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La prostate, le fruit de la passion et la standardisation

Par Afust
La prostate, le fruit de la passion et la standardisation
Comme bien souvent l'échauffement a commencé sur Facebook avec, comme point de départ, un article déniché par Daniel.
Après çà déroule.
Bien sûr le but n'est généralement pas de convaincre mais le plus souvent, et au mieux, de se rassurer en étalant ses certitudes de façon plus ou moins convaincante et argumentée. Plutôt moins. Car bien souvent (bien trop souvent) les réseaux sociaux ne sont que des substituts aux approximations des désormais disparus graffitis de pissotières.
Mais c'est parfois rigolo.
La prostate, le fruit de la passion et la standardisation
En milieu d'après midi certains des participants se retrouvaient chez les Sériot pour une dégustation de Rieslings (puis un repas et un match de rugby en commun). On était plus précisément sur les Rieslings en 2008 ... mais nous avions la possibilité de déroger à la règle du millésime, ce que j'ai fait !
La prostate, le fruit de la passion et la standardisation
Comme d'hab : quelques jours avant la dégustation chacun a fait passer à Isabelle une bouteille du vin qu'il a choisi, elle s'est ensuite occupée de la préparation et l'anonymat de l'échantillon pour que, au cours de la séance, chacun des vins soit dégusté et commenté (par écrit) par chaque dégustateur (une fois tous les vins dégustés il est possible de revenir, toujours à l'aveugle, sur un ou plusieurs vins avant de finaliser notes et commentaires).
Ce n'est qu'ensuite que les notes sont mises en commun puis compilées.
Bon, au début, nous avons bien sur continué l'échauffement en commentant les échanges de l'après midi, avant finalement de passer à la thématique de la soirée.

La prostate, le fruit de la passion et la standardisation

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Non, pas le Riesling ou la biodynamie, mais la prostate (son cancer, sa prévention, sa moustache). Ce qui a pu un instant faire craindre la présence de grenier médocain en fin de journée, mais non : une dégustation de Riesling en rive droite c'est sans grenier médocain.
Il y avait, en revanche, un pâté au piment d'Espelette qui faisait bonne figure (mais j'anticipe).
Et les vins ?
La prostate, le fruit de la passion et la standardisation


Louis SIPP
- Grand Cru Osterberg (2008)
Note du groupe : 15.06
Il y a eu débat sur ce vin car tout le monde ne l'a pas mis sur le podium. Pour moi il y est, et il y est tant pour ce qu'il est aujourd'hui que pour ce que je pressens de sa capacité à vieillir et s'améliorer encore.
Nez de fruits, d'agrumes et de fleurs. De la tension en bouche, mais sans agressivité et avec, ici aussi, un joli fruit, un poil minéral.
C'est d'ores et déjà un beau vin, et un beau vin qui a encore de l'avenir tant il est toujours jeune et frais.
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Domaine Ostertag
- Clos Mathis (2007)

Note du groupe : 14.81
J'avais, il y a peu, goûté le 2006 que j'avais trouvé très décevant.
Heureux changement de registre avec ce joli 2007 !
Après une couleur or pâle qui annonce le début de l'évolution, au nez il y a de l'exotisme, un peu de naphte, du fruit jaune et mûr.
En bouche çà croque et se termine par une belle et longue finale.
C'est bel bon, là, maintenant.

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Wittmann
- Riesling (2013)

Note du groupe : 15.28
C'est un premier pirate qui se cache sous ce maillot argentin ... bien que ce soit un teuton !

Bright, light golden-hued straw-yellow colour. The nose is soft and gentle with subtle lees and mineral aromas interwoven with white floral and stonefruit notes. Dry to taste and medium-bodied, rich flavours of lime fruit and florals are enlivened by zesty acidity. The fruit flows evenly, with underlying phenolics lending some textures, and minerally lees elements adding detail. The mouthfeel is crisp, refreshing and lively. This is a well-proportioned, dry Riesling with good freshness - See more at: http://www.winedirect.co.nz/wittmann-riesling-trocken-2013.html#sthash.8nktgwV8.dpufRobe aux reflets verts très jeunes, nez qui pétrole légèrement avec de belles notes de fleurs blanches, de fruits à noyau et d'exos.
La bouche est fraîche mais équilibrée.
Très joli vin.

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Josmeyer
- Les Pierrets (2007)

Note du groupe : 14.68
Bright, light golden-hued straw-yellow colour. The nose is soft and gentle with subtle lees and mineral aromas interwoven with white floral and stonefruit notes. Dry to taste and medium-bodied, rich flavours of lime fruit and florals are enlivened by zesty acidity. The fruit flows evenly, with underlying phenolics lending some textures, and minerally lees elements adding detail. The mouthfeel is crisp, refreshing and lively. This is a well-proportioned, dry Riesling with good freshness - See more at: http://www.winedirect.co.nz/wittmann-riesling-trocken-2013.html#sthash.8nktgwV8.dpufRobe encore jeune, nez d'agrumes confits, minéralité de bon aloi.
Bouche pleine, ample, avec une belle acidité qui lui amène la tension nécessaire. Le citron revient, avec les notes minérales et la finale fraîche et fruitée.
Joli vin.

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Domaine des Marronnier
s - Grand Cru Kastelberg (2012)
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Note du groupe : 14.59

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Mimi, Fifi & Glouglou. Michel Tolmer

Les vins de Guy Wach, en particulier, son Kastelberg, je les avais découverts lors d'un congrès des œnologues à Andlau. C'était en 2007 je crois, et il y avait eu une méchante rave party dans les vignes avec, à la clef, ces fameux vins.
C'est donc avec ce Kastelberg du Domaine des Marronniers (CES Kastelberg du Domaine des Marronniers, car il y en avait un autre dans ma musette) que je suis venu.


Intéressant ce Kastelberg : c'est en effet le seul Grand Cru alsacien sur schistes.
Même s'il a pris une  teinte or pâle, ce 2012 est encore jeune avec son nez d'agrumes, d'exo et sa jolie minéralité.
Pointe d'évolution en bouche, avec une bonne vivacité. Là encore un fruité qui tire sur les agrumes et l'exotique avec de la chair et un bel équilibre.
Autrement dit : j'essaierai de garder les autres bouteilles à la cave encore quelques années ! (du moins celles que je n'aurais pas échangées avec François à qui ce vin semble avoir plu).

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Domaine Gresser
- Grand Cru Kastelberg (2008)
Note du groupe : 14.93
Daniel m'avait prévenu qu'il y aurait sans doute un autre Kastelberg. En effet ...
Robe qui propose de belles dorures encore légères. Au premier abord le nez est peu expressif puis s'ouvre sur des notes minérales quasi pierreuses, une pointe de citron confit. En bouche, légère sucrosité avec une belle vivacité.
Finit très tendu, avec un beau fruit qui clôt le tout.
Belle buvabilité !
Après cette série plaisante à très plaisante, j'avoue que j'ai du mal ... même si, là aussi, l'unanimité ne se fera pas sur certains vins (les notes de groupe peuvent s'en ressentir).

Nous avons donc goûté :
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Henry Fuchs
- Kirchberg de Ribeauvillé (2009)

Note du groupe : 13.59
La note globale n'est pas vilaine mais, pour ma part, un vin à la bouche mollasonne qui se termine par une acidité agressive.
Ca me semble manquer cruellement d'équilibre et d'harmonie.
La prostate, le fruit de la passion et la standardisation

Jean Paul Schmitt
- Rittersberg (2008)

Note du groupe : 12.62
Robe très jeune, nez au côté naphte un rien caricatural,
En bouche l'attaque est plutôt suave, mais ensuite çà manque d'harmonie et de densité : c'est un rien aqueux puis finir sec.
La prostate, le fruit de la passion et la standardisation


Un autre pirate, autrichien cette fois !

Pichler - Riesling Federspiel (2012)
Note du groupe : 11.81
Bof.
Végétal, notes sulfitiques plus que minérales, à la fois sec et fluet.
A oublier.
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Marcel Deiss - Gruenspiel (2008)
Un vin que je ne note pas ... mais que quelques dégustateurs noteront (en clair ils lui donnent une note supérieure ou égale à 10).
Il y en a même un qui l'apprécie et le défend vivement.
En même temps venu d'un type qui a la e-réputation de faire et aimer les vins standardisés, plus rien ne m'étonne.
Bref : il est over oxydé. Mort.

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Nous sommes ensuite passés à table, et je ne ferai pas l'inventaire des plats amenés par tel ou tel. Ni même des vins qui ont été goûtés.
Ou alors juste un, cette Gargone (2012) qui a fait débat.
Disons juste que, à mon sens, c'est déjà un beau vin et qu'il sera encore plus - beau - dans quelques années. Pour autant même s'il y a du boisé, il me semble d'ores et déjà intégré et tout sauf exagéré.

La prostate, le fruit de la passion et la standardisation

Ce n'est qu'après, en deuxième ou troisième partie de soirée, que ça devient vraiment drôle.

La prostate, le fruit de la passion et la standardisation

Enfin, drôle ce ne le sera pas pour l'irréductible gaulois perdu au milieu la cinquième colonne de l'anti France ...
Mais, bon, en même temps, esprit cocardier ou pas : quand tu t'obstines à soutenir le vide intersidéral alors qu'on te prédit (à juste titre) 30 points par mi temps ...

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Et je me rends compte un peu tard que j'en oublie !
Oui, j'annonçais être venu avec un autre Kastelberg chez Guy Wach.
Ben oui : son Riesling Kastelberg SGN (1998).
Oops.
Belle liqueur pour un vin d'une grande jeunesse encore.
A la dégustation, bien que présent, le sucre n'est pas écrasant et ce beau vin a donc encore une sorte de légèreté.
Passion, épices douces, du fruit (mûr voire confit, bien sûr), un chouia d'encaustique.
C'est très beau.
Belle soirée
(mais 62 points çà fait vraiment beaucoup)


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