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Dictionnaire amoureux de la Bourgogne… et cotation

Par Mauss

On aime beaucoup les livres de cette collection PLON, et demain mercredi, on pourra trouver en librairie cet opus écrit avec talent par Jean Robert Pitte, (l'auteur "Libre Parole" de la RVF qui a été censuré quand il a présenté son article relatif à la dernière édition du Symposium à Villa d'Este…) mais ça, c'est une autre histoire.

Plus de 690 pages sur cette fascinante région - qui a tant fait, mondialement, pour faire connaître ce qu'on appelle le "GRAND VIN" - et sur toutes ces générations de vignerons, en commençant par les moines défricheurs jusqu'aux familles actuelles, locataires temporaires de "climats" aux noms souvent truculents et plein d'imagination.

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Un géographe qui fut producteur… 105 entrées par ordre alphabétique et on aimerait tant les énumérer toutes ici ! On y trouve aussi bien des communes pleines d'histoire, des écrivains comme Gaston Roupnel, un phénomène, et naturellement, sous Tournus, une belle description d'un chef d'anthologie qu'on a bien connu, Jean Ducloux dont le pâté en croûte était mondialement connu. Soyons honnête : les plus belles pages en totale gourmandise sont celles sous l'intitulé " Bordeaux" (pages 93 à 102).  Je résiste violemment à en citer les plus belles phrases, mais quand même, en voilà trois du style : "… Bourgogne rien n'est à vendre, mais tout est à boire… tandis qu'à Bordeaux, où l'on est parfois un peu pingre lors des visites de chai, tout est à vendre, mais rien n'est à boire !" Du Bonobo dans le texte :-)
 "Et que dire de cette douteuse plaisanterie qui est assez dans la manière bourguignonne selon laquelle les bordeaux feraient pisser, tandis que les bourgognes feraient bander" (page 100). Même le Grand Jacques (zwingliste de gauche comme chacun sait), spécialiste de la chose, vous confirmera cette vision chrétienne de la vie terrestre.
 … et du style : "le bordeaux est le vin des malades, le bourgogne le vin des bien-portants". Avouez ! Que portez vous à un ami hospitalisé ? Pas de mensonge, svp !
 Je vous rassure : en bon samaritain, Jean-Robert Pitte remet tout le monde d'équilibre… mais on a bien compris où son coeur balance !  On en apprend à tous les niveaux : ainsi, le GC Romanée-Conti, 18.140 m2, c'est cinq fois moins que la surface de la Place de la Concorde ! Les entrées comme "escargot", "époisses", "moutarde", "jambon persillé", "Bernard Loiseau sont des apéritifs à soirées festives. Tout est dit sur le chanoine Kir et on a même une petite visite sur Moulin à Vent (page 447) le plus bourguignon des beaujolais. Ou pourquoi les Taupenot-Merme peuvent donner des boutons nocturnes à un récent mogul qui a acquis à prix d'or d'historiques parcelles d'un Clos connu (page 596).  Lire aussi les pages historiques sur un zeus dont je ne connaissais même pas le nom : Alexis Piron, un esprit du temps de Voltaire dont l'Ode à Priape (page 487) doit être réservée à la stricte communauté des gens sachant vivre… et bien :-). Les dames patronnesses auront plus d'appréciation pour les pages sur Château de Saint-Fargeau, et le clergé trouvera une saine satisfaction à lire l'article "Bossuet".
 En fait, ce livre qui doit avoir une place d'honneur sur votre table de nuit, les jours de petite détresse, est à mettre à côté de l'Atlas de Sylvain Pitiot et les multiples éditions de son majeur "Les Vins de Bourgogne". Pour € 24 vous aurez en mains une source rare et si bien écrite sur tout ce qui fait le charme de cette Bourgogne pétrie d'histoire, de grandes familles, de climats que nous rêvons tous de déguster ici et là, mais avant tout avec des amis soucieux de bonne chair en bonnes maisons sachant honorer la dive bouteille. Que la messe soit dite ! Merci à Monsieur Jean-Robert Pitte qui nous donne ici l'occasion rare d'une véritable jouissance intellectuelle. Ce n'est pas fréquent (euphémisme) dans l'édition actuelle. Chiche que les zèbres  éviniques vont dire des gros mots sur cet opus dont les belles pages mériteraient d'être lues en classes de lycée, section "culture générale" … comme les bons Pères nous lisaient Pagnol (je suis né à Aubagne…) ou Boileau (mais Evrard, en passantICIHORS SUJET LIE AU SECOND COMMENTAIRE RELATIF AUX NOTATIONS DES VINS : On reprendra bien un peu de ce "plat" à l'occasion de prochains billets… et dans l'attente des commentaires sur l'aveugle faisant suite au deux longs billets de Michel Bettane sur le site B+D, ICI.
 
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 Notre proposition de 2012 
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Hiérarchie "ancienne" et classique 
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Proposition de Monsieur Gérard Bertrand
  Merci au Beau Ténébreux d'avoir parlé de cet ouvrage qui a l'air de faire polémique.

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