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Les Foires aux vins 2016

Par Mauss

L'automne est le moment pour les amateurs de parcourir d'abord leurs revues préférées pour dénicher les joyaux que vont proposer les Auchan, Carrefour, Leclerc, Intermarché et autres moguls de ce qu'on appelle la Grande Distribution, la GD.

Les grands hebdos, Le Point en tête, y vont de leurs conseils, de leur analyse, avec des listes impressionnantes dont les classements ne sont pas toujours évidents, à l'exemple du Figaro Magazine où il aurait fallu en finale un sommaire par ordre alphabétique de tous les domaines cités et là où on aurait les informations les concernant.

Hors sujet : lire impérativement dans ce Figaro Magazine les extraits d'un livre remarquable : Le Crépuscule de la France d'en haut, de Christophe Cuilluy. Glaçant. Pages 38 à 41.

L'évolution notable de tous ces articles consacrés aux Foires aux Vins est, par rapport aux premières manifestations de ce type (origine en 1973 par Leclerc), le fait qu'il y a de plus en plus d'offres provenant de toutes les régions viticoles, rétablissant ainsi un équilibre sain alors qu'aux tout débuts on était véritablement dans une dominante bordelaise.

Ce que je note comme information intéressante est la gamme des prix selon le circuit de distribution. Je me permets de donner ici ces chiffres que cite Bernard Burtschy page 138 du Figaro Magazine :

PRIX MOYEN :

- Hard discount : € 6,40

- Supermarchés : € 11,62

- Hypermarchés : € 14,26

- Cavistes : 36,48

- Internet : € 36,74

Soit une moyenne de € 21,51

Que tirer comme leçon de ces différences ?

a : le retour du rôle des cavistes auprès desquels de plus en plus d'amateurs se rendent afin d'obtenir des renseignements utiles à leurs achats, d'autant plus que se développe la possibilité de déguster des crus. Certes, dans la GD, on trouve de plus en plus de sommeliers-conseils et de propriétaires présentant directement leurs vins. Probablement destiné à une clientèle aisée, citadine, le fait est là : on accepte de payer le prix de quelques raretés et de qualités allant au-dessus de la moyenne.

Le travail de ces cavistes dont beaucoup se spécialisent sur une région particulière commence ainsi à trouver les challands soucieux d'entendre, de comprendre, de savoir; allant au delà du simple achat d'un prix sur une belle étiquette.

b : le prix moyen des ventes internet montre à l'évidence à quel point une nouvelle génération utilise les nouveaux réseaux de distribution. S'ils acceptent de payer un prix moyen aussi élevé, c'est d'abord parce qu'ils ont pris des informations ou parce qu'ils suivent les conseils d'entités connues comme ces maisons bordelaises de distribution ayant une branche destinée au grand public en sus de leur réseau d'importateurs ou comme ces nouvelles sociétés proposant des achats réguliers conseillés par des noms connus de la critique. On va trouver de plus en plus ce type de vente :

- un abonnement annuel avec un choix de paiement mensuel allant de quelques dizaines d'euros à plus de cent euros, et en acceptant une sélection qui fait découvrir des vins qu'on aurait pas dénicher soi-même. Là où il fallait consulter les bibles des Guides pour faire des choix difficiles, l'amateur qui achète sur internet se fie au conseil d'un nom ou d'une équipe qui apporte en termes simples un descriptif suffisant.

Certes, pour le producteur, on est loin des volumes qu'il peut vendre via la GD. Mais gageons que ce nouveau circuit a de beaux jours devant lui.

La GD a bien compris la chose. Ainsi, par exemple au Carrefour Caudéran à Bordeaux, non seulement l'amateur peut trouver des icônes du vignoble européen, mais leur présentation bénéficie de rayonnages n'ayant rien à envier à Lavinia ou autres Bacchus, Nicolas. Et surtout, on y déniche de plus en plus des "vieux" millésimes offrant alors des vins dans leur plénitude.

Bonne chasse !

QUELQUES MOTS SUR LES VENDANGES QUI COMMENCENT DOUCEMENT

Bizeul sur son blog, explique à quel point on aura de petits rendements eu égard au manque de pluie de ces dernières semaines. ICI .

Les nouvelles de Bourgogne ne sont pas folichonnes, Chablis et Beaujolais compris. On sait à quel point cette région a souffert de tous les maux : grêle, gel, mildiou qui ont dévasté des appellations en quasi totalité. Les vins seront rares.

En Loire, Henry Marionnet me dit la même chose : on aura bien moins de jus que d'habitude. La Champagne aussi a été touchée. Finalement, c'est Bordeaux qui semble la région la moins défavorisée sur ce plan des calamités.

De passage mercredi à Yquem, grosse surprise de voir des vendangeurs travaillant sur une parcelle. Sandrine Garbay, la Dame de Yquem, me confirme que dorénavant, à la propriété, on a décidé de produire un vin sec alors que le Y ancien était le résultat des raisins n'entrant pas dans le grand vin liquoreux.

Et on se doute bien que Silvio Denz, à Haut-Peyraguey va suivre ce chemin : à savoir produire un vin sec en volume conséquent sachant combien il est quasi impossible de bien gagner sa vie avec seulement un liquoreux.

Voilà donc un peu la news du jour : attendez vous à ce que le sauternais vous propose de plus en plus de grands blancs secs, car oui, ce sont des vins qui seront prisés à haut niveau. Et quand on voit le prix auquel on peut acquérir de nos jours le G de Guiraud, un conseil : sautez dessus, cherchez le et vous m'en direz des nouvelles.

Y sera présent à Villa d'Este et gageons qu'il en surprendra plus d'un.

Autant de raisons pour rendre des visites aux vignerons que vous aimez, les soutenir et rester fidèle, même pour les millésimes difficiles. Croyez bien qu'ils apprécient cette fidélité.


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