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La sélection de la semaine : Les royaumes du Nord, L’intégrale Buck Danny, La vraie vie d’Agatha Christie, Plus fort que la haine, Zia Flora, L’or, Mongo est un troll, Ghetto brothers, Odyxes, L’héritage de Deathstroke, Lulu, Naruto, Les dinosaures en ...

Par Casedepart @_NicolasAlbert

374304folletbressonPour ce  samedi 20 septembre, Case Départ vous ouvre sa bibliothèque remplie de bandes dessinées. Parmi les albums passés au crible, il y a quelques perles : L’adaptation très réussié de la trilogie A la croisée des mondes : Les royaumes du nord, le tome 10 de l’intégrale de Buck Danny, une biographie dessinée d’Agatha Christie, Plus fort que la haine : l’ultime album de René Follet sur les ségrégations dans les Etats-Unis des années 30, un beau roman graphique sur la déchéance d’un homme à la recherche de son passé : Zia Flora, le premier tome de la nouvelle série de Stéphane Piatzszek : L’or, Mongo est un troll : un formidable album d’heroïc-fantasy signé Squarzoni, Ghetto brothers : une biographie de l’un des fondateurs de gang du Bronx, le premier volume de la saga d’aventures fantastique : Odyxes, L’héritage du Deathstroke : un recueil d’histoires sur l’exterminateur des éditions DC, les deux premiers albums de la série jeunesse Lulu, le 64e volume du manga à succès Naruto, le quatrième tome de la série pour enfants Les dinosaures en BD et Degenerate housewives : un album pour adultes. Bonnes lectures.

Les royaumes du Nord

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Stéphane Melchoir-Durand et Clément Oubrerie adaptent le premier volume d’A la croisée des mondes, la trilogie fantastique de Philip Pullman. Intitulée Les royaumes du Nord, cette formidable saga d’aventures met en en scène l’histoire de Lyra, une petite fille recevant un Aléthiomètre, drôle d’objet magique.

Jordan College, Oxford. Dans la bibliothèque de l’établissement, Lyra, la nièce de Lord Asriel, se cache pour observer son oncle. Avant que celui-ci arrive dans la pièce, elle découvre que Le maître, directeur du collège, verse du poison dans la carafe de vin.

Dans sa cachette, elle discute avec Pan, son daemon, son alter ego animal et doué de parole. Si le sien à l’apparence d’un furet, tous les hommes en sont dotés, sont différents et sont indissociables : ce que l’un ressent, l’autre le ressent aussi. Asriel, par exemple, possède un très beau tigre blanc.

L’homme est un grand explorateur et revient juste des Royaumes du Nord. Alors qu’il porte son verre à sa bouche, Lyra intervient et l’en empêche. Etonné par sa perspicacité, il lui demande de retourner dans sa cachette et d’observer le Conseil du collège. Pendant la réunion, il détaille son expédition à ses collègues : il a découvert une chose singulière appelée La poussière, qui permet de passer dans un autre monde, grâce à une série de photogrammes mettant en scène le Professeur Grumman. Mais il n’en sait pas plus, puisque le scientifique a été décapité par les Panserbjornes.

Après le Conseil, Lord Asriel décide de repartir vers le Nord à la recherche d’indices concernant le professeur et La poussière ; mais il interdit à Lyra de l’accompagner. Il la confie alors à Madame Coulter, une grande aristocrate sans enfant, assez dure avec elle. Mais le plus étrange est l’attitude du Maître, qui avait essayé d’empoisonner son oncle, qui lui donne un objet magique à trois aiguilles, l’Aléthiomètre…

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Adapter A la croisée des mondes en album, un succès éditorial, n’est pas chose aisée, comme le confirme l’échec du roman en film. Mais c’était sans compter sur un duo d’auteurs talentueux que sont Stéphane Melchior-Durand et Clément Oubrerie. Le dessinateur, qui voulait s’éloigner des univers de ses derniers albums, fut enchanté à la lecture de la trilogie fantasy. Tout comme le scénariste qui a découvert les livres édités par Gallimard. Mais il fallait encore l’autorisation de Philipp Pullman, qui avait apprécié l’adaptation de Zazie dans le métro par Oubrerie. Ce fut chose faite après la vision de quelques dessins de recherches que l’auteur anglais francophone donna son aval. D’ailleurs, ce dernier fut enthousiaste lorsqu’il reçu le premier album. Le récit de Melchior-Durand est formidable, solide et teinté de mystères. L’adaptation du best-seller est parfaitement maîtrisé et pour ce premier volume, la mise en place de l’intrigue et des personnages est agréable à la lecture. Il faut dire que cet univers riche est idéal pour donner une belle épopée : les personnages sont bien campés, l’idée d’un alter ego animal (le daemon) est originale, intéressante et offre de grandes possibilités scénaristiques. Lyra, fouineuse et au premier abord pas des plus sympathiques, va se révéler moins naïve et plus agréable au fil des pages. Son envie d’aventures la poussera dans ses retranchements. Le dessin de l’auteur de Aya de Yopougon est vif et d’une grande fraîcheur. Son découpage dynamise admirablement cette belle aventure.

Et encore, nous ne sommes pas encore dans Les royaumes du Nord ! D’où un album accrocheur qui laisse planer le suspens et d’une très grande efficacité. Beau moment de lecture-plaisir. Un bel album familial, une grande réussite !

  • Les royaumes du Nord, tome 1/3
  • Auteurs : Stéphane Melchior-Durand et Clément Oubrerie
  • Editeur: Gallimard
  • Prix: 17.80€
  • Sortie: 11 septembre 2014

Buck Danny, l’intégrale n°10

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Les éditions Dupuis poursuivent leur travail de rééditions de leurs œuvres patrimoniales. Après Câline et Calebasse (de Mazel et Cauvin), elles publient le dixième tome de Buck Danny, en intégrale. Réunissant les histoires Alerte atomique, L’escadrille de la mort, Les anges bleus et Le pilote au masque de cuir, toutes signées Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon.

Les aventures de Buck Danny ont été créées en 1947, dans les pages de l’hebdomadaire Spirou par un trio d’auteurs : Georges Troisfontaines, Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon. Les japs attaquent, le premier tome fut édité l’année suivante. Les histoires proposent sur la vie quotidienne mais aussi les combats aériens de trois pilotes : Buck Danny, Sonny Tuckson et Jerry Tembler.

Buck s’engage dans l’US Navy (aviation américaine) après l’attaque de Pearl Harbour et donc le début de la Guerre du Pacifique. Après le Midway, il est muté dans l’escadrille des Tigres Volants, commandée par Claire Lee Chennault. C’est là qu’il fera la connaissance de Sonny et Jerry, qui deviendront ses amis. C’est lors d’une mission en Alaska que les trois pilotes croiseront la route de Lady X, une espionne free-lance de haut-vol et qui s’imposera comme leur meilleure ennemie.

Buck Danny représente le combattant ultime, ardent défenseur de son pays et de la bannière étoilée. Grand blond musclé (son modèle est Troisfontaines) c’est un excellent pilote, héroïque, réflédhi et qui n’hésite pas à se sacrifier pour ses amis.

Sonny Tuckson est le faire-valoir comique de la série. Petit, roux, braillard, gourmand, gaffeur et affublé de nombreuses conquêtes féminines pas très futées. Il est néanmoins excellent pilote.

Jerry Tumbler, prudent, méfiant et réfléchi, il est le bras droit de Buck. Son alter ego brun, il est néanmoins beaucoup plus effacé que le héros.

Dans cette intégrale, le lecteur pourra retrouver les albums classiques suivants :

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- L’alerte atomique (1967). Une énorme tornade s’abat soudainement sur la mer des Caraïbes alors que se déroulent de grandes manœuvres aéronavales américaines. Tentant de s’échapper pour rejoindre le Panama, un bombardier s’écrase au sol –porteur d’une bombe atomique tactique- dans la jungle du Mantegua, en Amérique du Sud. Panique générale dans les plus hautes sphères des Etats-Unis… surtout que l’engin nucléaire –non explosé- a été récupéré par des soldats du général Diaz.

- L’escadrille de la mort (1968). Attaqué par la chasse manteguayenne, l’avion de Buck a échappé à un sort funeste grâce à la virtuosité de notre ami. Le colonel Peralta présente bientôt les pilotes recrutés au général Diaz qui expose bientôt son plan : faire sauter Tolusco, nid d’aigle qui sert de base au QG du président Gutteriez, en utilisant la bombe atomique tactique trouvée…

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- Les anges bleus (1970). De grandes fêtes aériennes vont se dérouler à Karashi, pour le 15ème anniversaire de la Pakistan Air Force. Les principales armées de l’air du monde envoient leurs « teams » acrobatiques nationaux… non sans arrière-pensée : le pays dont les pilotes se montreront les meilleurs décrochera quasi sûrement un important marché de fourniture de matériel aéronautique. Sur place, on reconnaît deux des plus fameux pilotes de la Patrouille de France : Tanguy et Laverdure. Les Russes eux, chose rare, sont représentés par une redoutable équipe féminine. Les USA ont envoyé les « Blue Angels », menés par Buck Danny.

- Le pilote au masque de cuir (1971). Pakistan. De grandes fêtes aériennes se déroulent à Karashi. Les principales armées de l’air ont envoyé leurs équipes acrobatiques. Le pays dont le team aura réalisé le meilleur show pourra décrocher un énorme marché aéronautique. Mais un puissant groupe industriel qui possède déjà une partie du marché voit là l’arrivée de pertes financières immenses. La solution est de saboter avions soviétiques et américains. Le groupe fait appel à Lady X, l’ennemi juré de Buck Danny, qui est rapidement passée à l’action.

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Pour cette intégrale, l’actualité mondiale est la toile de fond des deux premiers albums. Dans les années 60, l’une des préoccupations des blocs est-ouest est la bombe atomique. La deuxième partie de cette dixième intégrale fait la part belle aux personnages à Karachi et notamment Lady X, transformée à la suite d’opérations de chirurgie esthétique.

Pour introduire ce recueil d’histoires, Patrick Gaumer propose un appareil critique où le lecteur trouvera : des publicités, des couvertures et des illustrations, ainsi que la mise en perspective des quatre albums présentés ici.

  • Buck Danny, l’intégrale n°10
  • Auteurs : Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon. Le dossier est signé Patrick Gaumer
  • Editeur: Dargaud
  • Prix: 24€
  • Sortie: 5 septembre 2014

Agatha,

la vraie vie d’Agatha Christie

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Il n’est jamais facile d’adapter la vie de personnalités en bande dessinée. La biographie dessinée n’est donc pas un style aisé. Pourtant, Anne Martinetti, Guillaume Lebeau et Alexandre Franc en livrent une très réussie : Agatha, la vraie vie d’Agatha Christie, mettant en scène la vie de la célèbre romancière de polars de sa naissance à sa mort.

Londres, 7 décembre 1926. Un scandale bouleverse la capitale britannique : Agatha Christie a disparu. Les journaux relaient la nouvelle tandis que Archibald, son mari est interrogé par la police. Quelques jours auparavant, la romancière avait établi le plan de son propre enlèvement afin d’être plus tranquille. De plus avec son mari, la vie était de moins en moins rose, ayant une maîtresse et ils avaient même divorcé. Enfin, ce stratagème permettait aussi de promouvoir son nouveau livre.

Seule dans un hôtel de Harrogate, elle pouvait se souvenir de son enfance très joyeuse. Née le 15 septembre 1890, du couple Frederic, courtier et Clarisse, mère au foyer. Ils ont eu 3 enfants : Margaret, Louis et la future écrivain. Alors qu’elle a une dizaine d’années, elle commence la lecture des romans de Sherlock Holmes de Conan Doyle et qui lui donneront envie d’écrire. C’est à partir de 1908 qu’elle écrit son tout premier roman : La maison de beauté, qui ne sera pas publié de suite.

En 1912, elle rencontre Archibald, lieutenant de la Royal Field Artillery, qu’elle épouse deux années plus tard. Les débuts du couple est passionné. Malgré la Première Guerre Mondiale, l’amour est toujours au rendez-vous. Lui, au front, elle, écrit son premier polar (La mystérieuse affaire de Styles) et devient même assistante en pharmacie. Elle partage sa vie entre les blessés de guerre et l’écriture. Rosalind, leur fille, naîtra en 1919 et ils effectueront un tour du monde en 1922. Dans ce temps béni, le premier roman noir où intervient pour la première fois Hercule Poirot, est édité en 1920…

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Entre 1890 et 1976, la vie d’Agatha Christie est un véritable roman : entre les polars, les pièces de théâtre et les adaptations de ses romans en film, elle devient la plus grande écrivain britannique du vingtième siècle ; véritable star de l’édition. A cela il faut ajouter, sa fille, son divorce d’avec Archibald ou son nouveau mariage avec Max Mollowan, sa vie n’est pas un long fleuve tranquille. Romancière moderne, elle voyage, elle apprend ; c’est une femme libre, une figure du féminisme, une première pour l’époque. Le récit de Anne Martinetti et Guillaume Lebeau est rythmé et plein de rebondissements comme la vie de la romancière. On découvre alors que Agatha est une véritable héroïne de roman. Le lecteur ressent d’ailleurs que le duo de scénaristes est spécialiste de la littérature noire. Le parti-pris narratif est intéressant, c’est-à-dire la rencontre de l’écrivain et de ses personnages. Ils rythment sa vie, elle parle avec eux. Bien amené, elle discourt tout au long de l’album, avec Hercule Poirot, son détective fétiche, caution humoristique de l’histoire, comme une sorte de confident. On découvre aussi Miss Marple ou encore Tommy & Tuppence. Tout se mêle, sa vie, ses œuvres ou ses personnages dans ce album très bien écrit. Le trait naïf et élégant d’Alexandre Franc rend parfaitement l’ambiance joyeuse de la vie de la romancière, mais aussi celle des années folles.

Agatha, la vraie vie d’Agatha Christie : une véritable réussite pour cette biographie de la plus grande romancière de polars. Une agréable moment de lecture-plaisir, rocambolesque, enthousiasmant, charmant et léger. Une belle surprise pour cette rentrée littéraire.

  • Agatha, la vraie vie d’Agatha Christie
  • Auteurs : Anne Martinetti, Guillaume Lebeau et Alexandre Franc
  • Editeur: Marabout, collection Marabulles
  • Prix: 17.90€
  • Sortie: 01 septembre 2014

Plus fort que la haine

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Dans les Etats-Unis des années 30, Doug Winston, va passer outre les effusions de sang du Ku Klux Klan et devenir l’un des boxers noirs américains des plus talentueux. Pascal Bresson, accompagné par René Follet, proposent une plongée vertigineuse dans cette Amérique ségrégationniste à travers le très bel album Plus fort que la haine.

Lousiane, 1933. La terreur règne dans le Sud des Etats-Unis : le Ku Klux Klan, groupuscule suprémaciste et raciste tue de nombreux habitants noirs de cet état. Vêtus du fameux habit blanc surmonté d’une croix, ils n’ont guère digérés la Guerre de Sécession et la volonté des états du Nord de rendre leur liberté aux esclaves noirs. Cachés sous leur uniforme, ils ne peuvent ni être repérés ni inquiétés.

Kenwood n’échappe pas à la règle. Cette petite bourgade est le théâtre de meurtres atroces de la part de l’organisation xénophobe. Dans la ville, le plus gros employeur est Sanders & Co, une scierie. La majorité des ouvriers sont des descendants d’esclaves. Mal payés, maltraités, ils travaillent sans relâche presque tous les jours mais ils ne peuvent pas se plaindre. Leur seul moyen d’expression : la musique et plus particulièrement le blues.

Parmi ces travailleurs, il a Doug Winston, véritable force de la nature, qui ne rechigne jamais et aide même les autres employés en les délestant de quelques planches. Son père travaille aussi dans la scierie. Leur vie quotidienne est rythmée par le travail et les assassinats sanglants du Ku Klux Klan.

Un soir, Doug part chez Greg, un vieil homme chez lequel il effectue de menus travaux fermiers. Ancien boxeur professionnel, il perçoit tout le potentiel physique du jeune noir et lui propose d’aller à la Nouvelle-Orléans dans son ancienne salle de combat. Doug commence alors son apprentissage et s’avère être un excellent technicien…

plus fort
Le récit sombre de Pascal Bresson est poignant. En choisissant de nous parler de Doug, il nous livre un portrait saisissant des Etats-Unis des années 30 et met en lumière, la ségrégation dont sont victimes les noirs américains. Troublante et choc, l’histoire peut s’avérer dure, notamment lors des descentes meurtriers du Ku Klux Klan. Cachés derrière leur uniforme de la mort, des notables blancs de la ville (shérif, juge…) font régner la terreur dans les rangs de la population. D’ailleurs, ils sont couverts par les policiers qui ne prennent jamais les témoignages des victimes. A travers la vie de Doug Winston, il livre un album fort, de belle facture et pourtant très positif. Le destin de cet homme voué à rester un ouvrier toute sa vie, sera bouleversé par son amour pour la boxe. Jeune garçon poli et attentif aux autres, il va découvrir aussi le sentiment de haine qui lui était jusqu’alors étranger. Si le scénario fort mais optimiste dans son approche permet au lecteur de passer un excellent moment, la partie graphique a aussi sa part dans cette réussite. Le trait en noir et blanc de René Follet est somptueux. Délicat, il dégage une grande puissance grâce aux cadrages et à la mise en scène des planches. L’auteur talentueux de 83 ans livre
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de nouveau une très belle partition. Méconnu du grand public, il mérite toute l’attention et toute l’admiration pour l’ensemble de son œuvre (Les belles histoires de l’Oncle Paul, Les zingari, Jean Valhardi, Bob Morane, Shelena, L’étoile du soldat ou Stevenson le pirate intérieur…). Plus fort que la haine sera d’ailleurs son dernier album et il termine sur une excellente note. Une retraite bien méritée.

  • Plus fort que la haine
  • Auteurs : Pascal Bresson et René Follet
  • Editeur: Glénat
  • Prix: 14.50€
  • Sortie: 10 septembre 2014

Zia Flora

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Zia Flora est un très bel album adapté du roman La lettre de Flora, de Fred Paronuzzi, qui signe lui même le scénario de cette adaptation. Pour la mettre en image, il a fait appel à Vincent Djinda.

Alors que Sabine, sa femme et Léa, sa fille ont déjà quitté la maison, Mattéo se réveille délicatement. Il reçoit une lettre dans laquelle il apprend que Zia, sa tante préférée va bientôt mourir. Ce message écrit par l’un de ses oncles italiens, explique que la sœur de sa mère est en fin de vie dans un hôpital d’Asiago.

Alcoolique et très aigri, l’homme est chauffeur de bus en région parisienne. Un jour au volant du car, un caïd du quartier le menace et lui demande de lui donner l’argent de la recette. Très bon boxeur, il essaie de se défendre mais l’homme lui assène un violent coup de pied dans son genou gauche. Brisé, il le sera dans sa vie comme dans sa carrière sportive. Ce malheureux événement, l’éloigne aussi de sa femme et de sa jeune fille, sombrant dans l’alcool.

Pour revivre, pour se souvenir, il décide alors d’effectuer le voyage vers l’Italie. Ce retour au pays lui permet de faire le point sur sa vie, entre cette tante aimante avec qui il a partagé de maigres souvenirs mais toujours joyeux, mais aussi une plongée dans son enfance. Entre son père très dur avec lui et une mère pas assez protectrice lors de ses accrochages paternels. Lui ne comprend pas trop ces comportements à son encontre…

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Le récit sobre et délicat de Fred Paronuzzi est très touchant. Ce beau roman graphique mêle habilement la lente descente aux enfers d’un homme qui avait pourtant tout pour trouver le bonheur auprès de sa femme et sa fille. Il met en perspective la vie si douloureuse de cet homme, son enfance pas si heureuse que cela, son amour de la boxe et son agression. Le lecteur hésite entre l’empathie pour Mattéo et le rejet pour ce personnage si peu sympathique. En effet, disant et froid, on ne peut pas éprouver de sympathie pour lui. Les flash-back sont relativement bien amenés, plutôt justes. Son enfance est délicate, entre un père trop distant et dur, une mère qui ne le défend pas lorsque son père s’acharne sur lui et Zia, une tante très aimante et qu’il n’a vu que trop peu. On se doute alors ce que renferme ce secret trop lourd. Ce schéma narratif n’est donc pas si original que cela. Reste néanmoins un scénario habile, bien écrit et fluide. On pressent d’ailleurs que ce voyage initiatique sera presque une renaissance pour lui. La belle réussite de cet album réside dans le dessin. Le trait singulier de Vincent Djinda est très délicat et sensible. Malgré quelques erreurs dans le traitement graphique, l’ensemble est très agréable à l’œil.

  • Zia Flora
  • Auteurs : Fred Paronuzzi et Vincent Djinda
  • Editeur: Sarbacane
  • Prix: 23.50€
  • Sortie: 03 septembre 2014

L’or

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Issaïas ou le colibri est le premier volume de la nouvelle série de Stéphane Piatzszek, L’or, mettant en scène des chercheurs d’or en Guyane. Pour la partie graphique, il a fait appel à Frédéric Bihel.

Guyane française, le long du fleuve Maroni, en 2000. Maripasoula est le dernier village avant le Surinam où l’on peut croiser de nombreux chercheurs d’or et des trafiquants en tout genre. Dans le petit avion se trouvent Issaïas et son oncle Mariano, deux brésiliens en quête d’un travail autour du métal précieux. De suite, ils croisent le chemin des hommes-de-main de Lucy, la fille du Gran Man, un chef de village boni. Cette jeune femme est la patronne d’une exploitation d’orpaillage.

Dans un premier temps, les deux brésiliens s’arrêtent dans un bar-épicerie pour y acheter des provisions afin de rejoindre leur campement, mais ils sont appréhendés par des hommes de Gran Man. Le chef leur propose de travailler pour sa fille.

Les deux hommes sont emmenés de force sur une île où ils rencontrent Lucy, qui leur prend leur passeport afin de ne pas quitter le pays. Elle leur impose de travailler à la lance monitor : lance à eau qui dégage la terre. Mal accueillis par les anciens, ils découvrent la dureté de leur tache. Rapidement, le contremaître leur règle leur premier salaire sous forme de poudre d’or…

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Avec Issaïas ou le colibri, Stéphane Piatzszek débute une saga en six tomes où le lecteur découvrira le destin de six aventuriers au cœur de la forêt guyanaise. Avec ce premier volume, le scénariste de Tsunami (avec Pandanx, Futuropolis) dépeint les difficultés d’exploiter le minerai précieux. En effet, de nombreuses personnes souhaitent s’enrichir et leurs intérêts sont divergents : les gendarmes qui ont le plus grandes difficultés à faire régner l’ordre, les clandestins venus en nombre du Brésil pour travailler ou encore les exploitants aux méthodes à la limite de la légalité. Le récit est rythmé et riche en rebondissements. Le trait aux feutres de Frédéric Bihel est très efficace grâce à des couleurs d’une grande clarté. On attendra néanmoins le deuxième tome de L’or pour se faire une vraie opinion tant l’album ne nous a pas accroché malgré une thématique originale.

  • L’or, tome 1 : Issaïas ou le colibri
  • Auteurs : Stéphane Piatzszek et Frédéric Bihel
  • Editeur: Futuropolis
  • Prix: 13.50€
  • Sortie: 11 septembre 2014

Monga est un troll

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Après l’excellent album multi-primé Saison brune (Delcourt, 2012), Philippe Squarzoni revient avec Mongo est un troll, sa première incursion dans le monde de l’heroïc fantasy.

Pour survivre dans cet univers difficile, Duane et Cameron pillent les cimetières. Ils seraient aussi à la recherche de la mère du dernier. Passant de village en village, les deux vieux s’arrêtent souvent dans les auberges où ils aiment à se divertir autour de boissons alcoolisées. Pourtant, ce soir-là, ils devront manger et dormir dehors abrités de la neige par quelques ruines d’une église.

Le temps des Festivales est annoncé. Cela va leur permettre d’entrer dans une crypte et voler les objets de valeur sans être vu. Pourtant s’ils sont appréhendés, ils seront pendus comme ces cadavres qu’ils croisent sur leur route.

A l’intérieur de l’édifice à piller, ils découvrent des dizaines de serpents tels des gardiens du trésor. Gênés par les reptiles, ils fuient donnant l’alerte.

Le lendemain, Cameron et Duane croisent le chemin de Claire, une très belle femme. Cette magicienne très dangereuse poursuit alors la route avec eux…

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Très éloigné des bandes dessinées documentaires, Mongo est un troll pourra déstabiliser les amateurs des albums de Philippe Squarzoni. Pourtant, l’auteur de Garduno en temps de paix (Requins martaux, 2003) réussit merveilleusement bien son récit. Avec un scénario déstructuré et partant dans tous les sens, il livre un petit bijou de surréalisme teinté de burlesque et d’un humour subtil. Les personnages sont savoureux : le duo de vieillards alcooliques, grincheux, désœuvrés mais non sans humour ; Claire, qui a déjà vécu 3 vies et qui en a encore 5 devant elle donc quasi immortelle, magicienne mystérieuse et étrange ; mais aussi plein de monstres, orcs et orgres en tout genre, sans jamais voir le fameux Mongo. Duane, Cameron et Claire sont des anti-héros parfaits, parfois même détestables. Les dialogues, quant à eux, sont intelligents et très bien écrits. Le trait ligne-claire de Squarzoni est d’une belle puissance et les décors sont superbes foisonnant de détails. Les couleurs se distinguent et sont magnifiques.

Mongo est un troll : un superbe récit plein d’imagination, singulier mais d’une réelle efficacité.

  • Mongo est un troll
  • Auteur : Philippe Squarzoni
  • Editeur: Delcourt, collection Mirages
  • Prix: 15.95€
  • Sortie: 03 septembre 2014

Ghetto Brothers

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Ghetto brothers est la biographie dessinée de Benjy Melendez, une véritable légende du Bronx. Cet album est signé Claudia Ahlering et Julian Voloj.

New York, quartier du Bronx. La famille Melendez est originaire de Porto-Rico. Les parents sont arrivés dans la ville en 1963 lors de la Gran Migracion, un départ massif des insulaires vers les Etats-Unis. Ils acquièrent alors la citoyenneté américaine ; pourtant le couple non anglophone sera toujours désigné par la qualificatif de Boricua (portoricains) tandis que les enfants sont des Nuyoricains (new-yorkais et portoricains). Après quelques temps à Greenwich Village, ils s’installent vers Crotona Park, à la lisière du quartier. Le père tenait une bodega, sorte d’épicerie. La famille est croyante et pratiquante, pourtant Benjy ressent du rejet à l’église, à l’école ou dans le quartier. Fréquemment, il se faisait frapper par les petits caïds du coin.

Pour changer de statut, il décide de rejoindre un gang. Après un rituel viril et sanguinolent, il en devient membre. Il rencontre alors Mei-Lin dont le père tient un lavomatic et en tombe amoureux. Pourtant les parents de l’adolescente comme ceux du jeune garçon n’approuvent pas leur relation parce qu’elle est chinoise. Même leur mariage quelques années plus tard sera douloureux pour la mère de Benjy.

En 1968, Benjy et ses frères veulent s’émanciper des Cofon Cats, leur gang, en créant leur propre groupe. Cette année-là, Martin Luther King puis Robert Kennedy décèdent, la Guerre du Viêtnam est à son zénith et le fossé se creuse entre les Noirs et les Portoricains des Etats-Unis. La rage au fond d’eux est décuplée par ces événements et se font alors appeler Ghetto Brothers, dont le territoire se situe au Sud-Ouest du Bronx. Arborant un blason sur leur blouson dont le dessin représentait des poubelles symbole des conditions difficiles dans le Sud du quartier, ils font venir à eux des dizaines de nouveaux membres…

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Le récit sombre mais teinté d’optimisme de Julian Voloj conte parfaitement la vie de Benjy Melendez. Le scénariste rencontre d’ailleurs son personnage principal en 2010 et qui lui raconte la mort de son ami Black Benjy, médiateur entre les gangs, en 1971. Mais l’homme n’appellera pas à la vengeance et réussira à convaincre les autres chefs de gang d’une trêve, qui permettra aux membres de se rencontrer, de se parler et de faire la fête en allant sur le territoire des autres. C’est à cette époque de paix que naît la culture hip-hop. Quarante ans plus tard, l’homme est toujours aussi bouleversé par l’assassinat de son ami et toujours autant positif envers ses autres congénères. Le trait en noir et blanc et à l’aquarelle de Claudia Ahlering est toute en sensibilité et en légèreté malgré le côté parfois sombre de l’album.

  • Ghetto Brothers
  • Auteurs : Julian Voloj et Claudia Ahlering
  • Editeur: Steinkis
  • Prix: 19.95€
  • Sortie: 27 août 2014

Odyxes

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Pourquoi Oscar, étudiant parisien en médecine, se retrouve dans le corps d’Odyxes, capitaine d’une flotte de 8 navires de la Grèce Antique ? C’est la question à laquelle Christophe Arleston essaiera de répondre dans le premier tome de sa nouvelle série fantastique Odyxes, intitulé Naufragé du temps. Pour l’aider dans sa tache, il a confié la partie graphique de ce dernier à Steven Lejeune.

Quelque part en Mer Méditerranée. Sur un navire grec, Odyxes et ses hommes affrontent une très grosse tempête. Pourtant le jeune capitaine ne comprend toujours pas ce qu’il se passe autour de lui : son second lui parle dans une langue inconnue, Athéna lui parle et surtout il ne sait pas par quelle magie il se trouve sur le bateau, lui, l’étudiant en troisième année de médecine à Paris en 2014 !

La flotte de 8 navires d’Odyxes, secondé par Erlock et Plothes, sont arraisonnés par des Egyptiens. Alors que les hommes s’attendent à combattre, il réussit à convaincre ses adversaires de laisser ses bateaux accoster à Auaris, un grand port de commerce. Là-bas, il donne quartier-libre à son équipage. Lui souhaite se détendre et part seul dans la cité. Il découvre même qu’il décuple sa force en face d’un maquereau qui le menace.

Oscar, de son côté, repense à sa vie contemporaine lorsqu’il s’endort. Dans le métro, c’est la cohue, il va encore arriver en retard. En stage auprès du Docteur Mheson, il n’en mène pas large. Cette dernière le remet fréquemment en place. Dehors, une jeune fille mystérieuse se plante un couteau dans la cuisse et saigne abondamment. Prise en charge par le médecin et l’interne, elle se comporte étrangement : elle tient la main d’Oscar, le charme; il cède et l’invite…

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Christophe Arleston aime le fantastique et il le démontre encore dans cette nouvelle série Odyxes. A cheval sur deux époques très différentes : la Grèce Antique et le Paris contemporain, Oscar ne sait pas où il en est. Il se pose de nombreuses questions comme le lecteur d’ailleurs : Comment en est-il arrivé là ? Qui est cette mystérieuse jeune fille ? Pourquoi il se retrouve dans le corps d’un capitaine grec ? Pourquoi sa force est décuplée lorsqu’il est Odyxes ? Le récit du prolixe scénariste est un peu ardu au premier abord, passant d’un lieu à un autre mais s’avère rapidement assez accrocheur. Comme une sorte de filiation avec la sublime série manga Thermae Romae (Mari Yamazaki, Casterman), il s’amuse avec les deux époques. En ce qui concerne le dessin, c’est assez réussi. Le trait semi-réaliste de Steven Lejeune est très agréable à l’œil. Ses planches fourmillent de détails dans les décors et les scènes de foules dans le métro, sur le marché égyptien ou sur le navire en pleine tempête sont tourbillonnantes.

  • Odyxes, tome 1 : Naufragé du temps
  • Auteurs : Christophe Arleston et Steven Lejeune
  • Editeur: Soleil
  • Prix: 13.95€
  • Sortie: 20 août 2014
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L’héritage de Deathstroke

héritage
Deathstroke est l’un des tueurs à gage le plus réputés sur Terre. Fin stratège et ayant du sang-froid, il est actuellement concurrencé par des plus jeunes. Kyle Higgins et Joe Bennet racontent l’envie de cet affreux méchant de rester le numéro 1 dans son domaine, dans L’héritage de Deathstroke, un recueil d’histoires le mettant en scène.

Chapitre 1 : Slade Wilson, surnommé Deathstroke ou l’Exterminateur est le tueur le plus terrifiant du monde. A peine rentré d’une mission en Russie, il est convoqué par Christoph, son commanditaire richissime. Il lui propose un assassinat mais lui impose trois jeunes tueurs : April, Hugues et Quirn, qui doivent le suppléer dans son contrat. Leur cible : un ancien scientifique allemand actuellement trafiquant d’armes. L’homme se rend en Iran pour y livrer des documents sur l’arme nucléaire. A l’aide de son épée, il pénètre dans l’avion et exécute les passagers…

Chapitre 2 : Los Angeles. Wilson se rend dans un bar où l’attend Mikel. Pensant qu’il a été doublé, le tueur ne souhaite pas rendre la fameuse mallette. L’homme demande alors à ses sbires de s’occuper de Deathstroke. Ce dernier use alors de toute sa force et les élimine. Seul Mikel réussit à fuir à bord de sa voiture où l’attend son chauffeur…

Chapitre 3 : Deathstroke est en prise avec une sorte de samouraï du futur habillé dans une combinaison violette et verte, venu pour le tuer. Sans grande difficulté, il l’exécute. En route vers le Colorado pour débusquer Burnham, Wilson croise de nouveau le même tueur…

Chapitre 4 : Prison de haute sécurité de Kamen. Wilson y est emprisonné. Accueilli par le directeur, un peu vantard, Deathstroke arrive à arracher ses liens, à tuer les gardes et se lance à la poursuite du responsable de l’établissement. Lui enfonçant une bombe dans la bouche, celui-ci explose, laissant apparaître une brèche dans l’enceinte par laquelle Wilson s’échappe…

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Personnage créé en 1980 par Marv Wolfman et George Perez dans le magazine New Teen Titan, Deathstroke est un super-héros sombre et complexe. Dans ces pages, il affronte l’équipe de Sidekicks emmené Robin et se révélera être un adversaire redoutable. Dans les années 2000, Wilson cesse ses alliances avec les super-héros positifs de DC et redevient un véritable méchant et neutralise à lui seul La ligue des justiciers. L’album L’héritage de Deathstroke reprend les huit récits de Kyle Higgins et Joe Bennett sur le tueur à gages borgne et génétiquement modifié et ayant le pouvoir de guérison accélérée. Les récits sont punchy et sont rythmés par des combats sanguinolents. Tout y passe : les flingues, son épée surdimensionnée et de multiples explosions. Et c’est là, la vraie limite de l’exercice : un schéma narratif identique pour toutes les histoires et Wilson se révélera plus bourrin que réfléchi ; il fonce sans plan et dézingue à tout va. En revanche, la partie graphique est d’une grande qualité. Le dessin réaliste de Joe Bennett propose des personnages aux traits anguleux et à la musculature hyper-développée. Les planches alternent des dessins pleine page mettant en scène des explosions et des combats à couper le souffle.

  • L’héritage de Deathstroke
  • Auteurs : Kyle Higgings, Joe Bennett et Eduardo Pansica
  • Editeur: Urban Comics, collection Nemesis
  • Prix: 17.50€
  • Sortie: 29 août 2014

Et pour quelques pages de plus…

Pour compléter notre sélection de la semaine, Case Départ vous conseille aussi les albums suivants :

Lulu

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Les éditions Bayard, à travers sa collection BD Kids, publient les deux premiers tomes de la série jeunesse Lulu. L’héroïne du magazine Astrapi créé par Bernadette Després est mise en image par Marylise Morel.

Lulu est comme tous les enfants : elle découvre la vie, ses joies et surtout… ses petits tracas. Difficile de trouver sa place quand on a 9 ans. Surtout que cette année, Elodie a un demi-frère, Tim qui doit porter des lunettes et quand à Lulu … elle tombe amoureuse ! Comment gérer tous ces petits et grands changements du quotidien ? Heureusement qu’il reste la famille et les amis pour donner quelques conseils.

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En deux planches, les aventures amusantes de Lulu touchent au but. Sous la houlette d’un collectif de 9 scénaristes, le jeune lecteur découvre le quotidien de la petite fille de 9 ans. Les personnages sont plutôt attachants et les histoires sont tendres et drôles. Le trait tout en rondeur de Marylise Morel est dans la veine de Bernadette Després qui a créé la série : c’est juste et efficace. A noter que les aventures de cette héroïne existe aussi sous forme de romans jeunesse et de livres documentaires dans la collection C’est la vie Lulu (Bayard).

  • Lulu, tomes 1&2
  • Auteurs : Collectif de scénaristes et Marylise Morel
  • Editeur: Bayard – BD Kids
  • Prix: 9.95€ par volume
  • Sortie: 20 août 2014

Naruto, volume 64

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Le jeune public connaît très bien l’univers de Naruto puisque la série de dessins animés est diffusée en France depuis 2006. Les éditions Kana, quant à elles, publient le manga signé Masashi Kishimoto depuis 2002. Arrêtons-nous un instant sur ce succès éditorial étonnant.

Dans un monde rétro-futuriste, les Ninjas et les Samouraïs se partagent le pouvoir à travers les Kages, qui gouvernent chaque ville. Les ninjas se livrent des batailles sanglantes pour récupérer des territoires ou étendre leur suprématie sur les autres villes.

Naruto, cancre et farceur, fait parti d’une caste importante, celle des Démons à queue (ils ne sont que 9 en tout). Après un rite, le démon s’accapare l’enveloppe charnelle d’un être humain, lui conférant une puissance décuplée. Pour le jeune garçon, il est l’hôte de Kyubi, son démon-renard. Dans son village, les habitants sont partagés entre la crainte et l’admiration qu’il dégage, puisque beaucoup d’entre-eux ne font pas la différence entre lui et son démon. Malgré cela, il s’entraîne pour devenir un puissant ninja. Il gagnera leur respect après de grands combats pour protéger le village.

Dans ce 64e volume de la série, Naruto est en prise avec Neji, un adversaire délicat, surpuissant mais plutôt intelligent et grand seigneur dans son approche du combat…

Naruto est un shônen entièrement fondé sur l’action coup de poing et la baston. Pré-publié dans Weekly Shonen Jump au Japon depuis 1999, c’est un énorme succès avec plus de 126 millions de mangas vendus sur l’archipel (entre 2000 et 2012) et 14 millions en France (en 10 ans). Ce phénomène jeunesse est surtout à mettre au crédit d’une série animée de bonne qualité diffusée sur Game One ou NT1 dans l’Hexagone, mais aussi grâce à un univers singulier et des personnages principaux attachants. En 2013, lors d’une interview Masashi Kishimoto indiquait que la série touchait à sa fin.

  • Naruto, volume 64
  • Auteur : Mashashi Kishimoto
  • Editeur: Kana
  • Prix: 6.85€
  • Sortie: 5 septembre 2014

Les dinosaures en BD

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Après Les animaux marins en BD, les éditions Bamboo publient Les dinosaures en bande dessinée. Pour ce quatrième tome de la série, Bloz et Plumeri sont toujours à la manette et mettent en scène les espèces disparues pour le plus grand bonheur des enfants.

Tous les ans, de nouvelles découvertes sont faites sur les dinosaures. Grâce aux Dinosaures en BD, vous serez incollables sur les nouveaux venus, comme le terrifiant Lythronax, l’ancêtre du T. rex. Et vous aurez de surprenantes réponses à des questions essentielles : qui va le plus vite, Usain Bolt ou le Carnotaurus ? Quel est le paléontologue qui a inspiré Indiana Jones ? Peut-on cloner un dinosaure ? Connaît-on enfin la couleur de certaines espèces ?

Comme pour Les animaux marins en bande dessinée ou Les insectes en bande dessinée, les planches sont accompagnées de fiches signalétiques pour décrire les espèces (signification du nom, période, famille, taille, poids, régime alimentaire et lieux de découverte des fossiles) validées par les chercheurs paléontologues. Cet album est donc distrayant mais aussi didactique. Les gags sont en une planche et souvent assez amusant de la part d’Arnaud Plumeri. Le trait tout en rondeur de Bloz est agréable à l’œil et efficace. Une petite série sans prétention mais d’une belle qualité.

  • Les dinosaures en bande dessinée, tome 4
  • Auteurs : Arnaud Plumeri et Bloz
  • Editeur: Bamboo
  • Prix: 10.60€
  • Sortie: 10 septembre 2014
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Degenerate housewives (album pour adultes)

housewives
Après Jungle Fever, les éditions Dynamite publient le troisième volume de Degenerate Housewives pour le label Petit Pétard, signé Rebecca.

Catherine Mitchell, gentille ménagère de 44 ans, abonnée à Elle et à Tupperware Magazine, mère de deux charmants adolescents et mariée à un homme dévoué qui l’adore… Catherine Mitchell n’est plus… Elle est dorénavant attirée par les femmes. Désormais divorcée, Cathy est relâchée du sanatorium d’Hillvale et se tient à la disposition du docteur Nelson, sa psychologue… jusqu’au jour où Stéphanie, alias Pic-et-Pic, go-go danseuse qu’elle avait rencontrée au club « Remue ton Jelly » réapparaît…

Les amours lesbiennes de Catherine sont transposées dans ce petit album souple de 48 pages signées Rebecca. Si le scénario n’est pas très original dans sa conception et dans sa réalisation (ce n’est pas ce que l’on demande réellement à ce genre de bandes dessinées), le bon point est le côté graphique. Le trait en noir et blanc de l’auteure est assez réussi et efficace.

  • Degenerate housewives, volume 3
  • Auteur : Rebecca
  • Editeur: Dynamite, collection Petit Pétard
  • Prix: 9€
  • Sortie: 17 septembre 2014

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