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Histoire du rock, (enfin) l'équipe de foot

Publié le 17 mars 2010 par Deschibresetdeslettres
Histoire du rock, (enfin) l'équipe de foot
J'ai opté comme vous le voyez pour une formation en 4-3-3. Ce choix s'est fait en fonction des joueurs à disposition, et bien sûr de ce qui les unit, le rock. J'étais obligé de faire une défense à 4, compte-tenu de la structure musicale du genre – alors que pour le jazz je ferai une défense à 3 en référence au ternaire. Pour ce qui est du reste de l'équipe, je tenais à passer beaucoup par les côtés : il fallait de la percussion, de la largeur, du un contre un. J'ai donc décidé d'évoluer avec deux vrais ailiers et un dix d'école. Pas question d'intégrer des schémas tactiques trop élaborés, le rock c'est lisible, spontané, c'est une histoire d'hommes et de combat. Pour les autres genres musicaux, peut-être m'amuserai-je à échafauder des plans plus compliqués. Mais pas là, pas pour le rock.
- Elvis Presley au but, c'est une évidence, même si par humour (noir) j'ai d'abord pensé y mettre Robert Wyatt.
- Charnière centrale 100% prog et 100% complémentaire. La stabilité des Pink Floyd et l'agressivité de King Crimson. Je ne pouvais pas trouver mieux.
- The Kinks en latéraux droit, le poste historiquement le plus faible du foot. J'ai jamais trop compris d'ailleurs pourquoi il y avait dix fois plus de bons latéraux à gauche qu'à droite. Bref, The Kinks c'est de la discrétion même du bon arrière droit, solide, sérieux, efficace et bien plus inspiré que son statut ne laisse présager. Ils pourraient également jouer les utilités au milieu de terrain.
- Sonic Youth à gauche, c'est des appels pendant 90 minutes, une grande vigueur dans les duels et quelques gestes techniques de très haute volée.
- The Velvet Underground en sentinelle devant la défense. Menaçant avec leurs grosses guitares effrayantes, ils ont aussi le toucher de balle d'un Guardiola ou d'un Redondo. Petite faiblesse sur l'endurance bien compensée par leur aura psychologique.
- Radiohead comme relayeur, c'est toute la grammaire du foot maîtrisée sur le bout des doigts. Si les centres de formation sont de moins en moins efficaces, Radiohead est l'exception qui confirme la règle, avec un statut d'élève modèle qui les rend maîtres de la modernité.
- The Beach Boys, instables et géniaux meneurs de jeu, ont le meilleur toucher de balle de l'équipe. Ce n'est donc qu'à eux qu'on pouvait complètement déléguer l'animation offensive.de l'équipe. Au risque de quelques faillites mentales...
- The Talking Heads jouent à droite dans une position d'ailiers très avancés. On aime chez eux leur fougue maîtrisée, leur froideur urbaine qui rencontre les techniques exotiques. Indispensable à ce poste pour leur jeu tout en percussion.
- The Cure à gauche, on ne sait jamais très bien à quoi s'attendre. Parfois repliés et accrocheurs type Malouda, ils peuvent aussi relever la tête et truster les top buts. Mais dans tous les cas on ne peut se passer d'eux.
- Dans une attaque à trois aussi large, on attend beaucoup de l'avant-centre. J'ai choisi David Bowie parce qu'il est le prototype même du grand attaquant d'aujourd'hui. Expérimenté et intelligent, il a aussi pour lui une immense polyvalence qui le préserve de toute période blanche. Grand finisseur, à l'aise dans toutes les configurations, David Bowie est bel et bien le seul avant-centre possible de l'histoire du rock.

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