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Visite au Château Guadet - Grand Cru Classé de Saint Emilion - Partie 3 : La dégustation

Par Daniel Sériot

Les lecteurs anglophones pourront lire les chroniques du blog en anglais, avec 72 heures de décalage, ici ( http://www.webflakes.com/diary-of-a-lover-of-the-right-bank.html)

La dégustation

Plusieurs millésimes nous sont proposés à la dégustation, nous débutons par un vin du millésime 2001, qui a été présenté, à l’aveugle, lors d’une session du Grand Jury Européen, consacrée au millésime 2001 à Bordeaux.

guadet vignes et chateau neuf du pape 009
Guadet + foreau et guiraud 1990 011

Millésime 2001 (bouteille)

La robe est très soutenue, de couleur carmin, très légèrement évoluée au bord du verre, le nez frais et expressif évoque les prunes, les cerises, les fleurs (roses), nuancées de notes légèrement épicées et truffées. La bouche est longiligne, avec des tannins fins polis par la garde, délicatement charnue dans un centre au corps fusiforme, rehaussé de fruits d’une bonne intensité. La finale est élancée, fraîche, élégante avec des tannins un rien plus fermes, fruitée, florale et finement épicée. Noté 15,5

Guadet + foreau et guiraud 1990 025
Guadet + foreau et guiraud 1990 020

Guadet + foreau et guiraud 1990 030
Guadet + foreau et guiraud 1990 031

 

Millésime 2003 (demi-bouteille)

La robe est assez profonde, de couleur sanguine, l’olfaction est nette et avenante,  avec des arômes de boîte à épices (cannelle et gingembre dominants ) suivis, à l’aération par des parfums de cerises, de prunes bien mûres, et des notes de truffes noires. La bouche est très veloutée, avec des tannins fins et mûrs, habillés par une chair serrée,  le milieu de bouche est plein dans une construction allongée, avec des fruits plus intenses qu’à l’olfaction.
La finale est très persistante, harmonieuse (très bonne fraîcheur), bien dessinée, pulpeuse, avec des fruits d’une bonne intensité ( cerise dominante) et des épices variés. Noté 16

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 Millésime 2007 ( bouteille)

La robe, d’une bonne profondeur, offre une teinte sanguine, le nez est frais et d’une bonne intensité, avec des arômes de cerises, de fleurs, et de légères épices. L’attaque est élégante et veloutée, des tannins fins et mûrs enrobés d’une chair délicate se trament en donnant un corps svelte dans un centre fruité. La finale est élancée, persistante, fraîche avec des tannins un peu plus fermes, fruitée, florale, et saline. Noté 15,5. Un vin qui peut commencer à se boire maintenant

Millésime 2008 (demi-bouteille)

La robe, de couleur violine, est assez profonde, des arômes de cerises, de mûres, de fleurs (roses et violettes) nuancées d’épices douces soulignent une olfaction avenante et ouverte. La bouche est allongée, avec des tannins fins et mûrs, le centre est plein, d’une bonne densité et charnu, agrémenté de fruits expressifs. La finale est étirée, d’une bonne douceur tactile, fraîche, fine dans son grain tannique, soulignée par des fruits frais et mûrs, et des notes florales et salines. Noté 16, une excellente bouteille en devenir

 

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Millésime 2010 (bouteille)

La robe est profonde, de couleur violine, le nez, intense et séduisant, évoque la timbale de fruits noirs (cerises, mûres et cassis), la boîte à épices douces, avec des notes de violettes, et de réglisse. L’attaque est riche, le vin se développe, avec des tannins fins et finement texturés donnant un corps dense, fusiforme, charnu, avec une amplitude qui n’a pas été observée dans les autres millésimes. La finale est longue, harmonieuse, richement dotée, d’une bonne fraîcheur, fruitée, épicée et réglissée. Note potentielle 16,5/17. Une réussite majeure pour la propriété.

 

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Conclusion

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La qualité des vins s’est élevée avec le travail méticuleux et précis réalisé à partir de  2005, sans s’éloigner de la conception qu’ a Guy-Petrus Lignac des vins qu’il veut produire ; à savoir, des vins fins et élégants, construits sur la longueur plus que sur la largeur et sur la sphéricité, ce qui exigerait des extractions plus fortes. Une idée - une conception du vin - en adéquation avec la nature du terroir et du sous-sol (calcaire) qui favorise des structures allongées, avec des fruits frais et expressifs et des tannins mûrs à grain fin, résultant d’une bonne maturité des jus, peaux et pépins. Ce sont des vins un peu moins séducteurs, dans leur jeunesse, que les vins issus de Merlot sur argile, mais dotés d’un excellent potentiel de garde, sensuels, frais et complexes, après un bon vieillissement sous verre.


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