Magazine Cuisine

L’été je mens?

Par Olif
L’été je mens?

À l'affût du base jumper

Voleur d'effort

En VTT sans moteur

J'ai fait la cour à des marmottes

J'ai fait le mur

J'ai pas vu la mer

J'ai eu le palais grillé.

Au monastère orthodoxe

Je ne me suis pas fait prier

J'ai vu le Mont Athos

Pour un peu, j'ai été à Tahiti

Histoire d'eau...

L'été, je mens? Je prends du bon temps à travers le massif. Envers du décor, envie de Vercors? Je cherche désespérément le contrepet. Je ne trouve pas. Les nouveaux résistants sont adeptes de sport extrême. Avec ou sans élastique à leur culotte.

L’été je mens?

Choranche, ses grottes, ses bains, son vignoble disparu, sa cabane café. Cabane café, que j'aime ta cabane, café. Endroit improbable au pied des grottes, lieu de vie à flanc des gorges, espace bonheur en pleine nature. Quand tu arrives à Cabane café, tu commences par te poser. Où bon te semble. Tu choisis ta cabane. Tu bois un verre de tisane froide aux plantes locales cueillies à la main. Ou autre chose. À ta guise. Tu commences à te détendre. Rapidement, tu es bien. Ensuite, tu prends tes valises et tu t'installes au Cellier. Dans l'un des gîtes de charme magnifiquement restaurés par Gilles Dacier-Falque, dans le respect de la matière et de l'esprit du lieu, un hameau initialement abandonné du XVIIIème siècle. La pierre, le bois, le fer forgé... En prime, désormais, un hammam luxueux en nobles matériaux habilement travaillés, avec salon de massage attenant, permet de se détendre après l'effort. Tu investis l'espace, face aux falaises du Bournillon qui, loin de te barrer la vue, te servent d'écran visuel grandiose et de spectacle permanent. Ils sautent à quelle heure? Rituelle question du petit déjeuner et du dîner, face aux falaises. Sccchhhhoufff! La voile se déplie, sans laisser le temps d'apercevoir une fraction de la chute libre. Le parachute tournoie en évitant soigneusement les lignes électriques qui remontent du fond des gorges et le base jumper se pose sans un bruit. Sprrrrroutch! La voile ne s'est pas dépliée, ce qui pourrait laisser le temps de voir un gros pâté sanglant sur la route de Chatelus longeant la Bourne, sous la cascade de Moulin Marquis. Mais cela n'arrive pas. Pas souvent. Ou alors il y a longtemps. Moulin Marquis, c'est la deuxième plus haute cascade de France. Les pratiquants du canyoning pourraient presque rivaliser avec les base jumpers. Choranche extrême, Choranche givrée.

L’été je mens?

Ses grottes, à 13°C toute l'année, sont un petit bijou de fraîcheur calcique, réputées pour ses fistuleuses. Des stalactites fines et de bonne tenue, où l'eau s'écoule par l'intérieur, leur évitant l'embonpoint inhérent à une calcification externe. Plutôt rares dans le monde souterrain, ces fistuleuses ne nécessitent aucune intervention humaine ou chirurgicale, contrairement à l'inénarrable fistule de Louis XIV, néanmoins fort bien narrée par ce bon Docteur Laplante dans ses désopilantes Histoires de la Médecine, en tournée caritative dans toute la France, sur demande. À l'époque du roi soleil, justement, voire un peu plus tard, le vin de Choranche était réputé. Il paraît qu'on pouvait même le retrouver sur sa table. Ou celle de ses successeurs. Le hameau du Cellier en conserve la trace toponymique. Plantée en terrasses, la vigne colonisait les flancs bien exposés des gorges de la Bourne. Décimée par le phylloxera, il n'en subsiste que quelques îlots épars, à l'abri des regards. Elle a pourtant fait sa réapparition au domaine Mayoussier. Mayoussier, mais où c'est? Dans le Royans, aux portes du Parc Naturel Régional du Vercors.

L’été je mens?

Enfant du pays, Antoine Dépierre a un peu bourlingué dans le monde de l'hôtellerie et de la sommellerie. Dans le monde tout court. De Berlin à Dubaï, avant de réinvestir Le Belle, la vieux demeure familiale à Auberive-en-Royans. Il y a replanté de la vigne de façon pensée et réfléchie. Trois hectares de cépages en adéquation avec le sol. IGP Isère sous influence rhodanienne, la Drôme est limitrophe. Viognier, roussane, syrah. Et sauvignon, aussi. Parce qu'il aime bien. Tout ça travaillé au cheval. Conversion bio en cours, utilisation minimale d'intrants.

L’été je mens?

Tout ça pour de jolis vins francs du collier. 2017 ne sera pas le millésime idéal pour débusquer le terroir vertacomicorien. Un gel dévastateur a nécessité la création d'une structure de négoce, le Cellier de Félicie, pour commercialiser un trio rose-blanc-rouge, vinifié dans l'esprit des vins du domaine à partir de raisins biodynamiques achetés dans le Massif d'Uchaux, le peu de raisins locaux survivants ayant été incorporés à la cuvée de blanc.

L’été je mens?

La D531, qui relie Pont-en-Royans à Villard de Lans, a vu s'installer sans grande contestation le 80km/h. Quand tu arrives à faire une pointe à 70 entre deux virages, deux tunnels, deux rétrécissements de chaussée, tu peux déjà être content de toi. Cette route mérite d'ailleurs qu'on le prenne, son temps. Et on l'a prit souvent. La route et le temps. Histoire de chercher un peu de fraîcheur et de défoulement en altitude. Du côté de Méaudre, d'Autrans, de Villard-de-Lans, de Corrençon-en-Vercors. Mme Olif a sorti le grand jeu en matière de n'importe quoi. On devait faire du VTT, alors elle a pris son casque de vélo. Mais pas son cuissard, il a fallu en racheter un. On n'excluait pas de se tremper dans les eaux froides de la Bourne, mais son maillot n'était plus tendance. Alors il a fallu en trouver un, à l'arrache, avant de faire trempette. On est partis randonner du côté de la Tête des Chaudières. Pas loin de 2000 mètres. Habituellement suréquipée, elle a entamé l'ascension sans le moindre vêtement chaud. Le vent du Nord s'est levé, la chaudière était en panne. On a bivouaqué au pas de la Balme. J'ai dû lui prêter mon coupe-vent. Une chance qu'elle ne se soit pas envolée. Autrans en emporte le vent! Un vrai festival du n'importe quoi! Contrairement à celui qui se tenait sur le stade olympique au cœur du pays des Quatre montagnes, le Vercors Music Festival, à l'organisation parfaite et au programme bien cool.

L’été je mens?

Juliette et Arthur avaient décidé de venir y faire de la luge d'été. L'occasion était trop belle de venir les saluer, en les écoutant couvrir de leur voix les clameurs intempestives générées par l'élimination belge de la Coupe du monde de foot. Auparavant, l'electro-swing de LMZG avait rempli son office euphorisant. Une parenthèse musicale réjouissante servie sur un plateau!

L’été je mens?

Histoire de retrouver un peu de quiétude monacale, nous sommes allés nous perdre au fond de la grandiose reculée de Combe Laval (à côté de laquelle celles du Jura passeraient presque pour de toutes petites échancrures), colonisée par des disciples de Saint-Antoine, descendus tout schuss du Mont Athos pour se recueillir en Isère et porter la bonne parole de ce haut-lieu macédonien, aussi spirituel que sexiste, en Rhônes-Alpes. Légèrement rhabillés pour l'occasion, des chevilles aux épaules, nous avons pu apprécier à sa juste valeur l'iconographie sacrée qui décore entièrement les murs de la chapelle et profiter de la relative fraîcheur de la nef.

L’été je mens?

Beaucoup moins spirituel, mais tout aussi rafraichissant et excitant, arrêt obligatoire à "Tahiti". Un spot au nom codé, bien planqué au fond de la Combe Laval. Le genre d'endroit que tu ne divulgues pas trop, pour ne pas qu'il soit galvaudé et trop fréquenté, mais que des hôtes avisés savent te conseiller. Des cascades en escalier à l'origine de la formation de baignoires naturelles à l'eau de source réchauffée au soleil. Jacuzzi en option, si t'as mangé des fayots le midi.

L’été je mens?

On ne nous a pas vus dans le Vercors jouer au golf. La fréquentation du club house y est pourtant vivement recommandée. Une cuisine au niveau des sommets des hauts plateaux. Guillaume Monjuré n'est pas un inconnu dans la sphère gastronomique rhônalpestre. Après avoir longtemps régalé les Gones, il a transloqué son Palégrié lyonnais dans le Vercors natal de sa compagne Chrystel et transformé le restaurant du golf de Corrençon-en-Vercors en haut-lieu gastronomique. Une cuisine parfaite, essentiellement à bases de produits bio, naturels et locaux, transformés, achetés ou cueillis du jour. De l'originalité (cornichon travaillé comme un légume), de l'audace (ris de veau, moules et merguez) et de jolies petites fleurs pour un dessert aérien baptisé "pollen". Et une exceptionnelle Mémé juvénile, millésimée 2014. Gramenon power! Le menu (unique) comble aisément les 18 trous de l'estomac, changeant tous les jours pour ne pas laisser les golfeurs s'endormir sur leurs caddies. Promis juré!

Le Vercors nous a vus. Je pense qu'il nous reverra. Quitte à apprendre à jouer au golf...


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Olif 15670 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazine