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Punkovino #1 : l'homme qui utilisait du guano de chauve souris et en faisait un concept philosophique

Par Afust

"Le caca de batman", c'est ainsi qu'est (finement) sous titré le premier opus de Punkovino.Un épisode dont le pitch nous annonce : 
"Des vignes en ville ? C’est possible grâce aux… chauve-souris ! En Bavière, Michael Voelker, passé de la philosophie au vin, s’est rendu compte par hasard que les excréments de l’animal étaient un super fertilisant."

Punkovino #1 : l'homme qui utilisait du guano de chauve souris et en faisait un concept philosophique
Au premier abord, je ne comprends pas bien le "faire du vin en ville ?" et le lien avec le guano de chauve souris.Il faut dire que je bois assez peu de vin fait en ville, en particulier Haut-Brion (à l'occasion, penser à les questionner à propos de leurs rapports aux chauve-souris).Quoiqu'il en soit des vignobles de ville, ce Punkovino #1 peut se visionner en cliquant ici.
Bon, le gars parle allemand.
Ça commence mal !
T'ais je déjà dit que, au début des années 70, alors que j'entrais au collège - à Lézignan Corbières - j'avais été sacrifié sur l'autel de la réconciliation franco allemande ?
Oui : faisant alors partie de ceux qui se débrouillaient en grammaire, il m'avait été suggéré avec instance d'aller vers la filière d'élite : allemand première langue (et latin par dessus le marché).
S'en sont suivies 7 ans de souffrance culminant lors de mon oral du bac, au Lycée Paul Gauguin de Tahiti. C'était en 1979, mais il n'y avait pas trop de Punks à Papeete ou à Moorea.
Bilan ? 9 à l'oral avec un examinateur me disant : "désolé mais décemment je ne peux pas faire plus".
Étant, déjà, joueur (et en confiance) j'avais répondu "je n'en espérais pas tant".
Il n'en reste pas moins que, quand je lis la traduction de soufre, je souffre.

Punkovino #1 : l'homme qui utilisait du guano de chauve souris et en faisait un concept philosophique
Y aurait il, au sein de la rédaction d'Arte, un de mes camarades de classe du collège de Lézignan ?

Mais suivons le fil du sujet, par exemple jusqu'au moment ou il nous annonce que les vins ne sont ni filtrés ni collés.
Punkovino #1 : l'homme qui utilisait du guano de chauve souris et en faisait un concept philosophiqueLa simple vue du contenu des bouteilles suffisait à s'en persuader.Entendons nous bien : je ne suis pas un Ayatollah du collage ou de la filtration. Ni l'un ni l'autre ne sont forcément indispensables : faut juste s'adapter au vin et à ce qu'il est.
M'enfin, là, les quilles sont quand même salement troubles donc un petit nettoyage pourrait éventuellement être envisagé.
Simple suggestion.
Du haut de mon passé de germaniste distingué, il me semble que la traduction occulte certains mots et quelques subtilités (sur la disparition de l'entreprise par exemple).C'est quand même gênant, pour un documentaire.

Mais venons en au fait :
le guano de chauve-souris,
aka "le caca de batman".
Un détail : je ne suis pas sûr que l'on puisse prétendre être "Nature" dès lors que l'on rajoute un engrais exogène, fut il issu du trou de balle de chauve-souris.
Il me semble en effet que sur ce coup là, côté conceptualisation de la chose naturelle, faut quand même être un peu souple sur les pattes arrières.
Pour le reste il y a de jolies images sur fond de geste auguste du semeur.
Toutefois on pourra, là aussi, s'étonner que les conditions de bonne utilisation du dit guano ne soient pas évoquées (arrosage et/ou enfouissement).
Prosélytisme quand tu nous tiens ...

Punkovino #1 : l'homme qui utilisait du guano de chauve souris et en faisait un concept philosophique

Copyright JP Huddleston


Et que l'on passe également sous silence le fait que l'utilisation de cet engrais entraîne une acidification des sols qu'ils est d'usage de compenser (par exemple à la chaux éteinte).
Non, c'est car c'est trop cool le caca de batman.
C'est un super bon sujet, coco. Faut pas le chier.

Non, ce qui me gêne vraiment c'est qu'ils la jouent petit bras.

Le guano de chauve souris spas au pied des vignes qu'il faut le mettre!
Ça ne remonte pas aux Punks (sans dreadlock) de la fin des années 70 mais à 3 siècles de nous.
Le bon vieux temps.

Tel qui fut décrit par un contemporain : le Chanoine Jean Godinot, dans son "Manière de cultiver la vigne et de faire le Vin en Champagne" (première édition parue en 1718).
"Depuis plus de 20 ans le goût des français s'est déterminé au vin mousseux et on l'a aimé pour ainsi dire jusqu'à la fureur ; On a commencé seulement d'en revenir un peu dans les trois dernières années. Les sentiments ont été fort partagés sur les principes de cette espèce de vin ; Les uns ont cru, que c'était la force des drogues, qu'on y mettait, qui le faisaient mousser si fortement, d'autres ont attribué la mousse à la verdeur des vins, parce que la plupart de ceux qui moussent sont extrêmement verts ; d'autres enfin ont attribué cet effet à la Lune, suivant les temps que l'on met le vin en flacons.
Il est vrai, qu'il y a eu des marchands de vins, qui voyant la fureur qu'on avait pour ces vins mousseux, y ont mis souvent de l'alun, de l'esprit de vin, de la fiente de pigeon & bien d'autres drogues, pour le faire mousser extraordinairement, mais on a une expérience certaine, que le vin mousse lorsqu'il est mis en flacon depuis la récolte jusqu'au mois de Mai".

Voilà !

Le caca de batman faut s'en servir pour booster les levures (surtout pas chimiques) et faire du Petnat.
C'est pourtant évident !
Amis naturistes ne me remerciez pas du tuyau, c'était avec grand plaisir.


A suivre dans mon prochain billet, avec :
"Punkovino (2/10) Collectif Underground"


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