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[Critique] AWAY WE GO

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] AWAY WE GO

Titre Original : Away We Go

Note:

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Origines : États-Unis/Angleterre
Réalisateur : Sam Mendes
Distribution : John Krasinski, Maya Rudolph, Carmen Ejogo, Catherine O’Hara, Jeff Daniels, Allison Janney, Maggie Gyllenhaal, Josh Hamilton, Melanie Lynskey, Chris Messina, Paul Schneider…
Genre : Comédie/Drame
Date de sortie : 4 Novembre 2009

Le Pitch :
Burt et Verona attendent un heureux évènement. Lors d’un repas de famille avec les parents de Burt, ils apprennent que ces derniers, des seniors qui ont des envies d’ailleurs, partent pour deux ans à Anvers, un mois avant la naissance du bébé. Par ailleurs, leur maison ayant déjà été louée, ils ne pourront pas la prêter au jeune couple. Vivant dans un taudis, ils décident de partir eux aussi à travers les États-Unis (ainsi qu’au Québec) à la recherche d’un nid douillet où élever leur enfant. Un périple à la rencontre de familles totalement différentes, qui soudera encore plus leur couple…

La Critique :
Sam Mendes est un génie (voilà c’est dit. Bon ça fait un peu bref comme chronique, alors je vais développer). Un génie qui nous a montré depuis ses débuts un sens de la photo peu commun. Pour ses débuts, dans American Beauty, il jouait sur les différentes significations de la couleur rouge, couleur à la fois sombre et sexuelle. Rouge passion et rouge sang mêlés, un jeu sur cette couleur qu’on retrouvera notamment dans les scènes cultes des fantasmes de Kevin Spacey, avec une Mena Suvari lascive baignant dans des pétales de roses rouges. Dans Les Sentiers de la Perdition, la couleur sombre prédominante rendait hommage aux classiques du film noir. Dans Jarhead, la photo soulignait les horreurs de la guerre. Dans Les Noces Rebelles, il ressuscitait et sublimait le couple légendaire Leonardo Di Caprio/Kate Winslet (que j’ai largement préféré à celui de Titanic) et les figeait dans une Amérique des années 50, avec un très jeu sur les éclairages, les décors dans un contexte que seule la série Mad Men arrivera à décrire aussi bien. Pour Away We Go, la photo et la musique sont étroitement liées pour un film aux couleurs automnales, les couleurs renforçant l’impression de délicatesse qui s’en dégage. D’une sensibilité à fleur de peau, Away We Go montre le passage délicat de l’insouciance d’un couple qui laisse place au stress prénatal, la volonté de bien faire pour la santé du fœtus mais aussi, pour le personnage du parfois maladroit Burt, que la grossesse de sa compagne se passe dans de bonnes conditions. Au passage, messieurs, évitez de balancer à votre compagne ce qu’il lui dit parfois, pensant la rassurer. Au gré des rencontres, le doute s’installera dans la tête des deux tourtereaux, mais ce doute renforcera paradoxalement la solidarité dans leur couple. Des rencontres qui permettront au spectateur de voyager dans des endroits totalement différents l’un de l’autre, passant de la chaleur quasi étouffante de Phoenix à la douceur de la ville de Montréal.

L’ambiance de Away We Go est magnifiée par la musique folk d’Alexi Murdoch, tirée des très beaux albums (que je recommande chaudement d’ailleurs) Time Without Consequence et Towards The Sun. Une bande son complétée par des chansons de George Harrison, Bob Dylan et The Velvet Underground. Une musique très bien choisie, avec des chansons qui tombent à propos pour souligner des émotions, des moments clés, comme O Sweet Nothing du Velvet, qui renforce les sentiments de doute et d’abattement d’une autre mère qui vient de vivre une tragédie.

Comme dans la plupart de ses films, Sam Mendes s’appuie pour Away We Go sur un casting très solide. John Krasinski et Maya Rudolph se complètent très bien, l’un, très drôle dans le rôle d’un doux rêveur parfois maladroit, l’autre renforcée par la triste épreuve qu’elle a connu dans le passé, rassurante, une épaule pour son conjoint dans les moments de doutes. Les seconds rôles font une apparition assez courte mais marquante, comme les revenants Jeff Daniels et Catherine O’Hara dans le rôle de parents un tantinet égoïstes à la recherche d’une seconde jeunesse mais qui, finalement, seront l’impulsion de ce voyage. Il y aussi Allison Janney dans le rôle d’une mère vulgaire et cassante, à l’exact opposé de son rôle précédent dans Juno, et Maggie Gyllenhaal et Josh Hamilton dans celui de parents néo-hippies profondément irritants et condescendants. Mention spéciale à la belle Melanie Lynskey, (une actrice qui monte en flèche depuis son rôle récurrent de l’inquiétante Rose dans la série Mon Oncle Charlie), ici très touchante aux côtés de Chris Messina, dans le rôle de parents débordants d’amour et très créatifs. Tous permettent à Burt et Verona de se situer dans l’éducation qu’ils donneront et leur destination de choix.

Touchant, d’une sensibilité à fleur peau, porté par une très belle interprétation, une photo magnifique et une musique particulièrement émouvante, Away We Go est un de ces films très doux qu’on va regarder pour se caler, seul ou en amoureux, en sirotant un bon thé ou un chocolat chaud. On a les larmes aux yeux, on rit, on voyage, on en ressort plein d’amour et d’optimisme. Je recommande particulièrement ce chef-d’œuvre aux futurs parents, qui en seront que plus détendus avant d’aborder les échéances à venir.

@ Nicolas Cambon

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Crédits photos : Mars Distribution

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