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Boire et déboires

Par Afust
Boire et déboires
Le symposium d’œnologie qui se déroule actuellement à Bordeaux était un bon prétexte pour réunir quelques amis autour de bouteilles plus ou moins amicales.
Pas un symposium, juste la rencontre de quilles parfois attendues, voire espérées. Finalement ça s'est fait sans les congressistes. Une autre fois ?
Il n'en reste pas moins que la veille je préparais quelques mets (dont on trouvera la plupart des recettes par là) et que dès la fin de l'après midi, dans le secret de ma cave, je carafais les deux premières quilles ...
Donc les vins (goûtés à l'aveugle ... mais je savais à l'avance qui étaient les 3 premiers dont je vais parler puisque je les avais préparés !) :

AUTREMENT
Le 2011 de Lamery - Vin de France

Boire et déboires
Il y a presque 4 mois de cela j'avais prévu d'aller à un concert. Tout ce que j'aime : Vivaldi, son Gloria en particulier. Et in terra pax, et tout ce genre de choses ... ça ne m'a pas été possible et j'ai fini par échanger ma place contre cette quille qui, depuis, attendait d'être bue.
Malgré la quasi filiation avec le Gloria, force est de constater que ce n'est pas glorieux : de la Brett comme s'il en pleuvait, et un niveau de volatile du genre dissuasif.
C'est indéfendable. Alors parfois tu goûtes mal et tu te dis qu'il faut prévoir une seconde chance. Et in terra pax ou pas : là on part de trop loin, alors ça ira bien comme çà.

Le Tronquéra (2012) - Château les Vimières
Margaux

Boire et déboires
C'est - ou çà aurait pu être - un bon pirate, dans une soirée consacrée à Margaux. Un peu trop peut-être ? car il a été déroutant ce vin :  pas évident de retrouver son identité ou son origine.
Robe rubis soutenu, encore très jeune. Nez relativement discret, avec un joli boisé. La bouche est très ronde mais manque peut-être un peu de peps et de tenue ?
Bref : il ne me parle pas, et je l'ai déjà goûté plus à son avantage. Il m'en reste en cave, à revoir dans quelques années !? A ce stade et sur cette quille : une certaine déception, quoiqu'il en soit.

Aguirre (2012) - Domaine de la Salade
Pic Saint Loup

Boire et déboires
Ce vin est une découverte récente, à ce jour je n'ai donc eu l'occasion de le boire qu'à deux reprises.
C'était l'occasion d'y replonger une troisième fois, en le partageant.
Riche idée et vin riche : c'est mur, mais d'un bel équilibre avec ce qu'il faut de fraîcheur. Joli fruité, du moka, une pointe florale. Belle matière, bonne expression.
Très beau vin.
J'aime, décidément, beaucoup.

Clos de Beaujeu (2011)
Sancerre
Boire et déboires
Un vin qui nous a partagés.
Pour ma part je le mettais au Nord, par là haut, mais en étant perturbé par son équilibre. Ou plutôt par son manque d'équilibre.
J'ai souvent eu du bol aux jeux de hasard : il s'est avéré qu'on était à Sancerre (un jour je raconterai comment j'ai gagné au Loto Sportif. Un jour).
Le nez reste malgré tout Sauvignon, pour autant en bouche c'est un rien plat et mollasson. Comme l'impression de passer à côté du sujet.

Riesling Herrenweg (2011)
Domaine Barmès-Buecher

Boire et déboires
Un peu comme Aguirre ce vin, sur ce millésime, est une découverte récente et par deux fois je l'avais très bien goûté. Alors autant dire que sur ce coup là j'ai du faire la tronche de Gros Minet quand la grand mère le force à recracher Titi ! (en outre je parle parfois un peu comme Gros Minet. C'est mon héro, j'ai son effigie sur mon bureau).
A la vue (couleur comme limpidité) çà s'annonçait pas bien et ça a continué à l'avenant : oxydatif, plat, du gaz carbonique, une finale marquée par le résiduel mais aussi une vilaine amertume. C'est ma (très) grosse déception de la soirée.
D'autant plus grosse qu'il m'en reste en cave, dont des millésimes plus anciens, et que côté tarif on commence à aller dans le significatif. Oui : c'est vulgaire de parler pognon, m'enfin ...
Je parlais de jeu de hasard plus haut ? ben sur ce coup là mauvaise pioche ... (le lendemain c'était pas mieux. Oui : il a passé la nuit à la cave, juste pour voir).
Château La Grave (2005)
Fronsac

Boire et déboires
Oui, je sais : il y a peu j'ai goûté un millésime plus récent de ce même vin.
Pour autant je n'y étais pas lorsqu'il s'est agi de mettre un nom dessus ! (même quand je me suis fait dire que j'avais bu et commenté çà, ces derniers temps).
Bien sûr à Bordeaux, probablement à droite.
Mais je l'aurais plutôt mis en 2006 ou 2008, et si j'appréciais sa légèreté et sa droiture je regrettais sa finale marquée vieux bois. Une finale qui vient gâcher le plaisir d'un joli vin.
Etiquette découverte, sur l'impression laissée par le boisé, je ne retire bien sur rien. En revanche 2005 m'étonne un peu.
Quoiqu'il en soit çà reste plaisant (mais aurait pu/dû l'être encore plus, je crois).

Château Beau Site Haut Vignoble (2009)
Saint Estèphe.

Boire et déboires
oops : mea culpa, mea maxima culpa, et tutti quanti ... car j'ai, dans mon récent passé médocain, eu l'occasion de croiser les vignerons et leur vin.
Peut-être même en ais je encore une ou deux bouteilles quelque part en cave !?
Pour autant sa rondeur me l'a fait mettre en rive droite. Au pire chez un gauchiste qui merlote.
Raté : on est sur du Cabernet majoritaire, à Saint Estèphe.
C'était BSHV (2009) et c'est décidément très joli BSHV (2009) !! (même le lendemain).
La surprise du soir ?
Boire et déboires
Le vin qui a mis tout le monde d'accord ?
Un vin sans nom et presque sans origine ! Tout au plus sait on qu'il vient d'Espagne, de la Mancha.
Alors quoi ? Alors y a de la couleur, y a du fruit (simple mais présent), et par dessus tout une structure correcte avec zéro défaut.
OK : je me suis pas relevé la nuit pour en boire (pourtant il était au frais et il a fait super chaud).
OK à nouveau : je vais peut être pas en acheter de quoi me mettre  300 quilles en cave. Ni même 6.
OK toujours : c'est simple et pas super intéressant pour l’œnophile de base (ou pas de base), mais c'est propre et somme toute très correct. Même si on n'a éclusé qu'un gros tiers de la bouteille.
Mais à propos de somme, c'est même plus que correct !
Car le vin en lui même se négocie sur la base de 0.28 € le litre ! Donc 0.21 € de vin pour une bouteille de 75 cL : un rapport qualité / prix du genre imbattable !
Bien sur à ce niveau de prix tu te demandes très fortement comment les mecs font pour arriver à sortir ce genre de produit et surtout comment ils peuvent en vivre !?
C'est précisémentque ma vilaine petite voix intérieure m'a dit que, vu le prix de vente : côté intrants et interventions çà doit être le minimum minimorum et que peut être je le tiens enfin mon vin nature, sur le fruit, avec zéro intrant et zéro défaut (ou alors c'est juste que je ne suis qu'un vil provocateur. Va savoir ?)
Quoiqu'il en soit : agréable soirée avec des gens charmants (sentiment partagé, j'espère, par les autres participants).
Boire, picorer, discuter sans se prendre trop au sérieux mais en échangeant - à peu près sérieusement - nos ressentis.
What else ? comme on dit par où se trouve ma seconde fille :
Penses à ton foie !, comme on dit là où officie la première.
Sur la même soirée et donc les mêmes vins : on pourra (on devra !) aller lire les impressions - toujours impeccablement restituées de Daniel Sériot)
Car bien sur : l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.
L'ensemble de ces vins est donc à boire avec modération (et pour certains d'entre eux ce sera vachement facile).
(comme partout ailleurs sur ce blog :
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