Magazine Culture

Still Crazy After All These Years

Publié le 08 mars 2017 par Polyphrene

I met my old loverOn the street last nightShe seemed so glad to see meI just smiledAnd we talked about some old timesAnd we drank ourselves some beersStill crazy after all these yearsOh, still crazy after all these years
I’m not the kind of manWho tends to socializeI seem to lean on old familiar waysAnd I ain’t no fool for love songsThat whisper in my earsStill crazy after all these yearsOh, still crazy after all these years
Four in the morningCrapped outYawningLonging my life awayI’ll never worryWhy should I?It’s all gonna fade
Now I sit by my windowAnd I watch the carsI fear I’ll do some damageOne fine dayBut I would not be convictedBy a jury of my peersOh, still CrazyStill CrazyStill Crazy after all these years
Still Crazy After All These Years
C’est le propre de la poésie d’aménager entre les mots des espaces pour la pensée. Chacun peut ainsi y loger son humeur, ses sentiments, ses émotions et ses souvenirs, et les redécouvrir alors sous une nouvelle lumière, avec de nouvelles couleurs, comme s’ils n’étaient pas seulement les nôtres, comme s’ils étaient partagés, comme s’ils étaient universels. Le génie mélodique de Paul Simon fait parfois négliger la profondeur de sa poésie. « Still crazy after all these years » en est un exemple : une chanson qui a connu un large succès, mais dont le texte n’a pas toujours retenu l’attention qu’il mérite, certains se contentant d’y voir une chanson d’amour (déçu) parmi d’autres. Paul Simon l’écrivit alors qu’il était encore un jeune trentenaire, mais déjà divorcé, et certains ont pensé pouvoir identifier l’ancienne amante qu’il évoque ici comme son ex-épouse ou son ex-petite amie. Lui-même n’en a guère dit plus, mais est-il besoin de détails et d’explications pour ressentir ce qu’il exprime ? Même « après tant d’années », les blessures d’amour ne s’effacent pas, et si le temps semble apaiser la douleur, ce n’est que parce que nous développons un comportement d’évitement. Au jardin de nos souvenirs, la tombe de l’amour que l’on croit mort est cachée par d’épais taillis. L’herbe a poussé, la végétation a formé un écran tel que nous pouvons passer sans la voir… Jusqu’au jour où, par hasard ou parce que le sentier de la mémoire passe par là, nous la redécouvrons, et tout nous revient « comme si c’était hier ». Que valent alors toutes les protections que nous avons mises en place au fil du temps ? Cette armure qui devait nous protéger de la souffrance en nous isolant du monde (comme Paul Simon l’exprime de façon poignante dans « I am a Rock ») ? Les sentiments ressuscitent alors et nous apparaissent dans toute leur acuité, déchirant leur linceul de souffrance. L’amour est là, toujours aussi fou, toujours aussi fort, aussi fort que la douleur de la séparation. Et l’esprit reprend sa course à rebours sur ce sentier que l’on croyait perdu, retournant les pierres qui cachent les souvenirs douloureux, tentant de comprendre les indices que l’on n’a pas su ou voulu voir, s’interrogeant sur nos torts, nos erreurs, nos actions et nos omissions…La peine ravivée est teintée de colère : une froide colère contre le temps qui s’écoule inexorablement, contre ce qui aurait pu être, n’a pas été, et ne sera pas, et surtout contre nous-même. Les mots de Paul Simon témoignent de ce qu’il a pu, lui-même, ressentir. S’isoler pour ne plus souffrir, c’est aussi ne plus sentir, mais, dans l’enfermement de la solitude, l’aigreur, l’amertume, la rage contenue, la honte, le remords, le ressentiment… alimentent un feu dévorant et accroissent la pression jusqu’à l’éruption. La violence contenue, la violence contre soi, consume sans apaiser : “I fear I’ll do some damage, one fine day”, écrit Paul Simon. Un jour ou l’autre, « ça finit mal ». Pas plus que la prison du corps, la prison du cœur ne peut soigner ni guérir. S’ouvrir aux autres, s’ouvrir au monde, accepter de souffrir à nouveau pour pouvoir à nouveau sentir et vivre, parler, écouter, partager… sont les seuls remèdes à ce mal-être. Chacun peut donner à ces remèdes la forme galénique qui lui convient. La chanson, par exemple !ALN
Toujours Fou Comme si c’était Hier
J’ai vu mon ex-amourDans la rue l’autr’ soirElle semblait ravie d’ me voirJ’ai souriOn a parlé du bon vieux tempsEt on a bu quelques bièresToujours fou comme si c’était hierO, toujours fou comme si c’était hier
Je n’ suis pas du genreTrès communicatifJe suis plutôt pour les bonnes vieilles manièresJe n’ suis pas fou des chansonsD’amour et leurs chimèresToujours fou comme si c’était hierO, toujours fou comme si c’était hier
Quatre heures du matinBien torchéJe bailleTraînant ma vie de misèreÇa m’est bien égalEt alors ?Tout ça passera !
Assis devant ma fenêtreJ’ regarde les voituresJe crains de faire du dégâtUn beau jourMais je n’ serais pas condamnéPar un jury de mes pairsOh, toujours fouToujours fou comme si c’était hier
(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Polyphrene 49 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines