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Vendredis du Vin # 30: Le vin, a-t-il un sexe?... revisité

Par Irislisson

vdv-logo C'est Vendredi et c'est la trentième édition des Vendredis du Vin, chers à la blogosphère vinesque - aujourd'hui tout débridé, excité en émoi par le thème décrété par le président du mois, le bicéphlae buveur, qui essaye de tester, jusque où les sbires de la Loi Evin vont encore tolérer la communication sur le vin sur Internet.

Écartant des sujets, qui auraient bien cadrés avec les soirée automnales de vieillé au coin du feux, en grillant une poelé de châtaignes, comme

"Les vins et ma grand-mère"

ces deux énergumènes ont voulu faire dans le médiatique sure, les mots clefs, qui donnent des cliques, l'effervescence, qui n'a pas (toujours) besoin de Champagne:

Le Vin et le sexe

nous expliquant:  "on veut du vin sulfureux, graveleux, un peu (beaucoup) cochon et sans complexe!!!...le vin, "votre" vin peut exprimer l'attraction des corps, la montée des sens, ou l'orgasme brut et sans contrainte."...

Pendant que sur facebook, les passionnés du vin de tout bord, hommes/femmes mélangés  se déchaînent déjà depuis tôt ce matin (trop tôt même, à l'avis de certains), votre vigneronne, qui s'est déjà prêtée au jeu des 7  voiles levés, sans être nue à la fin sur ce blog, a réfléchit, quelle pourrait être sa contribution à ce thème,  tout en gardant sa conduite humble et sereine (et sans scandaliser ses voisins, grands-mères et phîltres de logiciels contre les pages mal famées, qui pourront détourner nos mineurs et blesser les âmes sensibles).

Et comme elle a un passé fort individualiste et aime les préambules, qui prennent les thèmes à rebrousse poile, elle ose braver les consignes du président et recentre le sujet sur une question, qui l'occupe souvent, victime qu'elle est des éternels dossier spéciales "Vin et femmes", "femme vigneronnes" chers aux média, journalistes  et autres marketeurs du vin.

Que ceux, qui arrivent sur son blog par les machines de recherche en tappant "geile schöne Winzerin" (vigneronne lubrique et belle)

http://img.over-blog.com/262x317/0/18/12/83/ein-Fass-aufmachen.jpg

lui pardonnent, ce n'était qu'un poster, offert par une amie Norvégienne, pour orner la cave, qui les a détourné sur des pages, dédiées sagement à la vigne et au vin et où le sexe n'apparait que sous une forme très nature...

devant ma fénêtre

où les ébats ne finissent pas toujours bien pour la gente masculine...

dans le mâle tout est bon p

Mon sujet détourné pour ce Vendredi ne vous ne vous livrerat donc pas des images plus publiz que pulitzer , mais sera donc la question, qui me concerne et qui m'est posée - depuis des année :

Le vin, a-t-il un sexe?

Nathalie Merceron  de Saveur Passion me proposait de répondre à ce questionnaire, qui circulait il y a quelques années  dans les blogs culinaires sur le vin.
Comme une fois n’est pas coutume et comme la question m’hérisse d’habitude assez
les poils (pas épilés;-), pour que cela allait de toute
façon me trotter dans la tête, j’avais décidé de m’y coller :
Selon vous, le vin est-il féminin ou masculin (et vous...) ?
Selon moi (vigneronne, donc femme en apparence), le vin est le résultat de tout un tas de paramètres, ne citons que cépage, sol, exposition, conduite, climat et mode de culture, qui influencent  maturité et concentration du raisin.
Facteurs dépendants du choix de l’homme (qui peut être une femme) aussi bien que dépendants des aléas de la nature (comme le temps qu’il fait). S’ensuivent les décisions au moment de la vinification et de l’élevage du vin, plus au moins interventionnistes, selon la philosophie du vigneron / de la vigneronne.
Sur ce fond, je pense, que le vin qu’on fait dépend du goût qu’on a – même si aujourd’hui, la solution à la crise du vin semble résider dans le choix de faire des vins, qui donnent le moins de fil à retordre à un consommateur lambda.
 Une citation comme :

« L'homme et la femme n'ont pas la même subtilité d'appréciation, et chacun ne ressent pas les mêmes plaisirs à déguster un vin. La femme aime les vins flatteurs, subtils, aromatiques qui explosent au nez, avec des tanins fondus veloutés, en bouche qui lui caressent les papilles, tandis que l'homme aime la puissance au palais, de la matière en bouche, l'expression des tanins nobles et du boisé, qui les lui percutent. »


Isabell Forêt de www.femivin.com  dans :Les femmes ont une perception différente du vin que les hommes
me laisse songeuse (sans parler du fait que j’ai mis du temps, avant de comprendre, qu’est-ce qu’ils percutaient).
Cela mène à des articles comme celui, qu’avait trouvé La Pipette  un jour de pluie en feuilletant ELLE .
Quand on énumère des femmes dans le vin, il ne s’agit pas forcement de femmes, qui participent à toute la chaîne de l’élaboration du vin, de la terre au verre. Surtout dans les grandes structures, il y a peut-être des femmes œnologues, sommelières, mais la plupart des femmes travaillent dans la communication et la commercialisation, elles représentent un produit fait par des hommes – parfois pour « le goût féminin », donc pour les structures, où les femmes achètent le vin pour la maison : les supermarchés.
J’étais contente, dans le premier reportage, qui était fait sur Lisson, et qui était publié dans le numéro 24 de Terre de vins consacré aux femmes, d’être à côté de  vigneronnes comme Marlène Soria et de Hildegard Horath de la Grange des 4 Sous. « Sous le charme des aventurières » était le sous-titre du numéro et ayant goûte leurs vins, je ne pense pas, qu’on peut les réduire aux  caricaturales saveurs « féminines ».
Comme écrivait Sylvie Augereau à l’époque :

« Lasses des rondeurs faciles et dorées elle vont chercher les « tripes » du raisin, laissent macérer longtemps, pigegent fréquemment. … Chez l’une comme chez l’autre, de longs élevages sous bois prolongent encore les vins. Chez toutes deux, on peut imaginer attendre les bouteilles longtemps, presque par respect de toutes ces années passées à réinventer un patrimoine oublié. » (TdV, p. 90)


Bref :  point de vin féminin à Lisson, mais un vin qui reflète le plus vrai possible son terroir et son cépage – et ces terres caillouteux, accroché en flanc de colline sont rudes sous le soleil.

La question était d'ailleurs aussi reprise dans l'excellent livre de l'historienne des aliment et blogueuse Ségolène Lefevre dans son remarquable livre sur  "Les femmes et l'Amour du Vin", que nous a présenté tonton Olif à sa sortie et qui contient un interview avec la dame de Lisson sur le sujet, mais aussi avec d'autres femmes du vin, bien plus célèbres:-).


Etes-vous plutôt vin rouge, blanc ou rosé ?
J’ai une préférence pour les vins rouges – plus facile à trouver dans la région aussi. En blanc, j’aimais pendant longtemps que  le vin aux arômes minéraux, comme les Riesling de la Moselle. Mais depuis que j’ai découvert  les grand blanc d’Alsace, comme les font Bruno Schueller ou Jean-Pierre Frick, le Bu N'Daw et les autres blancs de Hildegard Horath, les blanc de Pierre Overnoy de Pupillin, les blancs des « spécialités » (petite arvine, amingne ) du Valais en Suisse, où en plus doux, les vin de Loire, de Château Suronde, de Patrick Baudoin ou les liquoreux de Cru Barrejat en Sauterne de Mireille Daret, j’aime aussi les blancs.
Rosé n’est pas vraiment ma tasse de thé, mais j’ai un grand souvenir d’un Tavel des Pères Blancs ( ?)  et j’adore le rosé du Domaine Bourdic  servi bien frais l’été.


Êtes-vous plutôt Champagne blanc ou rosé ?
Je ne me souviens pas, d’avoir bu du Champagne rosé dans ma vie, mais j’aime beaucoup les Champagnes de Francis Boulard et les Champagnes bios d’André et Jacques Beaufort.


Quelle est votre "première fois" ?
Je ne me souviens plus exactement, peut-être, par ce que jusqu’à mes trente ans, je ne bu que de l’eau (un problème d’alcool dans la famille peut rendre très abstinent...), mais j’ai raconté mes premiers souvenirs dans un autre post sur ce blog. La première fois dans ce domaine n’est pas toujours inoubliable !


Votre meilleur souvenir "émotionnel" avec un vin ?
Un repas entre vignerons dans une taverne en banlieue après une journée au Salone del Gusto à Turin, il y a cinq ans. Mike Tommasi nous avait amené là et nous avions demandé l’autorisation, de sortir nos vins à table – et après un repas très amical et convivial accompagné de pleins de bons vins, j’avais la chance de goûter un petit verre de l’Essence (Le sens) du Chenin de Patrick Baudouin, qui m’a tellement transporté de bonheur, que j’étais obligé d’aller me recueillir dehors sous les étoiles, pour communiquer ce plaisir intense avec celui, avec lequel j’ai partagé tant de souvenir émotionnels autour du vin avant qu’il ne disparaisse. ..
Votre meilleure association mets/vin ?
Un vieux vin (1978) de Château Coujan à base de Cabernet et Merlot, bu il y a 12 ans à Noël sur un foie gras poêlé.
Mon Bel Hazard 2000, vin elévé sous voile, sur un morceau de vieux Cheddar trouvé chez Slow Food.


Un vieux Carignan de « derrière les fagots » de chez Thierry Navarre, qui datait du temps de son grand père et qui était une merveille en accompagnement d’un gigot de mouton aillé
La « buvette » que nous vendait notre ami Serge Boissezon en cubi: en vérité son meilleur Syrah-Grenache, qu’il mettait aussi en barrique et en bouteille et qui, contrairement à  la plupart des rouges,  « résistait » à merveille aux fromages, au contraire, qui les mettait tellement en valeur, qu’il fallait enchaîner souvent « la petite goutte » pour finir le fromage avec « le petit morceau » pour finir le verre….
Votre prochaine dégustation (prévue ou fantasmée) ?
Pas prévue et pas fantasmé, par ce que déjà passée fin 2005, la dégustation des 6 cuvées rouge 2002 du Domaine Romanée Conti en présence d’Aubert de Vilaine.
Et comme cela m’est  arrivé sur un forum de discussion sur le vin (pour ne pas nommer LPV), que quelqu’un compare mon Merlot  2000 « Les Moulenty » au Petrus, mon fantasme sera bien sûr de faire une verticale de ce vin un jour.
Un voyage en Piemont, pour déguster les meilleurs Barolo reste aussi encore un fantasme.
Rendre visite à tous les vignerons bloguers que j'aime lire, partout dans le monde....

Qui choisit le vin dans votre foyer et qui "gère" la cave ?
Vous l’auriez deviné : c’est moi

Combien de vin avez-vous en cave ?
Sans compter mes propres vins de Lisson (j’essaye de garder quelques bouteilles « témoin » de chaque cuvée et chaque millésime depuis 1996, cela commence à prendre de la place), donc dans ce que j’appelle ma « cave privée », il doit y avoir dans les 500 bouteilles actuellement. Majoritairement en rouge (je suis seule à les boire, Klaus ne boit en dehors des vins natures de Lisson que des blancs et rosés), surtout Languedoc, un peu d’Alsace et Loire , quelques Bourgognes, que m'ont offert mes amis/clients– donc largement encore à développer !

Question subsidiaire :
Comment initieriez-vous un "jeune" au vin ?
Par du bon, peut-être avec un Bella Para du domaine de Beau Thorey (en biodynamie)  ou un beau Beauolais de chez Bruno et Isabelle Perraud – avec une ballade dans une vigne, une journée de vendanges. Je crois beaucoup dans le

« learning by doing » !


Et apprendre, d’où vient un produit, quel contexte  l’a vu naître, quel homme/femme l’a accompagné sur son chemin, est la meilleur méthode pour comprendre et apprécier et devenir sensible au goût authentique de ce produit.

Donc encore toutes mes excuses: au président(s) de ce Vendredi, d'avoir dévié et donc loupé le sujet du jours et aux lecteurs, qui seront restés sur leur faim et auront tenu jusqu'au bout de cet article, en éspérant, qu'il y trouveront encore des ébâts et ne pas que ce débat "stérile"  - qu'on me pardonne:-)!


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