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La génétique c'est pas Joly

Par Afust
L'avantage d'avoir ranimé ce blog c'est que des gens m'écrivent. Et 3 honorables correspondants m'ont - à peu près simultanément - fait parvenir un papier paru dans la vénérable Revue du Vin de France.
Un papier dans lequel elle tend le micro à Nicolas Joly et que l'on peut le lire en cliquant pile poil ici.
Ce serait dommage de s'en priver tant, par les temps qui courent, les occasions de rigoler sont devenues rares.

Qu'y apprend-t'on ?
Tout d'abord que : "Pour Nicolas Joly il ne reste plus rien du concept d'appellation contrôlée, hélas !"
J'avais, pour ma part, tendance à penser qu'il ne reste plus grand chose de Nicolas Joly. Cette lecture va le confirmer, hélas !
Ensuite il y a plein de trucs totalement ébouriffants !
Recension :

"Une appellation contrôlée, c'est une la définition d'une géologie et d'une climatologie spéciale, unique dans le monde. Que reste-t-il de ce concept ? Quasiment rien hélas. Il reste le côté administratif. Car on a eu le droit à partir de la fin des années 1970 d'utiliser plus de 320 levures aromatiques qui donnent des goûts très agréables mais qui n'ont plus rien avoir avec le lieu, ce sont souvent des levures obtenues par génétique."

On ne peut totalement exclure que Nicolas Joly ait une vocation christique. Mais il parait tout de même relativement peu probable qu'il soit issu d'une immaculée conception. Plutôt d'un exercice de génétique appliquée (très appliquée, je le leur souhaite bien volontiers) entre Papa Joly et Maman Joly !

La génétique c'est pas Joly

Gregor Mendel
Le type qui fit de la génétique avec des pois


A vrai dire, c'est un peu le modèle dominant dans le règne animal, une bonne partie du règne végétal (dont les pois de Gregor Mendel) ... et même chez les levures.

Eh oui : en dehors des cuves de fermentation les levures sporulent, puis les spores se recombinent et on obtient de jolis bébés levures porteurs d'une partie - et une partie seulement - du patrimoine génétique de chaque parent.

La reproduction sexuée c'est de la génétique. Nicolas Joly a donc parfaitement raison de parler de levures obtenues par génétique. Il a, en revanche, parfaitement tort lorsqu'il en parle comme il le fait.
Si l'on a vraiment (mais alors vraiment, hein ?) envie de savoir ce qu'est une levure génétiquement modifiée dans le monde du vin, on lira mon blog plutôt que la RVF.
Tout particulièrement ce billet. On pourra également consulter les 3 qui le précèdent, afin de se renseigner à propos de cette histoire de levures et d'aromatique.
Sinon, reprenez vos cours de génétique de 3ème (au chapitre Mendel), çà suffira largement.

"Sans micro-organismes, une racine de vigne est en famine. Les désherbants les tuent. Une racine ne peut donc plus se nourrir. Il a ainsi fallu nourrir la vigne avec des engrais chimiques."
Jusque là j'arrive à peu près à suivre.
Je ne suis pas d'accord avec tout, mais j'arrive à suivre.

Je ne suis pas d'accord car Justus von Liebig - qui inventa aussi le tube à 5 boules (rien de sexuel. Ou alors j'ai raté un truc) - a publié (en 1840, mais 1841 pour l'édition française) "La Chimie organique appliquée à la physiologie végétale et à l'agriculture".
Il n'est, alors, pas question de désherbants puisqu'ils n'apparaissent qu'environ 40 ans après les publications de Liebig (voir, par exemple, les expériences de Louis Bonnet en vue de désherber le blé (en 1896)).
On essaie simplement de produire plus, et plus régulièrement.
Pour la vigne en général et à Bordeaux en particulier voir par exemple Jullien qui, dans son "Topographie de tous les vignobles connus" paru au début du XIXème (avant même la publication de Liebig) évoque les vignes sans engrais qui continuent à produire 20 hl/ha alors que celles avec engrais produisent le double.


Après çà se gâte :

"Prenez une cuiller de sel, une demi heure après, vous avez soif. Ces sels chimiques amènent trop d'eau dans la vigne. Faites cuire un chou en conventionnel, il vous redonne un demi litre d'eau. Ce surplus d'eau a apporté des maladies, et au lieu d'accepter le cuivre et le soufre, qui ne sont pas des ennemis de la vie à petite dose, on a créé des substances chimiques qui passent dans la sève en une demi heure."
Quelqu'un y comprend quelque chose ?
Moi rien. Que dalle. Walou.
"Ça protège des maladies mais l'effet secondaire grave est que cela empoisonne la sève, qui capte la climatologie. On n'a plus de lien au sol, et quasiment plus de typicité climatique. On a une récolte oui, mais on est obligés de faire passer au cellier un homme brillant pour qu'elle soit vendable, sans cela elle n'a pas de goût. Il y a deux sortes de bons vins, ceux créés par les œnologues et ceux qui sont naturels."
Voilà : l’œnologue c'est le mal.
Surtout ceux qui ont été obtenus par génétique (heureusement on les reconnait facilement : ils brillent dans les chais).
PS : le vin est une création humaine, en rien un produit naturel.

"À partir de là, comment exprimer un lieu ? La vie n'appartient pas à la Terre. La Terre reçoit la vie car elle est membre du système solaire. Si vous isolez la Terre du système solaire, pratiquement tout va mourir. La vie arrive sur Terre grâce à des fréquences et des longueurs d'ondes. Quel est le vrai coupable du changement climatique ? C'est pas le CO2, mais les pollution hertziennes. La vie arrive moins sur la Terre. La Terre inverse ainsi les polarités magnétiques, c'est en cours, le pôle magnétique est à 800km de l'endroit où il devrait être, et s'accélère."

La génétique c'est pas Joly

"Les 7 boules de cristal" Hergé (c)


Connement, je pensais que l'errance du pôle magnétique était due aux déplacements du noyau ferreux de la Terre.

Et bien non !
Nicolas Joly
et la RVF nous apprennent que tout çà : c'est les ondes hertziennes.

Ça sent bon le prix Nobel !
"La biodynamie, c'est la première agriculture énergétique. Chaque préparat est un lien aux membres du système solaire : Mars, Vénus, Mercure... c'est un lien énergétique. La biodynamie permet à l'originalité d'un lieu de parfaitement s'exprimer. Cela signifie qu'au cellier vous avez dans le raisin une harmonie qu'il ne faut surtout pas modifier. La règle de base au cellier c'est de ne rien faire. Si vous faites quelques chose c'est qu'une partie de votre agriculture n'a pas fonctionné."
C'est limpide : être en lien avec Mars, Vénus, Mercure permet donc à l'originalité d'un lieu de s'exprimer. A condition, bien sur, qu'il n'y ait ni œnologue ni levure obtenus par génétique. Parce que l'agriculture énergétique en lien direct avec le cosmos c'est super puissant, mais elle ne résiste pas aux levures.
C'est ballot.

On se contentera de retenir l'essentiel : pour élaborer des grands vins, il faut veiller à ne rien branler au chai.
Ça a le mérite d'être clair.
Clairement affligeant.

"Dans un vin vous devez toujours trouver trois qualités comme en musique : l'acoustique, l'instrument et le musicien. Une agriculture conventionnelle, c'est zéro acoustique car on a perdu le lien au système solaire. Si vous êtes sur un lieu en biodynamie, dans le calme, essayez de juger de la qualité du silence. Vous avez des silences récepteurs, c'est vraiment une délivrance."

Il a raison, la partoche on s'en bat les couettes : çà ne sert strictement à rien.
Et la délivrance c'est surtout que ce genre de conneries ait une fin et que nous soyons presque arrivés à la qualité du silence.

"Je ne veux plus de ces imbéciles de clones de vignes. Imaginez qu'on soit tous les mêmes ? C'est le concept industriel, multiplié par millions. On vous vend aujourd'hui des sélections massales faîtes avec trois clones. Tout cela c'est des mensonges. Revenons à de véritables diversités. Ça implique trois vendanges, une fois toutes les semaines..."
Voilà, il faut faire 3 vendanges, une fois toutes les semaines.
C'était la minute applicative.
Franchement, franchement, y a personne à la RVF pour modérer un peu ce genre de discours ou, très éventuellement, émettre quelques réserves du genre poli ? 

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