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[ciné] Source Code : SF astucieuse

Publié le 28 avril 2011 par Vance @Great_Wenceslas

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Source Code

Un film de Duncan Jones (2010), avec Jake Gyllenhaal, Michelle Monaghan & Vera Farmiga.

Genre : thriller SF


Date de sortie en salles : 20/04/2011

Séance de 20h. VF.

 

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Résumé : Colter Stevens, officier de l’armée de l’air des Etats-Unis, en mission en Afghanistan, se réveille à bord d’un train desservant Chicago. En face de son siège, une jolie passagère s’adresse à lui comme si elle le connaissait, pourtant il n’en a aucun souvenir, d’autant qu’elle l’appelle par un autre nom. Perturbé par cette situation, Colter tente de savoir ce qu’il en retourne : il ne sait pas ce qu’il fait là, il ne reconnaît personne, pas même le visage qu’il voit dans le miroir.

Soudain, le train explose. Il se réveille dans une cabine, sanglé dans sa tenue de combat, et une personne sur un écran lui demande de faire un rapport sur sa mission…

Une chronique de Vance

Sorti en même temps que le Tsui Hark, ce film bénéficiait déjà d’un excellent bouche-à-oreilles palmaresque. Ce n’était pas un petit séjour sur la côte qui allait m’empêcher de le visionner ! Une promenade sur la Croisette plus tard, nous nous engouffrions dans une salle qui le programmait.

Le Coin du C.L.A.P. : rien à se mettre sous la dent, en dehors d’un prospectus plutôt bien fait sur les sorties en cours et à venir. La salle était toute petite et, si les sièges étaient confortables et le son plutôt bon, la taille ridicule de l’écran ne justifiait pas le prix de la place, digne des grands multiplexes.

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Source Codeest bon. Parcourez les blogs du Palmarès, vous en serez convaincus. Du sujet à la mise en scène, jusqu’à l’interprétation d’un Gyllenhaal vraiment convaincant, tout concourt à nous faire passer un excellent moment, aussi intense que ludique. Après Inception et l’Agence, on a donc droit à un scénario qui assume sa SFitude (wow, faut que me calme avec les néologismes douteux) boosté par une production généreuse. Duncan Jones, tout auréolé de cette aura particulière de renommée liée à une réussite formelle et critique (Moon, son premier film, s’il n’a pas eu la chance de sortir en salles l’an dernier, a reçu une quantité incroyable d’éloges et a propulsé le fils Bowie au rang de metteur en scène prometteur), a donc eu la possibilité de réaliser une œuvre avec des moyens conséquents et l’appui de nombreux studios canadiens d’effets spéciaux. Evidemment, un tel investissement est toujours lié à des impératifs et la fin du film a tendance à sentir un peu ce genre de concession au grand public qui jure un tantinet avec le reste du métrage ; néanmoins, on soulignera la malice avec laquelle Jones joue avec les codes du genre, sans chercher à les révolutionner ni à s’autosatisfaire avec une originalité mal négociée. Ainsi, pas de ces twists souvent artificiels qui n’ont d’autre valeur qu’insérer le doute chez un spectateur blasé : la conclusion, comme le déroulement du film, résulte d’une progression logique, amenée avec un savoir-faire évident. Tout amateur de film d’anticipation y trouvera son compte en reconnaissant des références à peine voilées (si le schéma est similaire à celui d’Un jour sans fin,  on peut trouver des relents de Matrix et de Brazil dans la manière dont le héros est traité), d’autant que Duncan Jones se joue à merveille des pièges posés par les espaces confinés et la trame temporelle, pourtant serrée. Certes, il y a des explosions massives, mais le réalisateur ne les place pas au centre du récit. Certes, Stevens a un temps très limité pour mener à bien son investigation (il doit retrouver dans ce laps de temps l’auteur de l’attentat mortel avant que ce dernier n’en commette un autre, bien plus dévastateur), mais la gestion maligne de ces intervalles permet de ne pas sombrer dans la répétition. D’autant que, tout à côté de l’enquête s’insère un autre questionnement, une autre énigme, plus insidieuse, plus sombre, où le sens du devoir se retrouve soudain montré confronté à la morale.

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Ces questionnements éthiques, s’ils germent avec une déconcertante facilité chaque fois que Colter hésite à rentrer dans le système, ne viennent cependant jamais interférer avec un déroulement somme toute prévisible. Le finale peut également poser problème, non qu’il faille absolument proposer des conclusions sordides à ce genre de films, mais c’est son traitement qui ne paraît pas coller à l’ambiance du reste de l’œuvre. Cela dit, il permet à la comédienne Vera Farmiga de proposer un numéro très intéressant (sans doute le jeu d’acteur le plus subtil du casting : pas facile de s’exprimer quand on passe la plupart du temps sur un petit écran). Gyllenhaal, quant à lui, fait ce qu’on lui demande, offrant une palette assez étendue d’expressions, bien qu’il ne semble pas toujours complètement impliqué (sensation particulière, on le sent un peu sur la retenue, comme s’il hésitait à s’investir). La jolie Michelle Monaghan apparaît du coup très pâle à ses côtés, mais cela permet de  ne pas sombrer dans la romance mielleuse à la manière de l’Agence.

Un bon film, donc, astucieux dans son sujet, intelligent dans son traitement : nul doute que son metteur en scène continuera à faire parler de lui.

Ma note : 4/5

Note moyenne au Palmarès : 3,57/5 pour 13 votes.


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