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Vin & Santé avec Laure Gasparotto

Par Mauss

Avec le sujet des "bio" et autres, le vin et la santé font partie des discussions les plus vives de la galaxie web.

Pas une semaine sans que sorte une nouvelle étude du Dr Tartenpion ou Zapristein sur tel ou tel phénomène liant la consommation du vin à tel état clinique.

L'amateur tendance Jean Carmet - chez qui l'attentif aura remarqué un continuum certain entre absorption de grands beaujolais et extension d'une intelligence rare - restera placide devant cette agitation et comme il bénéficie d'une longue expérience personnelle sur ses capacités d'absorption et les réactions induites de sa propre chair, il saura modérer les diktats, les interdits, les suspicions qu'on cherche à lui imposer selon le grand principe du XXIème siècle, à savoir que nous sommes tous bêtes et que seule une élite administrative en costume trois pièces est capable de diriger nos vies.

Punir plutôt qu'éduquer : le principe le plus crétin de nos gouvernants.

Mais en sus des rebelles que nous sommes, on trouve ici et là quelques plumes qui n'ont pas nos excès d'écriture, sont bien plus sages et travaillent leur argumentaire avec soin, exemples à l'appui.

On mettre dans cette catégorie Laure Gasparotto, journaliste au Monde, qui vient de publier chez Flammarion un livre au titre explicite :

"Boire sans grossir, sans excès… et sans nuire à sa santé".

Mes intimes savent quel est mon respect pour les personnes réunissant trois caractéristiques singulières : journaliste, parisien, secteur vin. D'habitude, c'est bérézina ou mers el kébir. On ne se refait pas.

J'avoue qu'avec cette dame Laure, on lit son opus avec intérêt tant on sent le combat intime qu'elle mène pour écrire une passion bacchusienne quasi avouée et un haut respect des plus hautes autorités de diverses facultés qui basent leurs jugements et avis sur des faits qu'ils disent incontournables.

On apprend ainsi des tas de petites choses. On savait qu'en Espagne le vin était dans la catégorie "aliment" et non "boisson", que le champagne est moins calorique que le vin rouge (page 60), qu'il faut être aventurier dans les alliances "mets-vins" (un long chapitre à ce sujet en dialogue avec Philippe Faure-Brac), que le vin peut contenir des tas de petites choses, chimiques ou non (page 137 : prendre une loupe pour ne rien manquer).

Mais qui savait (page 81) qu'il y a un lien entre le groupe sanguin et la digestibilité du vin (où j'apprends que bibi étant du groupe O, je suis au top du top côté digestibilité !!!) ? 

Et puis ces trois règles du savoir-boire :

- quand je bois, je mange en même temps

- je bois pour mon plaisir

- je bois avec mesure

Vrai que du temps de nos cantonniers dans les campagnes, du temps René Coty, De Gaulle et Pompidou, ces laborieux "bretelles et ceinture" bénéficiaient pour soutenir leur lourd travail physique, d'une allocation sérieuse de gros rouge.

Diversion : moi qui ai fait les trois huits à la SNCF, je peux vous dire que des petits déjs à 5h du mat, au blanc sec, j'ai connu ! C'était du brutal… du temps des grandes heures… :-(

Vrai que boire sans plaisir c'est signe prioritaire d'un vin quelconque, d'une rupture sentimentale, d'un besoin de gommer un échec quelconque.

Vrai que plus on fréquente les beautés de nos vignobles, plus on le fait avec mesure, quand bien même cette notion peut avoir parfois d'élégantes élasticités sinusoïdales auxquelles on peut adhérer avec une facilité déconcertante.

Bon : vous voyez le style de ce livre : une base de sagesse qui sous-tend un ensemble d'avis bien écrits et clairement explicités.

La partie la plus intéressante cependant est celle où Laure Gasparotto présente les domaines, les producteurs qu'elle aime bien et qui lui ont appris quelque chose. D'Agathe Bursin au Château La Conseillante, en passant par Selosse, Domaine de l'A et autres redoutables Lalou Bise-Leroy , que des noms qu'on respecte et qui font partie du gotha français de nos vignobles hexagonaux.

Laure Gasparotto profite de ces présentations pour évoquer les méthodes de culture, les principes de vinifications, les bases qui constituent pour chacun de ces grands noms leurs principes de travail. On apprend bien et juste.

Pour € 17, en sachant lire en fonction de vos propres vues des choses, vous aurez là quelques belles bases pour entamer des discussions intelligentes lors d'agapes que nous vous souhaitons régulières, joyeuses, rapicotantes et surtout accompagnées de crus de noble origine : Marionnet, Burgaud, Bouland, Belluard, Dönnhoff, Wassmer, Voerzio, Pischler, De la Guiche et autres Dubosq ou Te Mata.

Et comme dirait Nicolas, cherchez ce livre chez votre libraire plutôt que sur un site marchand, sinon il va encore me houspiller !


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