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Le Monde et Parker

Par Mauss

Madame Raphaël Bacqué (épouse de Denis Saverot - RVF -), journaliste au MONDE (elle est souvent parmi les invités de l'émission CDANSLAIR) , a été interviewer Robert Parker à Monkton où il réside. L'information m'est venu via le blog de Jean-Luc Thunevin tout heureux que Valandraud ait été cité par ce grand critique américain. Je n'ai pas eu accès à tout cet article du Monde du 22 juillet : mais comme je n'aurai pas eu le droit de le reproduire…

Dieu sait qu'on a glosé ici et là sur cet homme qui a eu le don d'en énerver plus d'un dans le monde de la critique. 

Il n'empêche : ce qu'il a fait dans sa vie professionnelle reste un phénomène unique. Qu'on me permette de mettre ci-dessous le commentaire à chaud écrit sur le blog de Jean-Luc Thunevin. On a ici - laissez moi le croire - de jeunes lecteurs qui n'ont pas forcément lu tout ce qui a été écrit, chez nous comme ailleurs, sur cet américain amoureux de la France. Faisons donc tâche utile !

:-)

Incontestablement Parker a eu un rôle majeur au XXème siècle qui peut se résumer ainsi, (en attendant que d'ici quelques décennies une étude complète sur son action soit écrite par un doctorant amoureux du vin) :

il a poussé les vignerons à faire mieux.

Si cette influence a été évidente et profitable pour le bordelais et la côte ouest américaine, pour le Rhône et autres régions produisant essentiellement des vins rouges, il y a quand même bien des régions, surtout en vins blancs, où son influence a été mineure sinon nulle.

Bien qu'Emile Peynaud avait souligné avant lui la nécessité des maturités, c'est Parker qui a imposé cette règle.

Peut-on dire que cela a, quelque part, uniformisé le style des vins, particulièrement à Bordeaux ?

Peut-on dire que sa façon de commenter les vins avec la simplification de la note sur 100 a suscité un intérêt d'achat pour de nouvelles générations avec en conséquence des augmentations de prix qui ont permis des créations de  nouvelles fortunes ?

Peut-on dire que son action, volens nolens, a nivelé, dans certaines AOC, le style des vins ?

Toutes ces questions et bien d'autres mériteront des études objectives tant il est vrai que ceux qui abordent actuellement ces interrogations n'ont pas toujours le recul nécessaire à de justes évaluations.

Et il ne faudra pas oublier à quel point le contexte de son émergence et de son influence a été tributaire de circonstances spécifiques :

- il a été longtemps le seul à décrire les vins sans qu'il y ait eu quelque part, directement ou non, un financement venu des propriétés. Ce sont ses lecteurs qui l'ont financé… et bien !
- il a commencé à un moment où le monde du vin se limitait pratiquement, surtout en volume, à la région bordelaise. De nos jours, aucun individu ne peut sérieusement envisager de pouvoir critiquer tout ce qui se fait de bien en matière de vins dans le monde. Il faut des équipes.
- il est venu sur le marché en langue anglaise à un moment où la critique anglaise (U.K.) se regardait le nombril et où les critiques d'autres langues n'ont pas su prendre le virage de la traduction. Nous savons tous qu'un américain ne donne pas nécessairement une priorité à l'apprentissage du français, de l'espagnol ou de l'allemand.

Evoquer ces circonstances "favorables" ne doit pas passer pour une relativisation de son action et de son influence car ce qui doit rester avant tout : c'est sa formidable capacité de travail que personne, dans ce domaine, n'a pu égaler.

In fine, on peut dire aussi que sa fréquentation, la lecture de ses notes, de ses livres, a permis à plusieurs générations d'amateurs d'apprendre à mieux appréhender le vin, à y porter plus d'attention, bref : à acquérir une certaine indépendance de jugement.
Et n'oublions jamais qu'il a toujours eu un amour de la France depuis ses débuts strasbourgeois et son indéfectible passion pour la "vraie" cuisine, celle de l'Ami Louis*. Oui, il a la légion d'honneur, oui, il peut en espérer un grade supérieur : ce serait justice !
:-)

* : aurai-je un jour le droit de décrire les deux bécasses, flanquées de six ortolans, que ce cuisinier en petit marcel, derrière son passe, savait préparer comme personne ?

Va savoir, Charles ! Du temps des grandes heures… 

:-)

ùoijô
Remise de sa légion d'honneur par Chirac, une autre fine gueule :-)

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