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Israël, Palestine - Vérités sur un conflit d'Alain Gresh (2002)

Publié le 06 février 2011 par Florian @punkonline

Israël, Palestine - Vérités sur un conflit d'Alain Gresh (2002)Alain Gresh est rédacteur en chef du Monde Diplomatique, spécialiste du Proche-Orient où il est né. Le conflit palestinien est un de ses thèmes récurant. On peut le lire régulièrement dans le Diplo et sur internet dans les blogs où il intervient, dont Nouvelles d'Orient.

Des livres sur le conflit Palestinien, ils en existent de nombreux, de toutes sensibilités. Pourtant dans l'opinion générale, il est difficile de savoir le nombre de partisans d'un côté comme de l'autre. Le camp israélien a tout de même un avantage de taille en France avec un lobby comme le CRIF ou des auteurs (lobbyistes ?) médiatisés tels Alain Finkielkraut, Pierre-André Taguieff, ou Bernard-Henri Levy, qui bénéficient d'une couverture médiatique très large pour diffuser leur propagande mensongère. Les ouvrages propalestiniens (comme La Palestine au pied du mur de Robert Berthier) se cantonnent à un cercle plus réduit d'individus qui s'intéressent déjà au sujet. L'analogie au mythe de David contre Goliath peut se faire aussi dans le milieu des intellectuels...

Ces "vérités sur un conflit" ont pour but de débroussailler l'histoire de ce conflit sexagénaire. Gresh commence par un topo sur le climat des débats en France où selon le camp israélien, un climat "judéophobe" se développerait en France. Pour se défendre, le camp sioniste se défend en accusant les détracteurs de la politique du gouvernement israélien d'antisémite ou se réfère à la Shoah. Une méthode de victimisation qui selon Gresh est dangereuse, puisqu'elle tend à banaliser l'horreur du génocide juif.

La genèse de l'État d'Israël

Gresh va ensuite décortiquer le processus de création de l'État d'Israël. L'idée de sa création provient du fait qu'il y a un peuple juif. Pourtant, en s'interrogeant sur le concept de nation. Il démontre qu'une partie des juifs du monde entier n'ont pas d'attrait culturel en commun, alors qu'il est péremptoire pour former une nation. Israël a aussi été fondé sur des vérités bancales. Les juifs n'ont pas tous été expulsés de la terre sainte (la Palestine) par les Romains en 70 APJC, comme le prétendent les sionistes, puisqu?un tiers de la population d'Alexandrie était constitué de juif à 100 AVJC. La diaspora a-t-elle eu lieu à un moment donné ou bien l'éparpillement des juifs est-il dû au fait que le judaïsme est une religion prosélytiste (un non juif pouvant se convertir au judaïsme) ?

Une autre idée fausse est que les juifs ont été persécutés de tout temps. Bien que des pogroms ont eu lieu dans certains coins isolés, les juifs s'assimilaient généralement bien où ils s'installaient. C'est surtout à partir de l'époque des croisades qu'en occident les juifs ont été interdit de posséder des terres et d'exercer certaines professions. Certains d'entre eux vont alors se tourner vers des professions tels le prêt d'argent (interdit par la religion chrétienne) ou le commerce international.

L'antisémitisme va surtout se répandre à partir du XIXe siècle. Alors que depuis la Révolution française "les « communautés » religieuses ou régionales tendent à se dissoudre", au XIXe siècle, "une frénésie de « classification » des peuples s'empare du monde scientifique et intellectuel". Le terme d'antisémitisme est inventé en 1873 en parallèle du développement du sionisme dans sa dimension politique. À l'origine, le sionisme tire son nom de Sion, colline de Jérusalem, "symbole du « retour » à la Terre promise" et de "la venue d'un messie qui ramènera les Juifs en Palestine" (Wikipédia). Le sionisme politique quant à lui "prône la création d'un État juif". Deux événements vont contribuer à la création de ce mouvement. Theodor Herzl, un journaliste juif pour un quotidien autrichien, assiste à l'affaire Dreyfus. Indigné, il publie en 1896 l'État des juifs où il soutient que les juifs "forment un peuple et ils ont donc besoin d'un État". Ce texte sera le fondement du sionisme politique. Plus tard, entre 1903 et 1906, une nouvelle vague de pogrom va déferler en Russie et renforcer l'idée du besoin d'un État juif, surtout en Europe de l'Est.

C'est à cette époque, en 1903, qu'apparait le complot juif : "la perception des juifs comme une puissance de l'ombre, omnipotente et richissime - les « banquiers juifs » occultent la grande pauvreté des masses juives qui, notamment en Europe de l'Est, vivent dans une indescriptible misère -, entretient aussi l'antisémitisme".

"Le sionisme est pleinement inscrit dans l'aventure coloniale. Ce fut et cela reste sa principale faute". Zeev Jabotinsky, un dirigeant du mouvement sioniste révisionniste, ne cache pas ses intentions : "Nous allons en Palestine d'abord pour notre bien-être national, ensuite pour en expurger systématiquement toute trace de l'âme orientale". Plus récemment, en mai 2001, Moshé Katsav, alors président d'Israël, déclarait : "Ils [les Palestiniens] sont nos voisins ici, mais on a l'impression qu'à une distance de quelques centaines de mètres il y a des gens qui ne sont pas de notre continent, de notre monde, mais qui finalement appartiennent à une autre galaxie". Une pensée dans le même esprit que lors de l'époque des colonisations, quand il fallait amener la civilisation aux "barbares".

Après la Première Guerre mondiale, les vainqueurs "définissent les lignes de partage et les zones d'influence au Proche-Orient". En 1922, la France et la Grande-Bretagne hériteront de ses territoires en tant que tuteurs, c'est-à-dire "que les conseils et l'aide d'un [pays] mandataire guident leurs administrations jusqu'au moment où elles seront capables de se conduire seules". La Société des Nations délègue la Palestine aux Britaniques qui seront responsables "de la mise en exécution de la déclaration originairement faite le 2 novembre 1917 [Déclaration de Balfour] en faveur de l'établissement d'un foyer national pour le peuple juif", déclaration à laquelle les Palestiniens n'ont pas pu prendre part.

En Amon du processus de création d'Israël, les premiers juifs ont acheté des terres en Palestine en chassant les Palestiniens de leurs terres ou en les embauchant comme domestiques. Pour les sionistes, la Palestine n'était pas peuplée à part la présence de quelques Bédouins.
Les Anglais vont mettre en place des campagnes d'immigration en Israël. Moyennement suivie au départ, elle va s'accélérer avec l'arrivée au pouvoir d'Hitler en Allemagne - qui quoiqu'on en dise aura participé, à sa façon, à la fondation de l'État d'Israël. Les Arabes - que l'on ne nommait pas encore Palestiniens - se sentaient menacés par des étrangers qui les dépossédaient de leur terre. L'entente est mauvaise dès le départ. Les premières grandes révoltes palestiniennes apparaissent en 1936.

En 1939, c'est le début de la Seconde Guerre mondiale et les Britanniques répondent à certaines revendications palestiniennes afin d'avoir leur soutien, en adoptant le livre blanc, c'est-à-dire la restriction de l'immigration juive et l'arrêt de l'achat de terres. L'entente entre la Grande-Bretagne et les sionistes est moins bonne et se caractérisera par le rapprochement de ces derniers avec les États-Unis en 1942.

Naissance d'Israël

Après la guerre, les Britanniques n'arrivent pas à venir à bout des groupes terroristes juifs, qui s'insurgent contre le blocus de l'immigration. Le 18 novembre 1947, la question Palestinienne est portée devant les Nations Unies qui créées l'United Nation Special Commitee on Palestine (Unscop) réunissant 11 pays qui doivent décider du sort du territoire. Trois éléments vont être décisifs dans leur choix. Les "clandestins juifs" revenant des camps de la mort bloqués par les Anglais, "la réussite de la colonisation", symbolisée par la modernité juive et l'archaïsme arabe, et la visite des camps de la mort.

L'Uncop est unanime pour retirer le mandant britannique. En revanche, elle est indécise sur la gestion de la Palestine, mais une recommandation est majoritaire : "partager la Palestine en deux États, l'un juif, l'autre arabe, avec une union économique entre les deux, la région de Jérusalem et des Lieux saints passants sous tutelle internationale". Ce "plan est soumis à l'assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947 : l'État juif devrait occuper 55% de la Palestine avec 500 000 juifs et 400 000 Arabes; l'État arabe, avec 700 000 Arabes et quelques milliers de juifs, le reste ; la zone de Jérusalem comptera 200 000 personnes, pour une moitié juive, pour une moitié arabe ". Les États-Unis ont fait pressions pour que le texte soit admis. "L'assemblée générale des Nations unies « recommande » le partage par 33 voix contre 13, et 10 abstentions".

Le 15 mai 1948, la Grande-Bretagne met fin à son mandat et ne permet pas aux Nations unies de prendre le relais afin que la transition se fasse de manière pacifique. De son côté, "le 14 mai 1948, Ben Gourion annonce la création de l'État d'Israël" - Ben Gourion est le premier premier ministre d'Israël - et refuse ainsi la période de transition qui aurait permis de mettre en place l'Union économique. Le lendemain, les États arabes voisins envahissent la Palestine, mais sans plan de bataille communie. Le conflit durera jusqu'en juillet 1949. Israël sort victorieux. Les forces arabes totalisaient 25 000 soldats alors que la force israélienne en comprenait au départ 35 000 puis 100 000 au mois de décembre. L'État juif en a profité pour repousser les limites de son territoire - le nouveau pays occupe désormais 78 % de la Palestine, dont Jérusalem-Ouest - et expulser de nombreux Palestiniens vivant sur son sol - il n'en restera plus que 150 000. Contrairement au mythe, l'invasion des territoires Palestiniens a toujours été un objectif des sionistes, comme le disait Ben Gourion en 1937 : "Après la formation d'une armée importante dans le cadre de l'établissement de l'État, nous abolirons la partition et nous nous étendrons à l'ensemble de la Palestine". La volonté de paix en était un également : "Les accords d'armistice sont suffisants pour nous. Si nous courons après la paix, les Arabes en demanderont le prix : ou des territoires, ou le retour des réfugiés, ou les deux. Il vaut mieux attendre quelques années". À cela Gresh ajoute : "Cinquante ans plus tard, on attend toujours...".

Durant cette guerre, entre 700 000 et 800 000 ont quitté leur foyer. Les facteurs sont multiples : "peur des combats et des représailles, volonté de mettre sa famille à l'abri, crainte de se retrouver isolé dans une région à majorité juive, etc.". Au début de la guerre, les dirigeants sionistes n'avaient pas l'intention de procéder à des expulsions massives. C'est à partir d'avril 1948 qu'une stratégie est mise en place, suite à des défaites militaires. En revanche, il s'agit d'une des volontés du mouvement sioniste, puisque dès 1885, Herlz notait : "Nous devons les exproprier gentiment. Le processus d'expropriation et de déplacement des pauvres doit être accompli à la fois secrètement et avec prudence".

En refusant le retour des réfugiés, Israël va à l'encontre de la résolution 194 de l'Assemblée générale des Nations Unies : "Il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent le retour dans leur foyer le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, et des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leur foyer et pour tout bien perdu et endommagés". Depuis cette époque, le nombre de réfugiés n'a cessé de croitre. En 2002, il y en avait 3,9 millions.

Israël, Palestine - Vérités sur un conflit d'Alain Gresh (2002)

Occupation des territoires palestiniens

La Palestine n'existe plus politiquement. "L'Histoire aurait pu s'arrêter là". Comme dans de nombreuses autres situations où les vaincus deviennent la possession du vainqueur. Mais c'était sans compter sur la volonté du peuple palestinien qui croyait au "retour" et observait les différents mouvements de décolonisations qui s'opéraient un peu partout d'abord en Asie, puis en Afrique. En 1952 l'Égypte, le pays arabe le plus puissant, devient réellement indépendant avec à sa tête le général Nasser qui prône l'unité entre les pays arabes. Il entre en concurrence avec des pays "réactionnaires comme l'Arabie Saoudite, la Jordanie ou révolutionnaires comme l'Irak de Kassem. Ces centres de pouvoir vont faire de la Palestine un enjeu stratégique. Le 28 mars 1964 à Jérusalem, le premier congrès national palestinien créé l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), qui regroupe les organisations de résistances, sous tutelles de l'Égypte.

Le Koweït se développe grâce à ses ressources pétrolières. De nombreux Palestiniens y émigrent pour des "postes de fonctionnaires, médecins, enseignants" dont Yasser Arafat. En 1959, il créé le Fatah, pour qui la libération de la Palestine devra se faire par les Palestiniens eux-mêmes. Ce mouvement entre en lutte armée en janvier 1965. En juin 1967, il y a une nouvelle guerre. En six jours, l'armée israélienne balaye celles de l'Égypte, de la Syrie et de la Jordanie. Toute la Palestine historique passe sous le contrôle israélien, ainsi que le Golan syrien et le Sinaï égyptien. "La Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est deviennent des « territoires occupés »".

Les États arabes ayant échoué, les Palestiens doivent prendre leur destin en main. De nouvelles organisations apparaissent telles le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et le Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP). La résistance palestinienne est écrasée en Jordanie par l'armée du roi. Elle va alors se réfugier au Liban et internationaliser le conflit avec l'organisation "septembre noir" qui détournera des avions et se fera surtout connaître pour avoir pris en otage des athlètes israéliens lors des Jeux olympiques de Munich de 1972.

L'OLP va revoir certaines de ses positions, notamment la Fatah qui en 1969 est favorable à "l'édification d'un état démocratique où coexisteront musulmans, chrétiens et juifs". En 1974, L'OLP se voit refuser la création d'un État en Cisjordanie et à Gaza par Israël, soutenu par les États-Unis, car l'État juif ne dialogue pas avec les "terroristes". À partir des années 70, les Palestiniens se résignent petit à petit à accepter Israël, puisque l'expulsion des juifs est devenue irréalisable. Durant cette période, le camp palestinien n'a plus le soutien des pays arabes, ou du moins de façade. En 1978, le président égyptien El Sadate s'est accordé avec Israël : il abandonne les Palestiniens contre la récupération du Sinaï (accords de Camp David). L'armée israélienne avait alors le champ libre pour attaquer le Liban en 1982. Suite à cette invasion, l'OLP doit se réfugier en Tunisie.

C'est en septembre 1967, peu de temps après la guerre des Six Jours, qu'a commencé la colonisation des territoires palestiniens. Les différents gouvernements israéliens vont procéder à une colonisation massive de ces territoires : "65 % des terres de la Cisjordanie et 40 % de celles de Gaza". En 2002, il y avait 200 000 colons à Jérusalem et en Cisjordanie, 7000 à Gaza. Les colons bénéficient des tarifs sur immobilier très bas et ont les mêmes droits qu'un citoyen israélien, ce qui n'est pas le cas des Palestiniens : "totale liberté de mouvement, de parole et d'organisation, participation aux élections locales et nationales (israéliennes), sécurité sociale, système de santé, etc.". C'est un système similaire à l'apartheid puisque deux populations vivant dans un même territoire n'ont pas les mêmes droits.

Les Palestiniens ont tous un membre de leur famille un proche qui est ou a été en prison. Un simple jet de pierre peu coûter plusieurs années de prison. "Avec 4 000 prisonniers de sécurité, qui passent - ou demeurent - chaque année en prisons, les territoires occupés ont l'un des plus forts taux de prisonniers politiques au monde". Les conditions de vit dans les territoires occupés son difficile. Encerclées par les colonies, les Villes ne peuvent plus s'étendre suffisamment. Il est difficile d'y trouver un travail. Beaucoup doivent traverser la ligne verte, la frontière (de 1967) qui leur permet de rejoindre Israël. Certains ont de la chance d'avoir un boulot. Les autres travaillent clandestinement à la journée. L'exaspération des Palestiniens va mener en 1987 à la première Intifada (soulèvement). Les médias internationaux couvrent l'évènement. Les images ont montré l'indigne comportement du gouvernement israélien.

Tentatives de paix

En 1991 a lieu une conférence réunissant Palestiniens, Israéliens et pays arabes. Ça n'était pas arrivé depuis 50 ans. En marge, à Oslo, Israéliens et Palestiniens adoptent une "Déclaration de principes sur les arrangements intérimaires d'autonomie". Le 13 septembre 1993, à Washington sur invitation de William Clinton, Yasser Arafat le dirigeant de l'OLP et Yitzhak Rabin premier ministre d'Israël se serrent la main. Tout va pour le mieux et suscite un immense espoir. Les accords d'Oslo disaient que les territoires palestiniens occupés auraient une période d'autonomie de cinq ans, les militaires quitteraient les villes et s'établiraient aux frontières et aux colonies. En revanche, la discussion sur les tracés des territoires est reportée à la troisième année d'autonomie.
En septembre 1995 ont lieu les accords d'Oslo II qui morcelle les territoires palestiniens en plusieurs zones : les zones A (2 %) les grandes villes sous contrôle total des Palestiniens, les zones B (26 %) la majorité des villages palestiniens sous autorité administrative palestinienne et sous contrôle militaire israélien, les zones C (72 %) occupées. Ce découpage va cloître les Palestiniens en zone A, car les zones B ils peuvent être contrôlés à tout moment et même être expulsés. Le 4 novembre 1995, peu de temps après Oslo II, Yitzhak Rabin est assassiné par un juif fanatique.
Le Hamas (mouvement de résistance islamique issu des frères musulmans), "qui fut, dans les années 1970 et au début des années 80, aidé par les services de renseignements israéliens pour... lutter contre l'OLP", est très bien implanté auprès des populations palestiniennes pauvres. Au printemps 1996, le Hamas va mener une vague d'attentats. Entre 1996 et 2000, l'autorité palestinienne va être très répressive envers ce mouvement - à la fois pour garder un semblant de maîtrise et pour faire plaisir au gouvernement israélien. De son côté, Israël a multiplié des représailles collectives contraires au droit international, en pouvant bloquer jusqu'à plusieurs jours des villes et des villages palestiniens. Cette recrudescence de la violence va permettre en 1996 à Benyamin Netanyahou (Likoud, droite) d'être élu premier ministre.
En 1997, suite à des conflits dans la Ville d'Hébron - colonisée lors de la guerre de Six jours - entre colons et palestiniens, le Protocole d'Hébron est entériné. La Ville sera divisée en deux secteurs."Une partie, qui englobe les 400 colons et... 30 000 Palestiniens, demeure sous occupation, l'autre partie est évacuée".

Ehud Barak (travailliste) est élu premier ministre de l'État d'Israël le 17 mai 1999 lors des Élections générales israéliennes. Il ne va pas mettre en oeuvre les engagements de son prédécesseur et va mettre de côté la question palestinienne. En un an, il va perdre sa majorité gouvernementale, ainsi que la confiance des Palestiniens. À la va-vite, il parvient à convaincre les Palestiniens de se réunir afin d'aborder tous les sujets de discorde. Ils se sont réunis en juillet 2000 avec les États-Unis à Camp David. Cette réunion va être un échec. Selon les Israéliens l'offre était généreuse, mais il n'y avait aucune volonté du côté palestinien.
Gresh cite alors le journaliste et reporter français et Israélien Charles Enderlin : "A aucun moment, Arafat ne s'est vu proposer l'État palestinien sur plus de 91 % de la Cisjordanie" ni "la souveraineté complète sur les quartiers arabes de Jérusalem et le Harâm al-Charif/mont du Temple". "Jamais, comme l'affirmeront certaines organisations juives, les négociateurs palestiniens n'ont exigé le retour en Israël de trois millions de réfugiés. Les chiffres discutés au cours des pourparlers ont varié de quelques centaines à quelques milliers de Palestiniens autorisés revenir. L'Intifada n'a pas été déclenchée par le chef de l'OLP : le patron du Shin Beth, les diplomates américains et Bill Clinton lui-même craignaient une explosion de violence spontanée".

Par la suite, Barak va tenter de discréditer Arafat en essayant de montrer aux peuples israéliens que le camp palestinien ne veut pas la paix. Le 28 septembre 2010, la visite du chef du Likoud Ariel Sharon à l'Esplanade des Mosquées de Jérusalem déclenche la seconde Intifada. Rapidement, entre octobre 2000 et janvier 2001 se tiennent des réunions entre Palestiniens et Israéliens qui aboutiront aux accords de Taba lesquels stipulent que Jérusalem serait la capitale des deux États, qu'il peut y avoir des stations d'alerte israélienne dans le Jourdain, les Palestiniens limiteront l'armement de leur État et Israël reconnait enfin le droit au retour des réfugiés palestiniens, mais les deux parties ne s'étaient pas entendu sur le nombre. Cette nouvelle entrevue montre qu'il pouvait y avoir une offre plus "généreuse" que celle de Camp David II.

Ariel Sharon - un des responsables du massacre de Sabra et Chatila lors de l'intervention au Liban en 1982 - est élu premier ministre le 6 février 2001. Il a toujours été un détracteur des accords d'Oslo et montre son intention de ne pas négocier avec les Palestiniens le 5 mars 2002 au Parlement : "Il faut les battre. Nous devons leur infliger des pertes sévères et ils comprendront qu'ils ne peuvent continuer à utiliser la terreur et à réaliser leurs objectifs politiques". Ces principes vont être appliqués : bombardement des camps de réfugiés, destruction d'infrastructures, attaque d'hôpitaux, entrave à la circulation des ambulances et des secouristes, pillages, vols, etc.

Sharon voudrait laisser quelques bantoustans, des bouts de terre où les Palestiniens auraient une autonomie relative. Par ailleurs, l'OLP continu a revendiqué un État indépendant aux frontières des territoires occupés de 1967 avec pour capitale Jérusalem Est, aux côtés de l'État d'Israël. Ce droit est reconnu par la résolution 1397 de l'ONU.

En supplément : Chronologie du conflit israélo-palestinien de 1917 à nos jours

Quatrième de couverture :

Ce livre est né d'une indignation, mais aussi d'une volonté de comprendre, de faire comprendre. En quelques mois, tous les espoirs de paix au Proche-Orient, nés de la poignée de main historique entre Yasser Arafat et Itzhak Rabin en 1993, se sont effondrés. La seconde Intifada a montré les limites des accords signés. En France, cette révolte a suscité des solidarités souvent « communautaires », de la part des juifs comme des Arabes. Faut-il se résigner à ces dérives ? N'existe-t-il pas un discours laïque susceptible de transcender ces divisions ?

L'affrontement israélo-palestinien a une longue histoire : de la naissance du sionisme à la guerre de 1948 et à la création d'Israël, de la résistance des Palestiniens à leur transformation en réfugiés et à la création de l'OLP, de la guerre de 1967 à la paix d'Oslo, mille épisodes dont il est nécessaire de saisir l'enchaînement.

Mais ces indispensables rappels ne peuvent suffire. Il convient de les replacer dans un cadre d'analyse qui leur donne un sens universel. Car pourquoi ce qui vaut pour l'ex-Yougoslavie ou l'Afrique du Sud ne vaut-il pas en Palestine-Israël ? La Terre sainte nous ferait-elle perdre le nord ? Acceptons d'utiliser, pour comprendre cet « Orient compliqué », la boussole de la raison humaine.

Lire le chapitre premier, « Lettre à ma fille ».


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