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Critiques en vrac 45: Sa Majesté Minor – Percy Jackson – Dark Country – Dark Star

Par Geouf

Sa Majesté Minor

Critiques en vrac 45: Sa Majesté Minor – Percy Jackson – Dark Country – Dark StarRésumé: Minor (José Garcia) a été recueilli alors qu’il n’était qu’un nourrisson par une tribu vivant sur une petite île de la mer Egée. Elevé avec les porcs après qu’il a mordu le sein de sa nourrice, il ne parle pas et est traité comme un animal par les villageois. Les choses changent le jour où une chute le rend soudain doué de la parole. Y voyant un signes des dieux, les villageois font dès lors de Minor leur roi.

A sa sortie en France, Sa Majesté Minor a suscité l’incompréhension de la critique et du public, à tel point que Jean-Jacques Annaud a dû plusieurs fois tenter de défendre son film et de s’expliquer sur celui-ci. Malheureusement, rien n’y a fait, et cette fantaisie d’un genre un peu particulier s’est lamentablement plantée au box office.

Sa Majesté Minor est en effet un film un chouia étrange, et il n’est pas étonnant qu’il ait suscité l’incompréhension. On imagine le choc de la ménagère de moins de 50 ans devant une séquence montrant Vincent Cassel en satyre, sodomisant José Garcia. Un aspect sexuel qui a au final focalisé toute l’attention et cristallisé toutes les critiques à l’égard du film. Alors certes, Sa Majesté Minor est un film très sexué, mais on est loin de tomber dans le cul pour le cul. Le film d’Annaud est plutôt une fable épicurienne, un peu polissonne, mais jamais vulgaire ou graveleuse. Certaines scènes sont même d’une poésie certaine, comme la très belle séquence dans laquelle Minor découvre le corps d’une femme au travers de l’odeur de celle-ci.

Mais le plus étonnant, c’est que le scandale provoqué par le côté sexué du film a totalement occulté le message de celui-ci, autrement plus provocateur pourtant. Car sous ses dehors de comédie gentiment coquine, Sa Majesté Minor est une charge assez féroce contre la religion. Avec ce film, Annaud continue d’explorer la thématique de la corruption du pouvoir et des instances religieuses (déjà abordée dans le magnifique Le Nom de la Rose). Et ici, toutes les religions en prennent pour leur grade, de façon assez osée il faut l’avouer. Le grand prêtre du village est un crétin lisant l’avenir dans l’urine d’une vestale (qu’il tronche d’ailleurs en secret), Minor profite de son statu quasi divin pour se faire entretenir, imposer un style vestimentaire ridicule (à base de phallus en bois) et surtout faire passer des lois à son avantage (Annaud est d’ailleurs très gonflé de réaliser un film dans lequel le héros interdit de manger du porc parce qu’il a des relations sexuelles avec une truie du village)…

Sa Majesté Minor est au final très loin de mériter la désastreuse réputation dont il est affublé. C’est un film certes parfois un peu bancal, mais souvent drôle (toutes les scènes impliquant Vincent Cassel sont hilarantes), parfois même émouvant (le sacrifice final de Karkos). Le casting est impressionnant (ça fait plaisir de voir autant de « gueules » réunies), avec un excellent José Garcia en tête d’affiche, et Annaud réalise comme à son habitude un spectacle visuellement magnifique. Et pour une fois qu’un film français propose quelque chose de radicalement différent, on aurait tort de passer à côté…

Note : 6.5/10

France, 2007
Réalisation : Jean-Jacques Annaud
Scénario : Jean-Jacques Annaud, Gérard Brach, Sandro Agenor
Avec : José Garcia, Vincent Cassel, Sergio Peris-Mencheta, Mélanie Bernier, Claude Brasseur, Rufus

Percy Jackson et le Voleur de Foudre (Percy Jackson and the Lightning Thief)

Critiques en vrac 45: Sa Majesté Minor – Percy Jackson – Dark Country – Dark Star
Résumé : Percy Jackson (Logan Lerman) est un lycéen de 17 ans a priori comme les autres. La seule chose qui le différencie du tout-venant, c’est qu’il est capable de rester de longues minutes en apnée. Ma sa vie va être bouleversée lorsqu’il apprendra qu’il est en fait le fils du dieu grec Poséidon. Seul problème, il est accusé par les dieux d’avoir dérobé la foudre de Zeus. Et s’il ne la ramène pas rapidement, une guerre va éclater entre Zeus et Poséidon, provoquant certainement la destruction de la planète…

On reste dans la mythologie, cette fois adaptée à la sauce hollywoodienne dans cette transposition sur grand écran du premier tome d’une série à succès de romans pour ados. Le but avoué de la 20th Century Fox, productrice de la chose, est bien évidemment de surfer sur le succès des Harry Potter. Et afin de conquérir le cœur des ados, les cadres du studio ont donc vieilli l’âge du héros (17 ans au lieu de 12), modernisé le tout, et surtout débauché Chris Colombus, réalisateur des deux premiers épisodes des aventures du petit sorcier.

Le résultat ? Une bouillie infâme comme on en a rarement vu sur un écran de cinéma. Car en plus d’être d’une vacuité et d’une stupidité rares (le film multiplie les incohérences et les fautes de goûts), Percy Jackson est d’un cynisme à gerber. Les modernisations des éléments de la mythologie, comme les Converse à ailettes, en plus d’être ridicules, ne sont là que pour faire du placement de produit auprès des ados, et le « protecteur » du héros a des allures de bon esclave noir (il répète à qui mieux mieux qu’il est là pour le servir et se sacrifier pour lui si besoin est). Malgré un certain nombre de grosses scènes d’action, le film est au final assez mou et se traîne en longueur (on se contrefiche très vite de connaître l’identité réelle du voleur de foudre, voire même de savoir si les héros vont sauver le monde), la faute entre autres à la réalisation sans éclat de Colombus (la baston finale est un monument de non-événement).

Seul surnage de ce marasme le casting mythologique, puisque la plupart des personnages secondaires sont interprétés par des acteurs de renom. Pierce Brosnan et Uma Thurman sont excellents en centaure et Méduse, et Sean Bean campe un Zeus beaucoup plus convaincant que Liam Neeson dans Le Choc des Titans (en même temps, il n’a pas à porter une armure ridicule en plastique, donc ça aide). Mais le meilleur reste la courte apparition de Rosario Dawson et Steve Coogan, hilarants en Perséphone et Hadès.

Percy Jackson et le Voleur de Foudre est au final l’exemple parfait de ce qu’Hollywood peut produire de pire. Un produit cynique, sans âme, emballé platement, et juste destiné à se faire du fric sur le dos des ados crédules. Ne leurs faisons pas ce plaisir, et oublions bien vite ce sombre navet.

Note : 3/10

USA, 2010
Réalisation : Chris Colombus
Scénario : Craig Titley
Avec : Logan Lerman, Brandon T. Jackson, Alexandra Daddario, Pierce Brosnan, Uma Thurman, Sean Bean, Steve Coogan, Rosario Dawson, Catherine Keener, Jake Abel, Kevin McKidd

Dark Country

Critiques en vrac 45: Sa Majesté Minor – Percy Jackson – Dark Country – Dark Star
Résumé: Richard (Thomas Jane) et Gina (Lauren German) un couple fraîchement marié sur un coup de foudre à Las Vegas traverse le désert de nuit pour partir en lune de miel. Ils ne tardent pas à s’égarer, et tombent sur une voiture accidentée. Le conducteur de la voiture, défiguré, est toujours vivant, et ils décident de l’emmener avec eux dans l’espoir de le faire soigner. Mais après avoir repris connaissance, celui-ci attaque Richard, qui est alors obligé de l’éliminer…

Pour ses débuts en tant que réalisateur, Thomas Jane (The Mist) n’a pas choisi la facilité : un film au scénario tortueux, à l’atmosphère très lynchienne, et réalisé en 3D. Une tentative intéressante, mais malheureusement loupée, tant Dark Country s’avère soporifique. C’est bien simple, il faut attendre la moitié du film pour qu’il commence à se passer quelque chose, toute la première partie étant consacrée à la présentation des deux héros, d’une platitude à toute épreuve. Le réalisateur tente bien de donner un aspect « film noir » à son long métrage (on a même droit à la voix off désabusée en début de film), mais l’alchimie n’est jamais présente entre Thomas Jane, qui s’est accordé le rôle principal, et Lauren German. Les secrets de polichinelle que gardent les deux personnages n’ont guère plus d’intérêt que les quelques twists prévisibles du film.

Niveau réalisation, ce n’est guère mieux, Dark Country s’avérant tout d’abord d’une laideur à toute épreuve, tout en étant pollué par les effets 3D gratuits (le DVD est d’ailleurs irregardable en 3D, vu qu’il s’agit d’une 3D « à l’ancienne » avec les lunettes bleues et rouges qui fichent mal au crâne en moins de 5 minutes) qui de toute façon sont peu visibles vue la photographie très sombre du film. Production Nu Image oblige, les quelques effets numériques sont d’une facture assez pauvre, et pas vraiment mis en valeur par la réalisation assez plate de Jane. Seul rayon de soleil du film, la présence furtive de Ron Perlman fera toujours plaisir aux fans du bonhomme…

Des débuts à la réalisation malheureusement assez peu reluisants au final pour l’acteur…

Note : 3/10

USA, 2009
Réalisation : Thomas Jane
Scénario : Tab Murphy
Avec : Thomas Jane, Lauren German, Ron Perlman, Chris Browning

Dark Star

Critiques en vrac 45: Sa Majesté Minor – Percy Jackson – Dark Country – Dark Star
Résumé : Le Dark Star est un vaisseau qui sillonne l’espace afin de détruire les planètes instables. A son bord, 4 astronautes dont la vie monotone se résume à se chamailler, écouter de la musique et s’occuper d’un alien récupéré au cours d’une mission. Mais un dégât sur la coque passé inaperçu va bientôt provoquer la panique à bord…

En 1974, deux étudiants décident de réaliser comme film de fin d’études un moyen métrage de science-fiction à petit budget. Un projet ambitieux mais couronné de succès, puisque le film en question sera acheté par un studio qui leur offrira une rallonge pour transformer leur moyen métrage en long. Le nom de ces deux étudiants ? John Carpenter, futur maître de l’horreur, à la réalisation et Dan O’Bannon, futur scénariste d’Alien, au scénario.

Dark Star est un film intéressant à découvrir, tant il contient déjà les germes de la carrière de ses deux instigateurs. On sent déjà les prémisses d’Alien dans l’affrontement entre un des membres de l’équipage et un extraterrestre en forme de citrouille, et on voit déjà à quel point Carpenter maitrisait la science du cadrage et le suspense. Alors bien entendu, plus de 25 ans après sa sortie, Dark Star a pris un sacré coup de vieux visuellement, et ses effets spéciaux, déjà approximatifs à l’époque, sont totalement dépassés de nos jours. Mais malgré ce côté désuet, certains effets fonctionnent toujours et participent pleinement au délire du film (notamment le design de l’alien, dont le côté kitch en rajoute dans le pastiche). Car Dark Star est avant tout une comédie parodiant souvent de façon assez hilarante 2001, l’Odyssée de l’Espace. On retiendra surtout le « personnage » de la bombe bavarde qui refuse d’obéir aux ordres des astronautes, et avec laquelle les héros devront s’engager dans un dialogue philosophique pour la convaincre de ne pas exploser. De même, l’affrontement entre un des membres de l’équipage et l’alien facétieux adepte des chatouilles est assez anthologique, Carpenter mariant avec brio l’humour et le suspense.

Bref, Dark Star est une curiosité à découvrir absolument pour tout fan de Carpenter qui se respecte, pour voir à quel point celui-ci maitrisait déjà son art de façon exceptionnelle à ses débuts.

Note : 6/10

USA, 1974
Réalisation : John Carpenter
Scénario : Dan O’Bannon, John Carpenter
Avec : Brian Narelle, Cal Kuniholm, Dre Pahich, Dan O’Bannon

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