.

Faites chauffez le lait avec la gousse jusqu'à ébullition. Laissez infuser c'est à dire laissez prendre le goût de vanille au lait pendant au moins 1h.

Dans un saladier, cassez les oeufs et récupérez les jaunes. Incorporez le sucre et le sucre vanillé et mélangez.

Incorporez la Maïzena, mélangez.

Retirez la gousse du lait et filtrez le. Puis versez petit à petit le lait au mélange.

Remettez le mélange dans la casserole et faites chauffer jusqu'à ce que la crème soit épaisse. Laissez refroidir.

Pour la pâte sablée :

250 g de farine

125 g de beurre

125 g de sucre semoule

1 pincée de sel

1 œuf

1 sachet de sucre vanillé

1/2 sachet de levure chimique

Sabler la farine et le beurre (en frottant contre les paumes des mains).

Ajouter l'œuf et la levure chimique.

Mettre en boule.

Laisser reposer 30 minutes environ au frais avant utilisation.

Puis étaler la pâte dans un moule à bord droits. Découper ce qui dépasse au couteau pour avoir une bordure bien nette et lisse. Trouez la pâte à la fourchette sur toute sa surface, et saupoudrez d’un peu de sucre. Remplissez le moule d’haricots secs en ayant pris soin de poser une feuille de papier sulfurisé sur la surface de la pâte.

Faire cuire la pâte à blanc, four préchauffé à 180°C, pendant 20 minutes.

Otez les haricots et le papier sulfurisé. Etalez la crème pâtissière sur la pâte, puis déposez délicatement des fruits rouges entiers pour la recouvrir toute entière.

Faire chauffer un peu de gelée de framboise, et l’étaler sur les fruits pour faire briller…

Et voilà !

Avec ça, vous pouvez soudoyer un prof de philo, qui vous mettra un bon 15/20 sans problème ! ;-)

...

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