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Basket : état des lieux (et de santé) des Français en NBA

Publié le 10 mars 2010 par Vinz

A un petit peu plus d’un mois de la fin de la saison régulière, je vous propose de faire le point sur la délégation française en NBA. La France est de loin le pays le plus représenté. C’est aussi le pays où les éclopés se succèdent à l’infirmerie de manière aussi lancinante que prévisible.

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Les leaders

Tony Parker (San Antonio Spurs)

La guigne pour le meneur de l’équipe de France. La hanche, le pied, la cheville et maintenant un doigt cassé et voilà TP out pour le reste de la saison régulière et peut-être le début des playoffs. Usé par les campagnes à répétition avec l’équipe de France, Parker paie ses saisons à plus de 100 matches. D’ailleurs il doute, sur sa participation au prochain mondial turc en septembre, entre le forfait pour se reposer et l’envie d’y participer. Autre problème, TP sera en fin de contrat la saison prochaine.

Ses statistiques : 16,5 points à 49,1 % (76,7% au lancer franc), 5,7 passes.

Un mal pour un bien ? La blessure de TP pourrait enfin lui permettre de se reposer pensent de nombreux experts.

Un mal pour un bien ? La blessure de TP pourrait enfin lui permettre de se reposer, pensent de nombreux experts.

Boris Diaw (Charlotte Bobcats)

Sans doute le moins éclopé des internationaux français. Diaw présente des statistiques en retrait par rapport à 2008-2009 quand il est arrivé à Charlotte : 10,9 points (47,3 % de réussite et 76,2 % au lancer franc), 5,1 rebonds et 3,9 passes. On peut l’expliquer par l’arrivée de nouveaux shooteurs (Stephen Jackson), mais Bobo fait souvent du Bobo. Pas toujours présent dans les stats mais plus dans le jeu. Il a frôlé le triple double la semaine dernière contre Golden State. Au poste d’ailier fort, l’ancien Palois est une pièce clé de l’équipe de Larry Brown, mais on lui reproche son manque d’investissement dans les tirs. Comme toujours. Mais force est de reconnaître qu’il apporte une certaine stabilité à une équipe qui risque bien d’aller en play-offs pour la première fois de son histoire.

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Les lieutenants

Nicolas Batum (Portland Trail Blazers)

Blessé pendant la première moitié de la saison, Batum a fait un retour très satisfaisant. Il a davantage de responsabilités et, après une reprise en douceur, a retrouvé son rang de titulaire.

Même si ses résultats chiffrés sont encore un peu modestes (9,6 points en 22 minutes), Batum se distingue par une bonne adresse depuis son retour (53,7% au tir, 42,6 à trois points et 21/23 aux lancers francs). Clairement, quelque chose a changé depuis la saison dernière. Bien qu’il ne sera pas l’arme offensive principale des Blazers, son statut a changé. Nate McMillan a bien manœuvré avec lui.

Membre de la très fournie liste des blessés des Trail Blazers de Portland, Nicolas Batum a changé de statut depuis son été tricolore.

Membre de la très fournie liste des blessés des Trail Blazers de Portland, Nicolas Batum a changé de statut depuis son été tricolore.

Ronny Turiaf (Golden State Warriors)

Dans une équipe où le non-jeu collectif et la passe intérieure sont érigés en règles absolues pour le n’importe quoi, Turiaf n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Et lui aussi multiplie les pépins physiques. Le genou vient de le clouer pour le dernier match lundi soir.

Le revenant de Gonzaga compile des stats bien modestes : 5,1 points, 4,9 rebonds, 1,3 contres, 55,2% de réussite aux tirs mais un pourcentage Ben Wallacesque aux lancers francs (45,5%). Le choix de carrière de Golden State était donc le mauvais, mais dans cette sélection de cinq fois un joueur, Turiaf peut se dire qu’il n’est pas le seul à souffrir.

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Mickaël Piétrus (Orlando Magic)

« Air France » a bien du mal à décoller cette année à Orlando. Des prestations très irrégulières en attaque l’ont privé d’un temps de jeu conséquent et sans doute d’une place de titulaire quand l’occasion se présentait : 8,2 points en 23 minutes à 41,5% (35,4% à trois points et 63,7% sur la ligne). Piétrus se retrouve le plus souvent cantonné au rôle défensif qui lui avait permis de déjouer les Caves de Cleveland en isolant LeBron James.

Peut-être aussi que le choix de ne pas se faire opérer l’été dernier n’a pas été le meilleur. Ce sera sans doute le cas le prochain. Dommage car c’est sans doute le meilleur shooteur extérieur français de la NBA.

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Les jeunes loups

Joakim Noah (Chicago Bulls)

Révélation explosive du début de saison, « Jooks » a depuis régressé, la faute à une voûte plantaire douloureuse. Celui qui aurait pu s’imposer comme le Most Improved Player, semblait enfin révéler le talent qu’il avait montré lors de son séjour universitaire à Florida. Mais peut-être que les kilos de muscles acquis cet été n’ont pas encore été bien digérés par le corps, d’où les problèmes au pied. Mais avec des stats en nette hausse, Noah est un élément central d’une équipe de Chicago qui ne mise pas beaucoup sur le jeu intérieur (en NBA très peu misent dessus aujourd’hui).

Ses statistiques : 10,7 points (49,4 % au tir et 74,6 %, il tire presque deux fois plus par match), 11,4 rebonds, 1,6 contre en 31 minutes (+ 30% de temps de jeu).

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Rodrigue Beaubois (Dallas Mavericks)

Celui qu’on n’attendait pas et celui qui sort du bois. Drafté un peu à la surprise générale par Denver, on commence à comprendre pourquoi Dallas a voulu l’avoir dans la foulée. Rick Carlisle a bien préparé l’ancien choletais en ne le grillant pas sur la saison. Beaubois a cumulé les nombreux Did Not Played successifs, mais aussi pris le temps de jeu qu’on lui donnait, et semble saisir sa chance en l’absence de Jason Terry.

Meneur de jeu physique dont le style est adapté à la NBA, Beaubois a réalisé quelques excellents matches la semaine dernière : 17 points contre Minnesota, 22 points en 24 minutes contre Sacramento, 24 points, 5 rebonds et autant de passes contre Chicago. Lundi soir, Rodrigue s’est contenté d’un « petit » 11 points à 4/12 à Minneapolis.

Avec seulement 40 matches joués et un temps moyen de 12 minutes, le Français a marqué 6,9 points pour 50% de réussite (38,4 % derrière la ligne à 3 points) et 81,3 % aux lancers francs. On comprend mieux pourquoi Mark Cuban refusait de l’échanger à Washington dans le cadre du transfert de Caron Butler. J’avoue que je n’attendais pas grand-chose de lui, les dirigeants de l’équipe de France non plus mais ils ont appelé Beaubois ces derniers jours. Un bon signe.

Bien protégé par le staff des Mavericks, en dépit des frustrations liées au fait de ne pas jouer souvent, Rodrigue Beaubois sait saisir sa chance. Sera-t-il la doublure de TP en équipe de France ou bien son associé à l'arrière ?

Bien protégé par le staff des Mavericks, en dépit des frustrations liées au fait de ne pas jouer souvent, Rodrigue Beaubois sait saisir sa chance. Sera-t-il la doublure de TP en équipe de France ou bien son associé à l'arrière ?

Les dormeurs

Johan Petro (Denver Nuggets)

Une carrière en NBA ratée, des prestations faméliques et souvent lymphatiques, réduites au « garbage time », Johan Petro est sans doute venu trop tôt en NBA, s’il venait pour réussir une carrière. Son espoir était de signer dans une franchise en raison de sa taille plus que son talent. Et le fait d’avoir été écarté de la sélection française à l’Euro tendait à démontrer l’échec d’une carrière comme beaucoup de jeunes sportifs en font. Trop vite, trop facile et sans doute pas assez bosseur ni volontaire.

Petro n’a disputé que 18 matches avec Denver cette année, compilant 2,1 points et 2,4 rebonds en moins de 7 minutes de temps de jeu. Mais la lumière a peut-être éclairci ce tableau bien sombre : Kenyon Martin blessé, Petro s’est retrouvé titulaire contre Portland dimanche soir. Et miracle, en 23 minutes, il a marqué 6 points et pris 10 rebonds. Sa première apparition notable depuis le 9 février où il a réussi un incroyable 100% avec 13 points et 5 rebonds contre Dallas.

Petro saura-t-il enfin saisir sa chance, lui dont le rôle sera de prendre des rebonds et donner des fautes (il sait bien le faire et plus vite que d’autres) ? Franchement je n’y crois pas pour un Jérôme Moiso bis.

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Alexis Ajinça (Charlotte Bobcats)

La dernière apparition d’Alexis Ajinça remonte au 22 novembre dernier contre les Pacers d’Indiana, avec 3 minutes. Que dire ? Qu’il est venu trop tôt en NBA ? Que même Larry Brown lui reproche son manque d’envie ?

Expédié en D-league, il affiche 14,6 points et 7,5 rebonds de moyenne en 22 matches dans la ligue mineure de la NBA. De quoi gagner du temps de jeu mais pas forcément de quoi impressionner non plus. Ajinça va vivre son rêve : franchir l’Atlantique, gagner quelques sous, mais s’il veut mener une carrière intéressante, je pense qu’un retour en Europe est encore le mieux et surtout une réflexion sur son jeu doit aussi être menée.

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Ian Mahinmi (San Antonio Spurs)

L’autre Français des Spurs. Poppovich croyait beaucoup en lui mais j’ai le sentiment que sa foi s’est évanouie, d’autant plus de DaJuan Blair s’avère de plus en plus comme le gros coup de la draft (encore une fois réalisé par les Spurs).

Son temps de jeu est limité et le voir apparaître sur les parquets est presque un événement en soi (11 matches joués, 6 minutes de temps de jeu mais 3 points et 2,2 rebonds, ce qui en fait un élément efficace pour les miettes récoltées). Mahinmi sera la nouvelle étoile de ces pivots qui ne sont là que pour donner des fautes et dont je pense la formation incomplète avant d’avoir franchi l’Atlantique et relever les joutes de la NBA. Dommage.

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Yakouba Diawara (Miami Heat)

Ne cherchez plus. Le plus grand cireur de banc français de la NBA est à Miami. Très élégant dans son costume qu’il porte tous les soirs, ‘Yak’ touche un peu moins d’un million de $ comme top-model du Heat.

On va me dire que je suis méchant : 3 matches joués, le 30 octobre, les 13 et 15 décembre. 35 minutes cumulées, dont 20 le 15/12 contre Toronto et 2 points marqués sur 6 tirs. On ajoute 3 rebonds et 3 passes, vous avez le total de Diawara sur l’ensemble de la saison. Il n’a pas été vu sur un parquet (ni avec un ballon) depuis 40 matches.

Je veux bien mais il faut m’expliquer. Et après on va me reprocher de dire que c’est un mercenaire ? Si Miami est prêt à le payer 30000 $ la minute jouée, pas de problème, ce ne sont pas mes sous !

Ne cherchez plus le Chimbonda de la NBA, cest lui, Yakouba Diawara.

Ne cherchez plus le Chimbonda de la NBA, c'est lui, Yakouba Diawara.

Et l’équipe de France ?

Au mois de septembre, l’équipe de France disputera le championnat du monde en Turquie. Cette épreuve majeure sera une échéance moins importante que les prochains championnats d’Europe. En effet, seul le champion du monde sera directement qualifié pour les Jeux Olympiques de Londres (ben oui les Anglais prennent une place). Avec l’accumulation des blessures et les nombreux problèmes qui ont émaillé la préparation de l’équipe de France l’été dernier, les relations entre les clubs NBA et les sélections deviennent délicates à gérer. D’un côté ceux qui payent, de l’autre les fédérations sportives qui font aussi valoir un certain esprit du sport. Or pour la France les difficultés risquent bien d’entraîner la décimation de l’équipe nationale. Les saisons à rallonge, les blessures contractées refroidissent les ardeurs des franchises américaines à laisser partir leurs joueurs. Et comme l’équipe tricolore est clairement franchisée NBA, on risque d’avoir une équipe privée de ses meilleurs éléments pour la fin de l’été.

Quels sont ceux qu’on ne devrait pas voir ?

A coup sûr, Mickaël Piétrus. Oublions aussi les cireurs de banc, sauf révélation suprême de leur destin de joueur de basket. Petro et Ajinça ont été recalés par Vincent Collet à des postes où la place était disponible, à l’intérieur. A moins d’un vent contraire, la route de l’équipe de France ne traversera pas par leur petit bonhomme de chemin. C’est pire encore pour Diawara.

Du peu probable au pas sûr.

Reste Tony Parker. Il a envie de jouer mais je pense qu’au vu de l’importance des échéances de 2011 (nouveau contrat et championnat d’Europe qualificatif pour les JO), une absence et un grand repos seront d’une grande nécessité. Peut-être reviendra-t-il à Fort Boyard avec Madame…

Boris Diaw ? Je pense qu’il y sera, sauf blessure. Ce sera un catalyseur même si on attend toujours plus de lui, de prendre systématiquement ses responsabilités en attaque, dans le tir et pas seulement ici ou là.

Nicolas Batum ? Je ne suis pas certain. Portland ne veut pas risquer une nouvelle blessure à l’épaule mais n’oublions pas non plus que Batum traînait cette blessure avant d’aller au stage avec l’équipe de France.

Ronny Turiaf ? Peut-être. De toutes façons avec Golden State, il n’y a rien à risquer. Au moins avec les Bleus il aura envie de jouer.

Joakim Noah ? Difficile à prévoir mais je dirais non. Sans doute devra-t-il encore perfectionner son travail et sa blessure risque de compromettre ses chances en bleu parce qu’il faudra du repos. Dommage mais si Parker y va, Noah pourrait bien suivre.

Beaubois ? Ce sera le nouveau joker. Il pourrait bien être la solution de rechange à l’absence de TP, même s’il ne présentera pas le même statut et n’aura pas la même liberté. Il faudra convaincre M. Cuban de libérer Beaubois mais on pourra aussi argumenter en disant qu’il n’a pas beaucoup joué. Mais là aussi un obstacle risque de s’opposer à sa venue : les ligues estivales.

De toutes façons, l’équipe de France devra faire sans et surtout davantage développer le jeu FIBA. Il y a de bons joueurs : Do Colo, qui fait une bonne saison à Valence, Antoine Diot sont parmi les leaders.

Vincent Collet risque encore de s’arracher les cheveux mais contrairement à l’an passé, il aura de quoi s’appuyer : le vécu et un début de jeu collectif qui pourrait servir de pilier à un possible titre européen en 2011.


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