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Je tiens ma revanche (Episode 2)

Par Bobosse92
Traditionnellement, les anniversaires constituent d'excellents prétextes pour multiplier - parfois plus que de raison - les fêtes, entourés d'amis, d'une bonne table et de belles bouteilles.
Il y a quelque temps, un couple d'amis très chers m'a questionné au sujet de l'anniversaire de Madame. S'agissant d'un compte rond, l'occasion était une nouvelle fois bien tentante pour ne pas résister à la tentation d'un "petit" repas.
Le programme des sorties-restaurant étant déjà bien chargé pour ces mois de Novembre / Décembre, et étant personnellement un très piètre cuisinier - tout juste capable de griller un steack - ils m'ont aimablement et très amicalement proposé de nous héberger l'espace d'une soirée. Seule contrainte, limiter le nombre de convives à 8 personnes maximum (je m'en excuse auprès des oubliés d'un soir, mais ce n'est que partie remise).
Il me fallut ensuite convaincre Madame du bien-fondé de la proposition, dans un échange de fond de cours digne d'une rude négociation salariale. Finalement, et malgré les (sou)rires sarcastiques qui se tapissent dans l'ombre et dans mon dos (le train de vos insultes roule sur les rails de mon indifférence), la raison l'a emporté et nous voilà réunis en ce samedi soir.
Un immense merci à François et Gwenola pour le prêt aussi gracieux que désintéressé de leur appartement et le partage en toute simplicité de leur amitié.
En amuse-bouche :
  * Trio de St Jacques : juste snackée, carpaccio à la couturière et à l'huile de truffe.
  * Carpaccio de boeuf Salate.
Je tiens ma revanche (Episode 2)
Au menu :
  * Duo de foies gras (poché façon "vin chaud anisé" - mi-cuit au sel),
  * Côtes de bœuf du bohémien Yves-Marie, rattes et champignons de saison,
  * Le plateau de fromages de l'Oliv,
  * Le tiramisu aux figues façon François et ses macarons divers.
Pour accompagner dignement ces mets fins, quelques bouteilles ont été dégoupillées (qui dit plaisir, dit non-prise de notes : mes commentaires n'en sont donc que plus succincts) :
Je tiens ma revanche (Episode 2)
Champagne Krug 1990 : un nez très fin et en même temps dégageant une impression de puissance tranquille, une légère pointe miellée. En bouche, et après une courte aération, le vin est puissant, minéral et très profond.. Trame acide immense qui donne une longue phénoménale au vin. Remarquable accord avec le carpaccio de Saint Jacques "à la couturière" (gingembre, citron vert, huile d'olive et échalotte). EXCELLENT.
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Je tiens ma revanche (Episode 2)
Chablis Grand Cru Grenouilles, 2001, Cave La Chablisienne : La robe est jaune pâle, sans indice d'évolution, presqu'encore avec des reflets verdâtres. Un nez sur la coquille d'huitre et la craie pillée et des touches citronnées. Là encore, on retrouve une sensation de corpulence. En bouche, le vin est d'une équilibre tendu, entre puissance minérale, presque 'tannique', acidité et légère rondeur. Se développe dans une finale qui enveloppe la bouche. TRES BIEN ++.
Condrieu, les Chaillets de l'Enfer 2007, domaine Georges Vernay: Changement complet de registre avec ce vin puisque le nez est une explosion de senteurs florales et fruitées : abricot sans lourdeur, pêche blanche et violette. La bouche structurée associe volume, gras ... et acidité, ce qui renforce le sentiment de fraîcheur du vin. Finale très élégante, saline et montrant une amertume mesurée. TRES BIEN ++.
Cette confrontation de deux vins de style complètement différent, presque opposé, est intéressante à plus d'un titre puisque j'ai noté que chaque vin présentait un accord optimal avec le plat proposé : le Chablis avec le foie gras au sel et le Condrieu avec le foie gras poché.
Je tiens ma revanche (Episode 2)
Cornas, 2004, domaine Alain Verset : En préambule, je dois dire que j'ai moins bien tasté ce vin qu'ICI. Mais, je confesse que j'aurais du prévoir un carafage avant le service. Personne n'est parfait. Un nez typiquement fumé, sur les fruits noirs et (légèrement) la violette. Assez profond. Une bouche modérément et élégamment tannique, sans astringence, sur un équilibre acidité/fruité/charpente presque bourguignon. Belle finale longue et fraîche. TRES BIEN +.
Clos de la Roche Grand Cru, 1990, domaine Louis Rémy : C'était le 'joker' de la soirée au cas où un bouchon eût été défectueux. Et bien, là encore, une très grosse déception. La robe ne montre pas de signe de fatigue, encore pimpante de rouge et sans traces d'évolution. Le nez est un peu poussiéreux, pas net, liégeux, de "vieux grenier" ... En bouche, on sent la race des grands Côtes de Nuits ... mais le vin est plat. Pas de défaut mais sans doute (déjà ?) passé. Une très grosse désillusion.
Corton Grand Cru, 1985, domaine Rapet père et fils : Heureusement, il faut savoir rebondir et se rabattre derrière des valeurs refuges. Ce Corton commence timidement, presque comprimé par ses années de bouteilles. Puis, doucement, tranquillement, sans faire de bruit, il se développe dans le verre. Un nez associant un fruité élégant et profond (cassis, réglisse), des notes animales fumées et une belle évolution sur le sous-bois et le fumé (cependant moins développé que le Cornas. En bouche, la structure est parfaitement équilibrée entre tannins, fruits (cerise presque confite) et acidité. Malgré une impression de force, cela reste élégant et presque souple. La finale est  magnifiquement longue, enveloppante et droite (minérale / terreuse dans le bon sens du terme). EXCELLENT.
L'Etoile, cuvée les Lys d'Or 2005, château de l'Etoile : Je laisse le soins à mes camarades d'un soir de commenter ce vin que je n'ai pas dégusté.
Muscat de Beaumes de Venise, cuvée Hommage, domaine des Bernardins : une robe rosée, presque cuivrée. Le nez m'évoque clairement les Porto LBV, sur le pruneau, de fruits secs et de café, avec toutefois une "construction" qui rappelle le Muscat 'classique' de la maison : noix, floralité, fruité et épices. En bouche, on retrouve ces mêmes impressions complexes et équilibrées. La sucrosité est mesurée, et permet un très bel accord avec le Tiramisu aux figues. TRES BIEN ++.
Je tiens ma revanche (Episode 2)
Pour terminer tranquillement la soirée, nous eûmes enfin droit à une sorte de farandole des digestifs ... que personne n'a bu bien évidemment !
Une soirée encore mémorable, entourée d'amis chers, et qui s'est prolongée tard dans la nuit parisienne.
Un grand merci à l'ensemble des participants pour leur bonne humeur et leur amitié.
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Bruno

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